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Jazz à Paris
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19 décembre 2007

Steve Potts : Last Tangle aux 7 Lézards le 15 déc. 07

Entendre Steve Potts aux 7 Lézards était devenu un petit rituel.
Pas moins de trois chroniques déjà sur ce blog, en décembre 2005, en juin 2006 et en janvier 2007. Pas sûr de vouloir en raconter une 4e.

Steve Potts - photo dolphy00
10___Steve_Potts

Avec cette dernière soirée du club, cela ne pouvait pas avoir la même couleur.
Départ donc avec une certaine nostalgie anticipée, sachant qu'au plan strictement musical, je n'attendais pas de grande surprise (4e visite tout de même !).

Beaucoup de monde dans cette petite salle. Même les escaliers étaient occupés.
Beaucoup de monde sur scène aussi : pas de Michel Edelin (le "frère en crimes"), mais un 6tet, avec Jean Jacques Avenel (contrebasse), Simon Goubert (batterie), Sophia Domancich (piano), Thomas Savy (clarinette basse) et Michael Felberbaum (guitare électrique) que je voyais pour la première fois.

Ne me demandez pas le nom du premier thème : je l'ai immédiatement reconnu comme l'un des favoris de Steve Potts, sans pouvoir mettre un nom dessus. Défaut définitivement incorrigible.

Pas de tour de chauffe.
Cela commence fort, très fort, avec une prise en main du concert par un grand Steve.
Maîtrise du son (belle puissance sans être un "gros son", sonorités et attaques variées à l'alto comme au soprano), phrases inspirées, sensibilité et sens aigu du rythme.
Oubliée la nostalgie; on est dans de l'immédiat, dans l'émotion musicale intense délivrée par un très grand bonhomme du jazz, tout continent confondu.
Un sextet immédiatement à la hauteur, avec en particulier, une "section rythmique" de tout premier plan, peut-être la meilleure à Paris en ce moment. Avouerais-je mon admiration pour le jeu de Simon Goubert, subtil ou puissant, inventif, terriblement efficace, et pour les talents mélodiste de Jean-Jacques Avenel, ayant toujours des pépites à nous donner à entendre.
Sophia Domancich ajoute encore une voix, avec des phrases qui ruissellent par moments, qui jouent abruptement sur les sonorités, les couleurs, les contrastes à d'autres.

Deuxième thème (n'insistez pas pour le nom; c'est pas fair play) avec deux nouveaux venus sur cette petite scène : Stéphane Kerecki (contrebasse) et une jeune femme au soprano, Amy Gamlen. Je ne la connaissais pas, mes voisins non plus.

Un solo étourdissant de Steve Potts, laissant muet ses musiciens.
Ils ne prennent pas la suite au grand étonnement du chef, qui ne l'entend pas de cette oreille.
Les deux contrebasses commencent alors leur dialogue, accompagnés ou précédés par Simon Goubert; Sophia Domancich entre en jeu pour un moment de pure magie à quatre.

Michael Felberbaum - photo dolphy00
09___Michael_Felberbaum

Michael Felberbaum nous fait découvrir la délicatesse de son jeu, aérien, très subtil, puis c'est au tour de Thomas Savy qui démarre en trombe et termine par des séries de phrases très courtes, travaillant ciselant les sonorités. Steve Potts écoute et sourit aux discours de sa "famille".

Une surprise pour moi : le solo d'Amy Gamlen. Un son puissant, un discours inspiré, "free" et sensible (comment parler de feeling en français?). Elle m'a d'ailleurs paru proche du jeu de Steve Potts. Visiblement, il l'apprécie. J'ai le sentiment qu'elle n'est pas une promesse pour demain, mais déjà une pointure d'aujourd'hui sur la scène parisienne. Il faudrait mieux la connaître. Savoir quelles seront ses futures apparitions pour l'entendre dans son propre univers, pour se faire une idée plus précise.

Fin ? Pas encore. Steve Potts se dirige vers Sophia Domancich : alors, ce solo, c'est pour quand ? Mais non, c'est déjà fait proteste-t-elle ! Steve s'amuse, mais Simon Goubert vient à la rescousse et entame un solo d'anthologie.
Le groupe reprend le thème et le set prend fin après plus d'une heure de musique intense.

Pause ? Oui mais non. Pas tout de suite.
Steve Potts prend la parole, avec ce timbre de voix si doux, surprenant après l'avoir entendu au sax, pour dire que sa famille, c'est d'abord nous, le public; pour dire deux mots de Michel Edelin; pour saluer les lieux, le plafond décoré des visages de cette belle musique, accompagné par un Simon Goubert facécieux qui utilise ses baguettes pour faire sonner certaines des pierres du mur derrière lui.
Steve Potts ne se démonte pas. Il rend hommage à Caroline Volcovici pour avoir su faire sortir la scène du jazz parisien du siècle dernier.

   

On ne peut que l'approuver de bout en bout.
Comment va se recomposer la géographie musicale à Paris ?
Gageons que ces Lézards sont de vrais Phenix : ils renaîtront ailleurs que sur les gravas des travaux exigés par certains de la Ville de Paris (ah Bertrand, si tu savais !)

Pour continuer un peu :
Site d'Amy Gamlen & Page Myspace

Pour suivre Caroline Volcovici et son équipe, aller sur le site des 7 Lézards  et laisser un petit mot

Rendez-vous sur ce site (et ailleurs) pour la suite des aventures de cette équipe : organisateurs, personnel et musiciens.

Retrouver toutes les brèves de concerts

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Commentaires
P
Merci de ce cpte rendu. Je n'ai pu venir à ce concert ; c'est grand dommage. Dernière occaze de "sentir " la petite cave du Lézard... Et l'association Avenel/Domancich me plait beaucoup... en support de M Pott ; A revoir... ailleurs.
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D
Effectivement, Steve Potts joue souvent du soprano et de l'alto en même temps (je dois avoir une photo en archive), sans perte de puissance, mais difficile de dire s'il joue deux lignes différentes. Ce n'était pas le cas lors de ce dernier concert.<br /> Merci des commentaires de chacun.
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Z
Génial ces impressions de la dernière soirée aux 7 Lézards à travers ces mots couchés sur le papier de canalblog, qui immortalisent ce dernier concert.<br /> Effectivement, superbe formation et ok avec toi sur Gougert, j’adore ce type et ses albums sont superbes ! Potts, je l’avais vu une fois, y’a une dizaine d’année avec Steve Lacy qu’il a accompagne depuis belle lurette, pareil pour Avenel et Betch…<br /> D’ailleurs, alors que l’on célèbre ici et là les 30 années de disparition de Roland Kirk, on peux rappeler au passage que Steve Potts use parfois de l’alto et du soprano en même temps, offrant au passage une superbe dynamique ! <br /> Quant à Felberbaum , je l’ai découvert cette année, un guitariste très intéressant !<br /> Avec ça, quelques belles photos, une petite vidéo pour un final de remerciements, autant dire que tu as mérité les miens aussi !<br /> <br /> A bientôt<br /> <br /> Z
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D
Belle aventure, mais trop courte évidemment. Encore une belle salle qui disparait.
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