SMS Schwarz Marty Souchal


Des bulles de sons à la trompette qui explosent en éclats métalliques. Une basse toute en percussions, en vibrations profondes, quasi telluriques. C’est ainsi que SM commence son exploration. SM ? Nicolas Souchal (tp) et Fred Marty (b).
Diemo Schwarz (donc le S final de SMS) se fait un peu attendre, et lorsqu’il met en place ses premières trames, les discours se font plus fluides.
Dès lors, l’alchimie entre ces trois artistes est à l’oeuvre. Les phrases de la trompette prennent des allures de chants, eux-mêmes transfigurés par l’électronique et rendus encore plus mystérieux. Peut-être quelques réminiscences de Bill Dixon et d’autres corsaires de la trompette, mais dans une ambiance radicalement différente. SMS nous plonge en effet dans des univers sonores proches des musiques électroacoustiques, sollicitant notre écoute affûtée et notre sensibilité aiguisée lors de nos tentatives souvent vaines de deviner l’origine de ces sons.
SMS nous régale des plaisirs physiques que procurent ces tremblements sombres, ces percussions, ces grandes vibrations, ces sons étrillés à la limite du cri de désespoir, ces agrégats de matières sonores venues d’ailleurs. Et lorsque vous cédez à l’envoûtement, quand vous n’hésitez plus à profiter de toute la puissance et de toutes les irisations des sons, c’est l’ivresse. C’est peut-être l’Espagne aride d’un Miles revisité, épuré, transfiguré, baignant dans un bourdon complexe, grave, inquiétant. Peut-être.
D’autres images, d’autres rivages, d’autres voyages.
Une musique à écouter à fort volume pour que votre peau devienne instrument. Ou mieux encore, être à proximité immédiate de ce trio incandescent, lors d’un concert.

 

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