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Jazz à Paris
2 octobre 2017

Xavier Camarasa (p) & Jean-Marc Foussat (synth) "Dans les courbes" FR-CD26

Camarasa - Foussat recto

De courtes rafales de notes au milieu de boucles électroniques, de nappes aux multiples textures : le piano comme instrument mélodique est encore présent dans les dix premières minutes de "L'immensité des instincts". Mais bientôt c'est l'instrument de percussions qui s'installe, parfois des clusters aux notes graves, faisant penser à une batterie, d'autres fois des frappes sèches et répétés (sur le bois ? sur des cordes étouffées ?). Des trames complexes, ponctuées de frappes (ou de notes) répétées, des boucles obsessionnelles, des semblants de voix ... C'est le début véritable d'une errance imaginaire à deux. À trois, en fait, avec vous, ou moi.

Des bruits de pas, qui se délitent. Des grondements devenant stridences. Des frappes métalliques et obstinées. Le piano devient méconnaissable. Et c'est l'infinie flexibilté du synthétiseur qui charrie de nouvelles trames, de nouveaux paysages acoustiques dans lesquelles le piano peut entrelacer ses propres bribes de discours, répétées en boucles irrégulières, ses frappes délicates ou assourdissantes. Du moins, on peut le croire, mais les frontières instrumentales se font ténues. On s'égare de temps à autres. On nous égare assez souvent. Des séquences sonores répétées, allant s'altérant, allant crescendo, parsemées de vagues plaintes, avant que de s'éteindre.

"Là bas, où tout n'est qu'eau" : un titre déjà déclencheur de rêves pour la seconde pièce de l'album. Même outillage pour cette randonnée imaginaire, mais peut-être une présence encore plus implacable, une interaction plus aboutie, des bifurcations plus inattendues. Des efflorescences d'images sonores d'un monde industriel déshumanisé, de machines incongrues devenues non maîtrisables. Puis une accalmie faite de notes acidulées. Des frappes répétées et le tourbillon sonore se réinstalle, complexe, fascinant.

On ne sait dans quel ordre ces pièces ont été enregistrées, mais le sentiment domine que ce duo progresse, et progressera encore au fil des rencontres, sans épuiser les errances possibles.

En écoutant cet album, on découvre l'étendue de notre imaginaire, savamment manipulé par ces deux deux sorciers, ces deux sourciers.

Camarasa - Foussat verso

 

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