Album photos au bout du clic
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Gérard Terronès - photo dolphy00

 Deuxiéme concert de Futura Experience à la Java. Petit rappel :
"La saison dernière (février 2012), l’idée d’un big band free du nom de Futura Experience 1 est née d’une discussion entre le guitariste Jean-François Pauvros et le producteur des disques Futura, Gérard Terronès. Le principe ? Réunir des musiciens emblématiques ayant participé à toutes les expériences des scènes agitatrices et des musiciens de la nouvelle génération, désireux de jouer ensemble, dans un esprit fusionnel. Un programme en forme de coup de poing artistique et social…"

N'ayant pu assister au concert de Futura 1, des interrogations se faisaient une petite place : Comment la scène de la Java pourra-t-elle accueillir autant de musiciens ? Seront-ils tous audibles ? Comment un tel groupe va-t-il fonctionner ? Quelle musique avec des musiciens ne gravitant pas dans les mêmes univers (jazz de la rue Lombards, Scat, Free, Great Black Music, musique improvisée, electronique, rock ... ) ?

Deux leaders : un sur scène, Jean-François Pauvros, au beau mitant du groupe, impulsant par quelques notes discrètes des changements de direction, de nouvelles couleurs.
L'autre aux aguets, Gérard Terronès, tançant (avec le sourire) les musiciens qui tardaient à revenir sur scène, supervisant les consoles, les enregistrements sonores, attentif aux éventuelles imperfections musicales.
Il nous avait prévenu : c'est expérimental, donc s'il y a quelques bavures, il faudra excuser. Mais c'était coquetterie de sa part : il portait haut l'exigence et savait pouvoir l'obtenir de ce groupe.
Dans une vidéo pour Anne James Chaton, JF Pauvros évoquait un groupe de 13 personnes sur scène. J'ai imaginé qu'il parlait du Futura : un dodecaband augmenté (Gérard Terronès)

Le Futura 2 se composait donc de neuf des membres du premier groupe : Jean-François Pauvros (guitare), Claude Bernard (saxophone alto), Sophia Domancich (piano), Michel Edelin (flûte), Jean-Marc Foussat (synthétiseur), Leïla Martial (voix), Rasul Siddik (trompette), Dominique Lemerle (contrebasse), Christian Lété (batterie). Il manquait Alexandra Grimal.
Auxquels se sont joints d'autres musiciens : Sophie Alour (saxophone ténor & clarinette basse), Sébastien Llado (trombone ... et ce qu'il trouve), Ramon Lopez (batterie) .

La densité musicale s'est manifestée d'emblée, une fête de couleurs, alors qu'on aurait pu s'attendre à une période initiale de mise en place, de convergence.

Difficile de dire quelles étaient les modalités arrêtées pour faire fonctionner cette machine. On y trouvait des moment donnant le sentiment d'une liberté totale, chacun apportant ses touches, ses surprises, comme un Sébastien LLado utilisant un clavier virtuel, une application de son iPhone. D'autres donnaient lieu à des convergences vers de thèmes de l'histoire du jazz, portés par les souffleurs les moins associés à la musique improvisée (C. Bernard, S. Alour, S. Llado).
Des moments bluesy, impulsée par une walking bass d'une redoutable efficacité (D. Lemerle). D'autres aux vagues accents africains voire même, lors du bis, un chant pur à la flûte, au rythme d'une biguine (M. Edelin).
L'histoire du jazz  ... ou d'ailleurs : quelques notes de guitare immédiatement identifiables de "Durutti", la voix grave de JF Pauvros, ouvrant vers une envolée remarquable de Sophia Domancich, entraînant avec elle l'ensemble du groupe.
Plus tard, le même Pauvros, quelques notes (il lui en faut peu pour tout mettre en place) : les musiciens se tournent vers lui, se mettent au service de sa musique : un pôle magnétique.
Ce ne fut pas une surprise de retrouver les éclats, les trilles, les séquences tourbillonantes de Rasul Siddik : elles nous auraient manquées. De même que l'étendu des trames sonores des multiples flûtes de Michel Edelin. Jean-Marc Foussat, compagnon de longue date de JF Pauvros (Marteau Rouge), coincé au fond de la scène, s'est ingénié tout le concert durant à cingler ses virgules, ses stridences électroniques.

De belles surprises de la part de Leila Martial, très concentrée, à l'air toujours tourmenté, déployant ses scats, son travail de la voix des plus étonnants au milieu d'un maelstrom orchestral; puis une reprise d'un thème du répertoire, "Maiden Voyage"  d'Abbey Lincoln je crois (à moins que ce soit "Blues for Carlos"). G. Terronès m'a soufflé l'info en conseillant d'aller écouter ces deux pièces sur son site myspace (www.myspace.com/leilamartial).

Peu de moments où Sophie Alour faisait entendre sa voix en solo, mais un plaisir manifeste d'être là, de contribuer à cette musique neuve et aventureuse. De même Sebastien LLado très heureux d'être convié à cette fête, multipliant ses éclats ses prises de parole. En particulier, lors d'un des solos (généreux) de Claude Bernard (as), notre tromboniste se lève et se met véritablement à le haranguer sur son instrument, installant un dialogue véhément entre les deux souffleurs : un moment fort.
Il y eu un autre duo, tout aussi tonitruant, jouissif, celui entre les deux batteurs, Christian Lété et Ramon Lopez.

Une soirée très réussie, on l'aura compris. De nombreux musiciens dans la salle, venus entendre leur pairs, discuter avec Gérard Terronès, faire la bise à JF Pauvros, échanger avec cette assistance ravie.

Il y aura-t-il un Futura 3 à la Java ? Ailleurs ? Ce groupe a besoin de la scène pour parachever sa maturité, avec, pourquoi pas, un disque à la clé.

En attendant, un merci aux musiciens, bien sûr, et une mention spéciale à JF Pauvros et G. Terronès, deux figures majeures de la musique libre en France.

Pour écrire ces lignes, j'ai utilisé des séquences vidéos en guise d'aide mémoire. En les parcourant, j'en ai extrait quelques images fixes, moins précises bien sûr que des photos, mais riches de l'instant.

Un second album photos, en cliquant sur l'image
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