Atsushi Takenouchi - photo www.tenri-paris.com
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Mardi 17 juin, Atsushi Takenutchi, accompagné, je ne dirais pas, poussé, mu, par Hiroko Komya ... nous offrait une de ses transes dont il a le secret ...

Ecrire les transformations du corps et du visage est une tâche impossible mais ....

Assis, tranquille parmi nous, un homme pourtant tout à fait ordinaire commence à tirer d'invisibles fils dont la densité devant lui semble croître à la mesure qu'il les explore ...

Finalement, il se lève tandis que les murmures s'apaisent comme s'il venait de passer la fine toile invisible qui les soutenait...

Et, calmement, comme s'il explorait maintenant son propre corps, il va, errant sur la petite scène de Bertin, tandis qu'Hiroko doucement, égrène les notes d'un petit piano jouet ...

Après s'être convaincu que ce corps civil semble bien apte à danser, Atsushi entreprend de se dévêtir ...

Lorsque le corps est libéré de ce qui le dissimulait, il nous semble assister à la naissance d'un être, un pur organisme conçu pour la danse ...

Atsushi_takenouchi_3__photo_tenri_paris_comEt là, petit à petit, Atsushi nous gratifie de tout ce qu'il est permis d'imaginer d'incarnations, de supplices, de mises à morts, de renaissances, de joies, de délices et d'agonies ...

Parcourant tout l'espace semé de demi mondes que la lumière incarne, il est là devant nous, nous dansant autant qu'il se danse, nous rêvant autant qu'il se rêve ...

Maintenant, Hiroko au tambour a d'une simple pulsation, entretenue par une voix qui enfle comme un vent des steppes, transformé tout l'espace...et Atsushi tourne et tourne encore développant, enveloppant et reconcentrant sa danse dans une spirale qui le contracte tout entier, pris en une étreinte aussi implacable que le maelstrom qui s'empara jadis du nautilus ...

Mais plus solide que Nemo, il gèle instantanément le processus dans une verticalité souveraine qui semble l'emporter jusqu'aux galaxies les plus lointaines ...

Mais il avance vers le public, altier, solide pour venir s'agenouiller devant une femme dont il prend tendrement la tête entre ses deux mains ...

J'en suis encore à me demander comment il sort de cette histoire sans fin ...

Quand de son mortier interne, il arrive à trouver assez d’élan pour s’extraire, Il semble emporter avec lui toute l’audience …puis, il enserre, il tend et retend ses bras démesurés comme les ailes immenses d’un improbable albatros et ne fait plus qu’un avec « l’étreinte » qui donne son titre à la pièce…

Je me souviens que debout, il était encore là, devant nos yeux qui s'habituaient peu à peu à la pénombre ...puis à la nuit ...

 La lumière est revenue...dommage ...nous aurions pu rester là encore « plus d’un million d’années »…

 C.Parle
Atsushi Takenuchi - Hiroko Komiya @ EspaceVoir Bertin Poiré le 17 juin 08

Une petite vidéo sur le site de Tenri ICI .

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