Jazz et poésie. Plus précisément, la poésie comme l'une des voix d'une formation de jazz.
En France, il y a bien quelques tentatives.
J'ai en mémoire le superbe duo Kormak : Didier Lasserre (dm) - Ly Thanh Tiên (danse, voix, perc, tp) sur des textes d'Antonin Artaud (voir Jazz à Paris).
Encore s'agissait-il d'un poète aujourd'hui reconnu, dont le texte n'était pas lu par lui, bien évidemment.

Deux très beaux exemples, en duo, avec le poète lui-même projetant ses mots, lors d'une double création : musique et poésie, est à porter au crédit du Pavillon de l'Arsenal (5 juin 2009). De superbes séquences, l'une avec Jean-François Pauvros et Charles Pennequin (parmi les moments le plus intenses de ma saison 2009), l'autre avec Andy Moor et Anne James Chaton :


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Et Steve Dalachinsky ?
Ma cruelle méconnaissance de l'anglais m'empêche d'apprécier ce poète newyorkais.
Ce que j'observe, c'est la qualité des musiciens qui l'accompagnent lors de ses séjours à Paris. Juste avant l'investiture d'Obama, il était accompagné de Sabir Mateen, Bobby Few, John Betsch et Harry Swift (9 novembre 2008; voir Jazz à Paris).
Récemment plusieurs concerts à Paris (avec Pascal Marzan, Claude Parle & Rhys Chatham, Didier Lasserre & Abdelhai Bennani ...) dont le dernier avec deux autres américains de Paris : Rasul Siddik (Saint Louis) et Aldridge Hansberry (New Orleans & Paris). C'était fin décembre au Bab Ilo.

Pour voir l'album, il suffit de cliquer sur la photo
Steve_Dalachinsky___Bab_Ilo_11_dec_09

Sans compréhension des textes, que reste-t-il ? La musique des mots, de la voix et des gestes du poète. Un texte non seulement lu, mais joué, comme s'il s'agissait là d'un instrument toujours renouvelé.
Mais pour un analphabète de l'anglais, le cruel constat de son ignorance était là, adouci  certes par la superbe performance des deux autres musiciens.
Des discours très free, tout en exubérance et virtuosité. La capacité d'improviser d'emblée, sans l'appui d'un thème, d'un segment mélodique, à l'image de ce qui se fait dans la musique improvisée européenne : pas de frontière esthétique. Un plaisir de jouer intense, palpable. Celui probablement aussi de se retrouver, Paris comme barycentre de New York, Saint Louis et New Orleans.
Un très belle manière de finir l'année en musique, dans ce club à l'ambiance très intime qu'est le Bab Ilo.
Deux approches de ce concerts.
Tout d'abord, de courtes séquences (1mn18 et 2mn18) afin de se familiariser avec ce trio inédit :

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Puis, une séquence longue (10mn51), la fin du premier set, pour déguster tout à loisir :

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Quelques bonnes adresses :

Sites Myspace : Bab Ilo , Steve Dalachinsky , Rasul Siddik .
Sites Aldridge Hansberry : http://ahansberry.ensemble.free.fr
& http://aldridgehansberrymusic.blogspot.com/ .

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