J'étais a priori assez rétif à me rendre à ce rendez-vous quasi rituel du dimanche à la Miroiterie.
Benjamin Sanz, l'ordonnateur de cette fête hebdomadaire, invitait Djéli Moussa Condé, koriste de Guinée Konakry, ce 16 mars 08 à La Miroiterie (88 rue de Ménilmontant - Paris).
Je me méfie, en effet, de ces tentatives de rapprochement de divers univers musicaux. Le risque ? Que chacun soit reste dans sa bulle, soit tente d'approcher l'autre ... en se perdant soi-même un peu.

Je savais que Benjamin Sanz s'était ressourcé en Afrique et que sa recherche de groove en avait fait un pont entre ces deux univers rythmiques (jazz et afrique), ce qui, je crois, le fait apprécier des grands musiciens noirs US ... J'y vais !

Deux parties, comme toujours : un concert d'environ 1h, puis une jam proprement dite, avec certains des musiciens qui se pressent dans la salle avec l'ardent désir de monter sur la petite scène.

Le concert tout d'abord.
Malgré mes réserves initiales et mon peu d'appétit pour des mélodies répétitives, j'ai été accroché par Djéli Moussa Condé. Un timbre de voix qui force l'attention, qui écorche la sensibilité. Un rythme inné, aussi, qui fait la différence avec les sucreries répétitives : l'orchestre ne lui apporte pas la pulsation rythmique; il l'a déjà.
Pour l'accompagner, un saxophoniste de jazz finalement assez proche de lui, versant souvent dans une transe inspirée, Mehdi Chahib. A la basse, j'ai redécouvert un Rafaël Paseiro puissant, musical, lui aussi un ami de la Miroiterie. Quant au maître des lieux, Benjamin Sanz, visiblement il admirait Déji Moussa Condé, et il mettait toute son énergie, son talent, à retrouver les folies rythmiques chères à son invité.
On en écoute quelques minutes :

Puis la jam. C'est peu dire qu'elle fut un moment de pure fête ! Djéli Moussa Condé revient sur la scène rejoindre Ousmane Keita, Mehdi Chahib (ts ... et chant), Rodolphe Lauretta et Tristan Pradelle (s), Valess(b), Benjamin Sanz (dm) et bien d'autres musiciens dont je n'ai pas noté le nom (qu'ils n'hésitent pas à m'écrire !). En bonus, une danseuse africaine (Julienne Doko) vient sur scène par amitié (et plaisir manifeste), puis une autre, puis Fabienne Audeoud qui joue la porte-micro avant de se livrer à une improvisation totalement déjantée ...
La séquence vidéo que je propose a été coupée en deux (problème de durée sur YouTube).

Le dimanche suivant, c'est Ousmane Keita qui tenait la vedette à la jam, et là aussi, ce fut ... très dense !

Au fait, ce dimanche 20, faites un tour à la Miroiterie, 88 rue de Ménilmontant, à partir de 19h30, avec Benjamin Sanz - Matthieu Jerome - Oliver de Gabrielle & Ernest Dawkins !!!

Et n'oubliez pas le "chapeau" de Charlotte, ses disques : faut financer les lieux, défrayer à minima les musiciens ... ne serait-ce que pour que la fête continue.

Retouvez tous les articles "Jazz sur le web"