x_braneUn titre de CD énigmatique.
Une pochette au design sobre.
Des idéogrammes probablement japonais et des titres de morceaux qui semblent relever de cet orient extrême : Tazuki, Tsuri, Hishi.
De ce lointain,
l'étrangeté en atteste l'influence, ainsi que certains gongs (rares), la subtilité des sons, une musique comme suspendue au-dessus du sol, la qualité quasi minérale des paysages mentaux ...

Trois musiciens (seulement) suffisent à créer cette musique dense et riche. On pense parfois reconnaître l'origine des sons, mais une plus grande innocence d'écoute se révèle plus propice aux résonances émotionnelles.

Ce n'est pas du jazz.
On pourrait se croire dans l'univers des musiques acousmatiques, sauf que rien n'est écrit, que la multiplicité et l'agencement des granulations, des tissages sonores sont le fait des interactions de l'instant entre Bertrand Gauguet (as & ss), Jean-Sébastien Mariage (eg) et Mathias Pontévia (batterie horizontale), trois jazzmen.
Revenons sur l'instant. Il ne suffit pas à rendre compte de la trajectoire musicale. Ces trois pièces, en effet, sont longues (18:15, 33:51, 17:44) et cette durée n'est pas soumise aux cahots du moment. C'est comme une projection commune aux trois musiciens qui donne sa cohérence à chacune des trois pièces.

C'est toute l'incroyable aventure des musiques improvisées que de faire musique sans les recettes habituelles, loin des pulsations régulières, des timbres immédiatement repérables, des notes plus ou moins pures, des segments mélodiques, des "grilles".
Créer des émotions neuves, comme si nous assistions à l'émergence d'un monde, cela avec une lutherie le plus souvent classique.
Une musique subtile, toute tendue vers l'aiguisement continu de notre sensibilité.

Je vous propose un assez court extrait du premier morceau.


Disque publié par Amor Fati, 32 rue de Bègles (33800 Bordeaux).
Bientôt les fêtes. Pensez à l'offrir à vos amis aux oreilles curieuses.