A propos de Malcolm Goldstein et Didier Petit … (Claude Parle)
Souffle continu ! ...certes, l'enseigne n'est pas trop forte pour approcher ce qui s'oyait en ceste échoppe ...
Cordes continues pourrait on plutôt dire parce qu'il faut bien admettre que du violon au violoncelle, le fil y passe à traits tendus ! ! ...
Malcolm Goldstein - Didier Petit (photo extraite de la vidéo (voir plus bas))
Mercredi soir en effet une performance hallucinante a vu le jour sous nos yeux effarés ... une monstrueuse chimère a pris forme dans l'hybridation démente d'un violon et d'un violoncelle ....l'être s'est déployé dans une atmosphère quasi sulfureuse autant qu'électrique, les malheureux interprètes semblant possédés sous l'emprise d'une musique renvoyant Erich Zann au rang des mélodies pour kiosques ! ...
Malcolm Goldstein - Didier Petit : photo Théo Jarrier
Les cordes de Malcolm geignantes, grinçantes, désespérées, plongées comme un prisonnier qu'on torture dans la baignoire du violoncelle, taraudé à vif par l'archet qu'un bras de l’impitoyable Didier fourbissait jusqu'à la rupture ...
Copulation terrible des soies insinuées à l'extrême dans l'intimité des bois et des lianes ... pullulement atroce de monstruosités à peine entrevues dans la pénombre des membres et des torses parcourus de spasmes ...
Puis, au comble de la tension, les silences pétillèrent comme une pluie de muettes étincelles ...une étrange mélodie paraissant sourdre des ces énigmatiques intervalles ...
Une mélodie s'emparant de nos esprits accablés, abdiquant toute volonté devant tant d'impétueuses trouvailles ...
Dans un claquement de bois défaits, les cordes se scindaient de nouveau reprenant vie et indépendance tandis que de savantes constructions, des ébauches de rythmes épanouissaient leurs fleurs subtilement éparses aux murs de la boutique devenue coursive d’un vaisseau hors du temps.
L'alchimie remplace toute musique, Didier aspiré par la caisse doit lui céder son souffle, le sang abandonne ses tempes cramoisies pour aller nourrir l'épouvantable instrument dont les cordes se tendent à l'irruption impie du fluide vermeil ...
Le bois empli d'une diabolique existence émet des pousses, des branchages maléfiques surgissent de toutes parts, une gigantesque forêt s’épanouit à l'endroit où un homme et son instrument se trouvaient il y a un instant, les frondaisons naissantes enveloppant le malheureux violoniste dans une étreinte infâme en une pullulation démoniaque ...
les feuilles et les branchages recouvrant tout en un océan malsain qui s'étale peu à peu et nous emporte au large ...
Maintenant, les deux coques abandonnées dérivent sous un soleil improbable ...
telles un double radeau où finissent d'agoniser quelques rescapés d'une impossible Méduse ...laminés aux paysages inouïs explosés d’astres inconcevables comme un titan aveugle et fou projetant au loin ses creusets d'où l'airain chauffé à blanc s'échappe en torrents bouillonnants ! ...
L'infernal holocauste prit fin sur une ultime provocation ... “Que le souffle continue“ ...
Claude Parle
Petite séance de rattrapage due à Annabelle Preux (un grand merci) :
Superbe musique !!!
Autre vidéo de Didier Petit sur YouTube ici : http://www.youtube.com/watch?v=-V170VQNdJA
Pour écouter d'autres extraits musicaux, son site myspace : http://www.myspace.com/didiersmall .
Quant à Malcolm Goldstein : http://www.myspace.com/malcolmgoldstein .
Encore une initiative inspirée du Souffle Continu.
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