Steve_Potts___Bruno_Rousselet_6Notre frère en crimes : c’est un peu comme ça qu’on aimerait appeler Steve Potts, tant le musicien est passionnant et l’homme particulièrement simple, drôle, attachant.
Mais non, son frère en crimes, c’est Michel Edelin. Il le dit en éclatant de rire et en menaçant des pires choses si son Michel le laissait tomber : il n’en est tout simplement pas question. D’ailleurs, ces deux là se quittent assez peu.
Les revoir ensemble aux 7 Lézards fut donc un grand plaisir en ce mois de juin.
Lors d’un précédent concert chroniqué
ici , Steve Potts était à la tête d’un très bon 5tet **.
Ce 16 juin, il a choisi une formation plus resserrée *.

Michel Edelin était tout de suite dans son élément. L’amplification de son instrument équilibrait mieux la scène et nous permettait de profiter de la subtilité de la pâte sonore qu’il nous offrait. De plus, certaines de ses compositions ont jalonné le concert. Enfin, à sa façon tranquille, Michel Edelin a profité de l’occasion pour revisiter çà et là Eric Dolphy, sans nostalgie. De très bons moments !
Et les autres ?

Lors du un premier thème, on pouvait écouter de l’excellente musique, mais il y manquait … le frisson.
A la fin de ce morceau, Steve Potts nous a déclaré qu’à présent qu’il avait échauffé ses doigts, le concert pouvait réellement commencer.
Ce fut le cas.
Je ne redirai pas le plaisir que procure cet extraordinaire musicien à l’autorité tranquille. Texture et puissance du son, phrasé taillé comme une sculpture sonore, inventions musicales, et ce frisson dont je parlais précédemment : le sentiment d’écouter l’une des pointures du jazz mondial dans ce petit club de Saint Paul. 
A côté de cette figure, Michel Edelin nous a rappelé quel excellent musicien il est.

Que dire de la section rythmique ? A la contrebasse, Bruno Rousselet ne s’est pas comporté comme un sideman. Il a, à plusieurs reprises, impulsé le cours du concert. Richard Portier, quant à lui, a joué avec délicatesse et subtilité.
Manifestement, Steve Potts sait choisir ses musiciens.

Et l’ambiance ? Aux 7 Lézards, elle est très décontractée.
Les musiciens discutent entre eux du choix des thèmes, Michel Edelin se tournant vers nous pour nous interroger du regard, nous demander si nous avions tous bien compris : pas de problème pour l’interro ?
De même, l’appel au secours de Steve Potts : « Dominique, à l’aide ! ». Entendez : il fait soif ! Il est temps de s’occuper correctement des artistes.
A la pause, il n’est pas bien difficile de discuter avec les musiciens. On peut les trouver en train de bavarder au bar et entamer avec eux un brin de causette .
Cette proximité là est un vrai grand plaisir.

Tout cela pour 16 € (boisson non comprise : il faut faire travailler « Dominique »).

A une prochaine ? Il repasse le 22 juillet aux 7 Lézards.

Un petit souvenir ?

Steve Potts : sax
Bruno Rousselet : contrebasse
Michel Edelin : flutes
Richard Portier : batterie

** Concert du 30 décembre 05 : Sofia Domancich, Michel Edelin, Stephane Kerecki, Simon Goubert