Otomo Yoshihide - photo www.japanimprov.com
Otomo_Yoshihide___japanimprov_comDernier concert de Jazz In Japan avec le trio  Otomo Yoshihide (g), Hiroaki Mizutani (b) et Yasihira Yoshigaki (dm).

Otomo a été a l'origine de tant de projets originaux que je me demandais s'il venait à Paris avec un petit nouveau.
Oui et non en fait !

Il nous a proposé un tour sur le répertoire du New Jazz Quintet, dédié à une exploration admirative et destructrice des grands standards du Free, avec pour premier thème, l'évocation du Liberation Orchestra de Charlie Haden et de Carla Bley.
La musique s'éloigne très vite du standart, le thème est distordu, déconstruit, étiré jusqu'à devenir un drône et à verser vers la musique électronique tout au long de ce premier set.

Le deuxième démarre sur un rock élégiaque électronique (oui, tout ça ensemble, dans l'ordre), puis repart vers les années d'émergence du free avec un Lonely Woman (Ornette Coleman) d'anthologie. Encore une fois déstructuration, étirement .... jusqu'à ce que le son d'arrête brutalement. Panne d'ampli.

Instantanément, Yasuhiro Yoshigaki entame un solo de batterie époustouflant, suivi par un dialogue riche avec la contrebasse de Hiroaki Mizutani lorsque ce dernier se rend compte de l'incident technique.
Des musiciens aux ressources incroyables.

En même temps, intervention d'un technicien qui prend la décision : on ne répare pas, on remplace. Tests techniques d'Otomo. Ils sont repris par la contrebasse comme s'il s'agissait de propositions musicales et retour progressif à Ornette par le trio.

Une musique balayant assez largement les divers territoires qu'Otomo a déjà exploré, comme pour revendiquer sa totale liberté. Un batteur qui m'a semblé en jaillissement permanent d'idées.

Fin du concert ? Pas encore. Un invité est présenté par Otomo : Itaru Oki.

Ce dernier commence de jouer simultanément de deux flûtes à bec traditionnelles, puis les délaisse pour une sorte de fifre. Souffle et musique du petit matin sous la brume (je divague).
Puis il sort sa curieuse trompette à deux pavillons en mettant une sourdine sur le plus petit. Jouant avec la position du micro, il nous donne à entendre les sonorités de chacun d'eux, dans un écrin de musique offert par le trio d'Otomo.

Un beau concert.

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