08_05_13_Les_Voutes_Pauvros___Kawabata_4

Flyer de qualité et de petite dimension pour présenter ce concert.
Pour Pauvros apparaissent "à la fois son esprit rock'n-roll et la retenue du poète".
Quant à Kawata, "sa maîtrise a pour seule fin de transmettre le son venu du cosmos".
...  Peu sensible à cette présentation ...
Cela dit, ce n'est pas faux. On peut entendre ces artistes avec ces repères-là. Simplement, ce ne sont pas les miens. Et pourtant, j'ai été subjugué par cette musique, ce 13 mai, aux Voûtes.

Avant d'en parler plus avant, deux extraits :
- L'un calme, après une intense séquence à haute énergie.
Il se situe après un début de concert saisissant. La qualité du son (mal rendue par la vidéo) nous submerge, nous subjugue. On abandonne tous nos points de repère pour jouir, simplement, de ce bain sonore. Cette phase de calme ne dure d'ailleurs pas. Progressivement, l'intensité revient.

- La seconde prend un chemin inverse, de l'intensité au calme relatif

Comment écouter cette musique ? Faut-il des repères et lesquels ?

Personnellement, je perçois JF Pauvros dans la lignée de ces artistes qui ont construit et développé l'une des branches actuelles du jazz, la "musique improvisée". En témoignent ses compagnonnages avec Evan Parker, Joe McPhee etc. Ici, on ne parle plus de notes, de thèmes, de chorus, de grilles harmoniques ... On parle de sons : création et manipulations en temps réel de sons, grain des sons, attaques, intensité, trames, projection, rythme ... que sais-je encore. On parle aussi d'émotions, d'écoute particulièrement attentive, tendue même, laissant une large place au silence.
Il est vrai que ces critères s'appliquent aussi à la musique électroacoustique improvisée.
Jazz ? Rock ? Avant-garde ? Musique improvisée ? Musique électronique  ?  ... De fait, la musique de JF Pauvros déborde ces classifications : il est probablement l'un des tout premiers créateurs actuels; et tant mieux si les tenants de différentes esthétiques se reconnaissent en lui.
La musique de Jean-François Pauvros est toujours l'occasion de sensations intenses, de découvertes avec des "projets" très variés. En cette fin mai, avec Joe McPhee et Daunik Lazro, puis avec Akchoté et Montera.
Prochains concerts ICI.
Quant à Makoto Kawabata, difficile d'identifier sa propre musique sur la base de ce seul concert tant la symbiose entre les deux musiciens a été forte. Il faudrait l'écouter encore, dans d'autres configurations.
Merci à Kokeko pour la qualité de sa programmation.

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