Jack Wright est présenté comme l'un des rares artistes US qui joue exclusivement de la musique improvisée.
Une musique originale, résolument engagée dans ce courant musical, mais n'oubliant pas au passage d'offrir quelques échos assez lointains de la grande histoire du jazz. Une réminiscence à peine esquissée de Coltrane, par exemple.
Un discours fait d'aspérités, de sombres éclats et de longs chants plaintifs, de changements de cap aussi. Une musique âpre et sensible, étonnante, attachante.

Claude Parle s'est quant à lui plutôt placé en compagnon modeste, attentionné. Au début du concert, il offrait juste quelques trames aux irisations complexes pour magnifier le discours du sax.
Et c'est ainsi que la magie a opéré.
A la réécoute, on s'étonne de leur parfaite complémentarité. Davantage même, un accordéon symbiote du sax. Il anticipe les cris rauques, les souligne ou les prolonge, leur donne des couleurs étranges, avant, progressivement de s'affirmer complètement.

Une très belle réussite.

Jack Wright est un homme à l'abord facile, comprenant et parlant correctement le français, l'humour affleurant à chacun de ses propos. Quelques mots d'avant concert pour m'interroger en souriant sur l'intérêt de prendre des photos d'un homme embouchant le bec d'un sax, mais OK : je peux en prendre.

Pour les voir toutes, il suffit de cliquer sur l'image.
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Au début du concert, Eric Perrier marquait sa petite déception de voir un public assez peu nombreux (moins d'une vingtaine) et s'interrogeait sur l'appellation "musique improvisée", finalement assez banale, qui ne disait pas grand chose du projet musical. A la pause, il évoquait des dispositifs concertés, des contraintes données aux artistes, pour les conduire à quelque chose d'encore plus neuf.

Pour finir, je propose un deuxième extrait, la fin du concert, avec un accordéon de plus en plus présent.

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