Deux soirées de musique improvisée (par Claude Parle)
On peut dire qu'il y a quand même des soirées qui valent la
peine de se déplacer ...
contrairement à ce qu'on s'entend lire parfois ! ! ...
Mercredi donc, à la galerie "Tampon" spectacle de choix :
Thierry
Madiot, Pascal Battus et Seijiro Murayama
Thierry MADIOT : souffle;
Pascal BATTUS : guitare environnée;
Seijiro MURAYAMA : percussions
Performance tout à fait remarquable pour ne pas dire exceptionnelle certes réalisée par des musiciens dont la réputation n'est plus à faire mais dont l'inventivité, l'écoute et la précision font rêver ...et laissent rêveur ! !
Pascal Battus, excellant dans ses choix et dans la minutie de ses
triturations électrodactyles, on peut dire qu'il est en train
d'inventer une nouvelle industrie : la Chirelectronie ! ! ...
Madiot comme toujours remarquable instrumentiste et inventeur
d'improbables tessitures ...avait allongé son ambitieux registre
jusqu'au bar où l'agaçant serpent ondulait du bec et du sang/son dans
les pieds des invétérés rivés à leurs goulots ...
Murayama dont la précision dans le désordre reste une vivante énigme
dans les sillons du rythme érodés par des vents indicibles ...
L'ensemble a fonctionné avec merveille et minutie pendant les deux sets
...
J'en profite pour dire aussi tout le bien qu'il faut penser de ce lieu
étonnant qu'est la Galerie Tampon-Ramier qui outre une programmation
d'exception a l'insigne mérite d'offrir des vins tout à fait
remarquables ! ...
Au moment où tant de places disparaissent, il convient d'adresser un
fervent hommage à cet endroit unique où règne en maitre Monsieur Marc
poête-oenologue à ses heures et programmateur éclairé dont devraient
s'inspirer bien de ces "loueurs de salles" ci-devant tenanciers
d'indigestes musiques ...
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Jeudi, aux "Instants"...
Lê Quan Ninh - photo www.instantschavires.com
Soirée tout aussi fabuleuse avec Frédéric Blondy et Lê Quan Ninh ...
Encore deux musiciens qu'on ne présente plus ! ! ...et bien sur, musique à rêver! ...
Puissance, sensibilité et inventivité ébouriffante de ce remarquable pianiste (si il faut quand même le dire ! ) qu'est Frédéric Blondy ...sachant lorsqu'il est nécessaire faire chanter son clavier comme s'il écrivait quelque billet à une lointaine âme chère et déchainant sa fureur sous les rafales de Ninh littéralement explosé sur son incontournable (g)rosse caisse ! ! ...véritable autel voué aux célébrations les plus iconoclastes de la rythmicité inventive.
Quoique ce soir la célébration ait plus tourné sur les effleurements
d'archet aux bols de l'offertoire
(impie forcément ! ) que sur l'orage prévisible.
Ces deux là nous ont offert deux remarquables sets d'une véritable écriture, tout y était ou presque... c'est là où l'on perçoit clairement que le travail du talent a tourné la clef d'or qui laisse libre la clenche de la porte du génie.