Salut la Campagnie (dolphy00)
Salut la Campagnie
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On connaît Denis Charolles percussioniste, au bric à brac sonore trimbalé dans une caisse en carton.
Un poète naïf et baroque aussi, nous vantant sa fascination pour un Hollywood de pacotille aux couleurs criardes (Ermitage, avril 2011).
Et bien sûr, le grand Mamamouchi des Musiques à Ouïr.
Le voici donc revenu avec sa Grande Campagnie, un octet, pour une forme de déclaration d'amour à deux figures essentielles du jazz, Duke et Thelonious. C'était le 24 janvier dernier au New Morning.
Un rapprochement qui fleure l'évidence lorsqu'on se souvient d'un article (ou d'une déclaration du Duke lui-même) revendiquant la paternité Ellingtonnienne du jeu de Monk. A posteriori, une confirmation à l'écoute de certaines pièces du Duke. Peut-être aussi, est-ce là une manifestation supplémentaire de cette logique de la création, pointée je crois par Pierre-Antoine Badaroux (Peeping Tom), qui voyait dans son propre jeu une parcelle musicale utilisée en son temps par Coltrane, grossie, retravaillée, structurée par ses soins pour l'amorce d'un nouveau langage.
Et ce rapprochement de ces deux figures dans la dévotion opère merveilleusement.
J'anticipais la désillusion de ceux qui étaient venus en nombre ce soir là au New Morning pour être bercés dans le swing d'Ellington, et qui seraient saisis, broyés par ce grand iconoclaste de Charolles. Mais que nenni, la Campagnie nous a régalé d'une musique certes assez décapante, rugueuse par moments, mais toujours respectueuse des figures, des couleurs, de l'âme même de ces deux étoiles du jazz.
Prenons donc cette vidéo, où Denis Charolles nous évoque un manière de jouer de la batterie qu'on n'oserait plus proposer aujourd'hui, où les arrangements respirent cet esprit du Duke désirant la reconnaissance du public blanc, ses suites, et où Mathias Mahler se livre à un solo étourdissant au trombone en une fête enfiévrée.


Lien direct : http://youtu.be/XP5S6hYg4vY  ;

Du côté obscur, Monk !
Voir cette interprétation de Hackensack, à la fois raboteuse et intimement fidèle à l'esprit de la musique de Thelonious, par une Campagnie réduite à un trio : une batterie (Denis Charolles), un sax baryton (Julien Eil) et un sax basse (Fred Gastard). Formation retenue pour amorcer abruptement le second set, après les douceurs de la pause.
Une pièce courte, moins de quatre minutes, impressionante de vigueur. Un jazz comme on l'aime, primal, libre, fougueux ... et quasi dansant !


Lien direct : http://youtu.be/3xxU_UML68k  ;

Je serait incomplet si je ne disais mon grand plaisir de retrouver au sein même de cette Campagnie, le formidable trio de cuivres "Journal Intime" : Fred Gastard, Matthias Mahler et Sylvain Bardiau. Ainsi que Julien Eil, le sax de Oui Monsieur, ce trio surprenant entendu au Studio de l'Ermitage.

Des musiciens en très grande forme !

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