Alan Silva - photo dolphy00
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z'AvantGarde est une salle récemment ouverte à Paris pour accueillir un jazz exigeant, inventif, de haute tenue. Pour éviter d'éventuels ennuis avec les voisins, les concerts ont lieu à partir de 16h, le dimanche. Salle assez grande, claire. Un bar sommaire (mais l'essentiel y est), quelques CDs à la vente et une participation aux frais plutôt modique : il faut que cette aventure puisse se financer.

On doit cette initative à Noah Rosen, pianiste américain ayant choisi de vivre à Paris.
Il est bien d'autres jazzmen ayant fait ce choix, parmi les pointures du Free, dont Alan Silva.
Célébre dès les années 60 au sein du groupe de Cecil Taylor, en tant que contrebassiste, il a opté pour le synthétiseur pour exprimer le plus souvent son art.

Noah Rosen - photo dolphy00
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Le 13 mars 2011, il était l'invité de Noah Rosen à z'AvantGarde pour deux sets, dont un pour "Souvenirs from Earth", un duo de claviers : piano - synthétiseur.
Deux ensembles de nappes sonores qui s'entrecroisent. De grandes griffures au synthétiseur et une énergie de tous les instants, un paysage sauvage, une excitation évidente. Une musique originale, dont on peinerait à trouver un cousinage.
Noah Rosen quant à lui déclare se placer comme commentateur d'un film, celui imaginaire d'Alan Silva, pour un ciné-concert tout d'abstraction. Posture difficile à tenir, d'autant que rien n'est prémédité.
De facto, il y a manifestement complémentarité des deux musiques, celle de Noah Rosen, nerveuse, privilégiant les percussions par vagues ou par clusters. A la fin du premier extrait proposé, je crois pourtant retrouver des accents mixant une Amérique fantasmée et l'indicible étrangeté d'Eric Satie. Divagations de ma part, certainement.


...

Inversion du ciné-concert pour le 2eme extrait.
On trouve un Noah Rosen mélodiste, ou plutôt peintre d'atmosphères, cherchant les notes les plus ajustées, les accords les plus efficaces. Alan Silva déploie de belles nappes, qui évoquent parfois des cris de mouettes, en accompagnement du piano.
Horizons lointains. Souvenirs de la Terre.
Puis un maestro de 18 mois qui crie la fin du set. La tension se libère.


Plaisir de ce moment intense.

"Le meilleur moyen d'écouter du jazz

c'est d'en voir"
(T shirt de Noah Rosen)

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