Flat Earth Society, 13e !
Grâces soient rendues aux fous furieux que se sont lancés dans la constitution de "Grands Formats", en particulier à ceux qui ré-inventent sans cesse notre rapport au jazz.
Un grand salut donc au Surnatural Orchestra (festival début avril à Paris), à Ping Machine (un nouveau disque en préparation; pour patienter, un récent "Jazz Club")), à Archimusic (qui invite Nietzsche au bal), à l'Umlaut Big Band (une publication en préparation: 4 45t + download, mais ils ont besoin de nos sous), à la Grande Campagnie des Musiques à Ouïr de Denis Charolles (qu'il faut avoir vu au moins une fois ... par saison), aux défricheurs du Soundpainting (Anitya, le délirant Pandémonium) ... sans oublier le succulentissime MégaOctet de qui vous savez*.
Je suis injuste envers ceux qui ne sont pas cités (les Arpenteurs de D. Colin, l'ONJ ...) ? Oui, cent fois oui, mais il y en plusieurs dizaines en France.
Sans compter ceux de nos voisins les plus proches (non, ne parlons pas de l'Angleterre ou de l'Allemangne, ils ont démarré depuis bien longtemps). Je veux parler de nos amis belges.
J'avais relayé quelques lignes sur la Fanfare du Belgistan (alors invitée régulièrement au Studio de l'Ermitage). Ce jeudi 4 avril, toujours au Studio de l'Ermitage, c'est au tour de ceux qui jurent que la Terre est plate comme une galette**, la "Flat Earth Society" pour fêter leur 13e année d'existence, occasion de sortir leur 13e disque (belle santé !) que j'écoute en ce moment même***.
Caractériser leur musique est absolument impossible : bien des emprunts, des clins d'yeux (oui, ça se dit comme ça) à des couleurs, des esthétiques qui ont marqué l'histoire des musiques populaires (le jazz est mis là par les savants). On y retrouve même quelques accents des cabarets allemands du siècle dernier, des ragtimes ... Est-il possible d'échapper là à Mingus ? L'influence de l'irrascible bassiste-compositeur-chef d'orchestre, de l'écorché vif vindicatif, suinte de partout.
Et ce que cet orchestre apporte de plus, c'est une approche iconoclaste, une bonne humeur évidente, la joie de jouer et de partager. Pas de "tribute to" mais une ré-invention qui pétille à grosses bulles, qui nous pique le bout du nez, qui nous fait bouger les pieds et l'arrière train.
J'imagine que l'Ermitage dégagera quelques cm² devant la scène, ou alors videra l'étage, pour permettre à ceux qui ne pourront plus tenir en place d'aller chercher leur plus affriolante voisine pour quelques pas endiablés.
"... L'orchestre est frais, dispos et mal rasé comme d'habitude. La musique c'est notre canif et notre boussole, les paroles sont d'une profondissime profondeur profonde. De quoi donner du tonus à l'industrie du cd !"
Une belle réussite.
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* : Andy Emler, le malicieux.
** : non, non, ils ne sont pas obscurantistes : "The Earth is round, the world is flat". C'est l'évidence même !
*** Igloo Records IGL239 : 13 Flat Earth Society à écouter et commander sur www.fes.be .
Disque sorti évidemment le 13 février 2013 et comportant 13 titres inédits. Et bien sûr, ils sont ... 15 ! Présentation des musiciens sur leur page (avec photos et détails) : http://www.fes.be/mukaNE.html .
John Watts en est l'invité sur deux plages.
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