M_nilmontant_vieille_photo

Sur les quais de la station de métro Ménilmontant, une plaque de la RATP à propos du lieu : quatre visages dont trois évoquent la vie musicale de ce quartier si singulier : Charles Trenet (Ménilmontant, mais oui Madame), Edith Piaf (et son musée) et Maurice Chevalier (Les gars de Ménilmontant) .

Le Ménilmontant d'aujourd'hui n'est pas en reste. La musique y vibre toujours autant, dans des lieux divers : le Studio de l'Ermitage, le Café des Sports, l'Atelier du Chaudron (oui, oui, le Ménilmontant Street Band de Steve Potts), la Maroquinerie, la Bellevilloise, et j'en oublie ... et oui, la Miroiterie, menacée par des projets immobiliers (voir pétition).

Cette Miroiterie est un lieu tout à fait exceptionnel.
Là souffle un jazz essentiel : une musique éruptive et nécessaire, une soif de jouer inextinguible, une pulsation de tous les instants ... et une ambiance festive inimaginable pour ceux qui ne l'ont pas vécu.
Les artistes ne s'y trompent pas : des figures de la scène internationale y côtoient ceux qui ont choisi la France, les professionnels de haut vol font une place aux talents émergents. Parfois on y compte autant de musiciens que de simples amateurs.
Un creuset. C'est un des lieux où le jazz pousse.
Alors certains s'y rendent, tous les dimanches, sans savoir qui il y aura, sans même savoir s'il y aura ou non un concert, sans se laisser rebuter par des affichettes qui indiquent parfois que le concert est annulé ou reporté : ils sont là.

Ce dimanche là, le 30 mars 09, Boris Blanchet (ts, ss) et Daniel Jeand'Heur (dms) nous y donnaient rendez-vous. Pour présenter sur scène, pour la première fois, leur projet "Soul Painting". Onze morceaux, enregistrés depuis peu, en cours de publication (des contacts sont pris, rien de définitif), mais il faut les confronter au public, là, tout proche. Trois des morceaux de cette suite nous ont été offerts.

Boris Blanchet - Daniel Jeand'Heur
09_03_29_09_Boris_Blanchet_Daniel_Jean_d_Heur

On savait que Boris Blanchet était tombé dans la potion magique coltranienne à sa naissance.
Il a probablement voulu retrouver, avec cette formule du duo ténor-batterie, les moments les plus intenses de cette musique. Un engagement impressionnant, entier, sans pause.

Daniel Jeand'Heur, un balèze souriant, fut tout autant énergique, avec des frappes sèches, puissantes, avec un rythme qui ne laissaient aucun repos. Mon voisin se trémoussait tellement que les séquences vidéos s'en ressentaient : le bois des bancs transmet bien les secousses.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agissait pas que d'énergie, loin s'en faut. Le discours était sans bavardages superflu, la sensibilité à fleur de peau, le propos clair : la peinture de l'âme, le Soul Painting. Leur musique respirait l'évidence, la sincérité, presque la foi du charbonnier : entière !

Peut-être, s'il est publié, leur CD restituera-t-il cette ambiance si particulière. En attendant, je propose quelques séquences à partager.
Tout d'abord la présentation de Soul Painting

... et SoulPainting 3

... bon, un petit dernier, Soul Painting 4, avec un Boris Blanchet au soprano


Retrouvez l'album photo du concert ici .

Trois sites myspace à visiter :,  Snake Oil , Daniel Jeand'Heur  Benjamin Sanz 5tet

Retrouver toutes les chroniques "Jazz sur le Web".