Dunois 1982 Bailey, Leandre, Lewis, Parker

Un concert de plus de 30 ans d'âge qu'a retrouvé Jean-Marc Foussat dans sa caverne aux innombrables trésors. Il s'agit d'un 4tet  ne réunissant que des figures de tout premier plan : Derek Bailey, Joëlle Léandre, George Lewis et Evan Parker. Aujourd'hui, un tel groupe suffit à arracher une admiration immédiate. Etait-ce alors le cas ?
Et même aujourd'hui, faut-il acheter, encenser du seul fait de la réputation des membres de ce groupe ?
Un conseil d'emblée pour les futurs chroniqueurs : ne pas lire les textes de Gérard Rouy (en français) et de Bill Shoemaker (en anglais). La plume serait épuisée avant même de commencer tant il s'y dit des choses. Pour les autres que ne taraude pas le besoin de chroniquer, la lecture desdites notes sera un vrai plaisir.
Pour tous, il faut revenir à l'écoute.

Deux sets, le premier avec deux piéces et la première est présentée en deux parties.
Pourquoi cette présentation ? Probablement parce qu'au début du concert, les musiciens se cherchent un peu. Peut-être aussi pour tenir dans les limites de durée d'un CD.
La 1ere partie (7'43) recèle de très beaux moments, en particulier un duo à cordes Bailey-Léandre et un trio enfiévré Lewis-Parker-Bailey. La 2eme partie (17'08) fait apparaître une écoute mutuelle tendue, certains instruments se mettant en résonnance avec d'autres. On retrouve ces moments en duo à cordes qui fascinent, en particulier après la 10eme minute. Des claquement d'un Evan Parker en embuscade, puis des rafales de notes comme avalées. Un solo de George Lewis, les autres assurant une forme de drône, puis une Joëlle Léandre toute de fougue bientôt rejointe par les deux défricheurs anglais. Des éclats fusent puis retombent, lentement : fin de la première pièce.
Le 2e pièce débute d'une manière minimale, par le toujours étonnant duo Bailey-Parker, bientôt rejoints par Joëlle Léandre. Elle se met aussi à chanter, à rire, à "parler", roucouler, que sais-je. Un duo avec George Lewis. On sent une très grande écoute du tromboniste à son égard, de la connivence, du respect. Il reprend à son compte les rafales d'Evan Parker. Is sont rejoints par Evan Parker et Derek Bailey dans une phase de fougue et de taches sonores.
On retrouve Evan Parker à l'amorce du 2e set, puis les deux cordes. Une musique toute de micros éclats, d'irrisations acides. C'est un OVNI, une musique qui nous éclate au visage. Un George Lewis époustouflant propulsant le groupe vers des sommets.
La dernière pièce débute par un solo de Derek Bailey, puis un duo avec George Lewis (décidément très en forme) et très vite l'intensité explose avec l'arrivée des deux autres. Une musique totalement libérée. Des rafales d'Evan Parker, un duo Parker-Bailey étourdissant, des cycles hypnotiques d'Evan Parker et de Joëlle Léandre, une musique incandescente.
Un 2e set d'exception.
Très riche idée que de publier ce concert.
Si Jean-Marc Foussat continue de fouiller dans ses trésors ...
FOU Records FR-CD 06

Retrouvez toutes les chroniques "CD etc.".