Matthias Boss photo FaceBook


Une proposition malhonnête faite à Matthias Boss : faire une sélection de ses enregistrements, en solo, tout seul mais avec plusieurs instruments simultanés (re-recording), en groupe, et en faire une playlist. 

Les raisons de ce vif intérêt ? Un jeu au violon nerveux, compulsif par moments; des textures qui  magnétisent l’écoute, et disons-le aussi, une bien belle qualité d’enregistrement.

Ce qui ne gâte rien, Matthias Boss accompagne ses musiques d’illustrations qui donnent souvent à rêver. 

C’est ainsi qu’une de ses pièces « Une pierre, une plume, une écharpe » avait fait l’objet d’un article sur CitizenJazz. Il y joue du violon et des percussions. « Une pièce éruptive », telle était la conclusion.

La proposition est acceptée, mais au fil des échanges, le nombre de pièces nécessaires augmente et finalement, un nouveau projet voit le jour : plusieurs playlists, de trente minutes à une heure, avec des publications étalées dans le temps.

Aujourd’hui, c’est une playlist en solo de quatre pièces.
La première, rageuse, puissante, El Loco, permet d’emblée d’illustrer le propos liminaire.
Koan X en revanche s’habille de coups d’archets longs, lents, aux accents par moments baroques ou romantiques. Les notes parfois très cristallines, bien souvent multiples, complexes, irisées, des accords instables, avec une mise en espace des sons qui contribue à la fascination engendrée.
Rue de Rompe Cul est construite autour d’une phrase initiale ascendante aux notes pures, assez simple, qui donne l’occasion d’aller fouiller d’assez près les frottements des cordes, avec une délectation insatiable, des écrasements, des crissements, en alternance et en opposition avec la séquence initiale, exempte elle de toute "impureté".
Quant à Dancing Wood Spirit, c’est la pièce la plus compulsive, toute de frottements en mitrailles, celle qui vous plaque sur votre siège, celle qui vrille le plus vos oreilles. Une densité d’éclats musicaux qui accrochent l’écoute, des cordes qui claquent, des craquements, des percussions, des crépitements multiples d’où quelques embryons de notes arrivent à éclore, accompagnées de murmures, ou des cordes qui sonnent comme des cloches, des percussions, des bourdonnements d’insectes métalliques affolés. 

Matthias Boss nous propose près de vingt quatre minutes de musique qui ne laissent pas de répit, chaque pièce venant renouveler l’intérêt, l’acuité de l’écoute, les surprises, les plaisirs.




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