laurin, lingens, beliah cd recto

Laisser la surprise advenir.
J’imaginais une séquence improvisée sur la foi du doc de presse et de l’itinéraire des protagonistes. Mais c’est une errance nocturne déstabilisante, très musicale et hors code qui nous est offerte.
Un cornet, une batterie, une contrebasse, voilà tout pour ce cheminement comme suspendu. La sonorité si particulière du cornet de Louis Laurain, ses phrases qui touchent au cœur, ce va et vient entre ce que nous croyons retrouver et ce qui nous désarme. Enfin, une inspiration continue, sans temps mort, naturellement fluide.
Hannes Lingens joue des brasillements, des crépitements doux, voire fait taire par moments sa batterie, pour revenir ensuite, souvent par des frappes répétés, comme une mitraille lente, ou par d’autres qui semblent à la fois simples et décalées, hors champs, qui forcent l’attention, l’intérêt.
Quant à Sébastien Beliah, il fait de sa basse un autre instrument soliste, sans véhémence, au chant particulièrement sensible, une errance continue. Et quand elle se fait accompagnatrice, elle sait offrir un pur écrin à la voix du cornet, une alchimie particulière qui magnifie chacune des voix.
Trois pièces qui renouvellent la surprise, la séduction, l’écoute.
Oublions les réminiscences des glorieux aînés et laissons l’émotion pure nous submerger.
Un album nécessaire, bien évidemment

Lire aussi les chroniques de All About Jazz : https://www.allaboutjazz.com/two-on-umlaut-records-with-bassist-sebastien-beliah-by-john-eyles.php?width=768

PS : oui, tout de même, j’ai cherché pour vous éviter de le faire. Musaeum Clausius est un ouvrage de Sir Thomas Browne dont le titre complet est « Musaeum clausum, ou Bibliotheca abscondita: contenant quelques livres remarquables, antiquités, tableaux et curiosités de multiples sortes, à peine ou jamais vus par quiconque » (1684). Il ne fait que 33 pages. https://www.sudoc.fr/171868749

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