Immédiat : Camille Escudero - Dante Feijoo à domicile (5 dec 08)
Au domicile de Dante Feijoo (sax alto), à La Courneuve, une tradition de concerts, de rencontres entre créateurs, avec un invariant : tout est improvisé.
On est peu nombreux à chaque fois, mais les rencontres sont bien souvent intenses.
Ce fut le cas ce vendredi 5 décembre. L'invitée ? Camille Escudero. Son instrument ? son corps.
La danse plutôt ? Non, le corps. Le ballet, soumis à un chorégraphe, lui donne le sentiment d'être de "la chair à mouvements".
C'est aussi ce terme, corps, qu'emploie Dante lorsqu'il travaille avec Gilles Broussaud.
La pénombre. Pour les images, ce sera quasi impossible avec mes maigres moyens techniques. Qu'on en juge avec une même photo de Camille Escudero, avec et sans traitement.
Camille Escudero se drape d'une guirlande de lampes, achetée juste avant chez le chinois du coin. La danse commence. On est là, fascinés par la magie des jeux du corps (abandons et maîtrise), des jeux des spots dans la quasi-obscurité.
Et les oreilles, surprises par la complexité des sons de Dante. On peine à croire qu'il n'y a là aucune pédale électronique, aucun pré-enregistrement. Pas de notes mais des sons ? Plein de notes au contraire, corrige-t-il. Des trames, qui s'enchevêtrent. Un très beau travail musical. Sentiment d'une progression importante du travail de Dante Feijoo depuis trois ans ou meilleure écoute, plus grande sensibilité à cette musique nouvelle.
On en voit une séquence.
Et pas seulement ça. Ils jouent de l'espace. Normal pour Camille. Mais pour Dante ?
Sax au bec, il se lève, bouge, tourne autour de Camille. Les sons se font plus rauques. Les deux artistes se tournent autour l'un de l'autre. L'analogie avec une corrida ? avec l'attaque d'un fauve et la défense d'une proie ? Autant en voir un extrait.
Après ces moments de pure poésie, lumière, échanges, puis un verre de vin, des pâtes à la sauce qu'on va partager, encore un peu de vin, d'autres paroles. Puis le froid de l'hiver qui approche.
A une prochaine fois.
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