Jazz à Paris

20 octobre 2017

Les 15 ans du Festival Jazzycolors 2017

Festival Jazzycolors 2017
Programme et infos pratiques

Jazzycolors 2017

Juste un noeud au mouchoir (qui fait encore ça ?) pour se rappeler cet évènement qui réunit chaque année des représentants du jazz de divers pays européens, et au-delà (Azerbaïdjan, Canada).
A côté de musiciens assez peu connus à Paris, et c'est l'objet même du festival que de les faire connaître, quelques figures récurrentes sur les scènes françaises. Citons Bojan Z, l'actuel parrain du festival (depuis 2008), Sylvie Courvoisier et Mark Feldman, Emil Spany, Olivier Ker Ourio, Antonin Tri Hoang ...
Peut-être ne faut-il retenir que les heures et lieux des concerts et aller à la découverte


18 octobre 2017

MOSQ chez Rectangle (eRikm, Charli O, Akosh S et Quentin Rollet)

MOSQ


Un album de 2012 déjà repéré il y a trois ans. La logique imperturbable de Facebook me l'a rappelé, d'où de nouvelles écoutes.
Il s'agit de l'un des albums de cette folle collection, "Rectangle", créée, animée par Quentin Rollet et Noël Akchoté, deux musiciens exigeants et passionnants, et disponible à l'écoute en ligne (parfois partiellement) et à l'achat en téléchargement de haute qualité. Toute cette collection mérite vos visites, pour savourer des plaisirs inattendus.

Cet album, MOSQ, n'y déroge pas.
Deux des quatre musiciens, les souffleurs (Quentin Rollet et Akosh S), nous proposent une musique impérieuse, vrillante, brillante et abrupte, entre free et musique improvisée. Et ces irruptions de lave, ces geysers sont enchâssés dans des nappes sonores, des chants d'oiseaux électroniques et autres boucles, des grondements etc. dues aux deux autres (eRikm et Charlie O).
Cet entrelacement produit une forme d'hypnose qui ne faiblit jamais.

Les Inrocks le disent mieux :
"Décidément, on doit au label Rectangle certaines des plus belles initiatives en matière de passerelles tendues entre les genres comme autant de passeports pour les plus débridées des expérimentations." (lire la suite)

Vous pouvez écouter cet album en ligne sur Bandcamp, ou mieux,comme indiqué plus haut, l'acheter sur cette plateforme pour 7 €


Les musiciens :

Quentin Rollet (as), Akosh Szelevenyi (ss, ts)
eRikm (turntables, electr.), Charlie O (orgue Hammond)


Consultez tous les articles Jazz sur le web

 

16 octobre 2017

ARBF & Hmadcha - "Serious Stuff and Lightness" (LFDS 001)

arbf recto


Il s'agit d'un enregistrement live à l'Institut du Monde Arabe, en 2014. Comme pour de précédents enregistrements (voir fin de l'article), deux groupes jouent ensemble : un groupe de musique traditionnelle marocaine, Hmadcha (une confrérie, ici représentée par 8 musiciens) et un autre de jazz, ARBF (11 musiciens), parmi lesquels Yoram Rosilio, grand organisateur de cette fête peu commune.

Ce projet part de l'intuition que jazz et musique Gnawa ont des origines anciennes communes. Et cette idée est illustrée par la parfaite imbrication de ces deux musiques lorsqu'elles sont composées et arrangées par Yoram Rosilio. Le groupe Hmadcha joue pleinement sa musique traditionnelle et ARBF nous offre un jazz lyrique, free et puissant, cela sans verser dans l'orientalisme. On y retrouve le "désordre organisé avec soin" cher à un glorieux prédécesseur, maître de la contrebasse, irascible et bouleversant, où chaque musicien se voit poussé à offrir le meilleur de lui-même.

Et ce mariage des deux univers musicaux à donné lieu à une fête, ce jour de 2014, gravée là pour notre plaisir, du moins si vous n'êtes pas rétifs à cette musique ancestrale d'Afrique.

Cinq pièces où chaque musique, lorsqu'elle n'occupe pas le devant de la scène, se tient prête à faire bifurquer progressivement l'ensemble soit vers des fantasias des sables du sud, soit vers les cris, les fureurs et les envoûtements du free.

Peut-être le sommet de cette fête pourrait être "Arbluzzfff"; un Arbf transpercé de lumière ?

Ça commence par une sorte de fantasia, puis des rythmes chaloupés aux percussions, typiques du Gnawa et on ne sourcille pas quand le thème jazz s'y inscrit avec naturel. Un superbe chant au sax, lyrique et free, puis à la trompette, toujours au milieu de cette musique Gnawa, de ses chants, de ses répons, de ses percussions. Puis la basse s'emballe, l'orchestre suit : on croit quitter le sud, il revient ! C'est dansant en diable. Ça jaillit de partout. On n'est pas loin de la transe, ici festive, joyeuse, fraternelle. J'imagine le public de l'Institut du Monde Arabe peinant à ne pas se dandiner, à ne pas se lever, les yeux humides de plaisir.

Et après ça, il faut que ça sorte : une "fantaziiya", venue du fond des âges, primale, authentique, enivrante, enchâssant un thème joué par l'ARBF, bien évidemment !

Là, les agents du service d'ordre ont dû être débordés.

arbf verso

Les musiciens : Yoram Rosilio (contrebasse, pianet, flute, t'bal, direction, arrangements) // Abdelkader "Ben Brik" Ed-Dibi (gheïta, karkabou, taarija), Abdelmalek Benhamou (gheita, ganga, karkabou, herrez), Jean-Michel Couchet (sax alto, soprano), Florent Dupuit (sax tenor, flute, piccolo), Benoit Guenoun (sax tenor, flutes), Maki Nakano (sax alto, ney), Jean-Brice Godet (clarinettes), Jérôme Fouquet (trompette), Nicolas Souchal (trompette), François Mellan (tuba), Jean-Philippe Saulou (effets), Simo Akharraz (chant lead, karkabou), Najem Belkedim (t'bal, karkabou, tara, chœur), Hassan Nadhamou (taarija, chœur), Rachid El Ayoubi (ganga, karkabou, derbouka, chœur), Abderrahmane Nemini (t'bal, karkabou, chœur), Salah Saya (tamtama, ganga, tara, chœur)

Précédentes chroniques :
Yoram Rosilio  "ArBf & HmAdCHA - Live 2013 - Dhöl Le Guedra"
ARBF & Hmadcha (Yoram Rosilio & Co)
Voir aussi la chronique d'un autre CD d'ARBF, "Ask the dust".

Toutes les chroniques d'albums : CD etc.

13 octobre 2017

Charles Mingus "The Black Saint and The Sinner Lady" (Impulse 1963)

Charles Mingus The Black Saint and The Sinner Lady (Impulse 1963…

La science des arrangements et les couleurs de Duke Ellington percutées par l'énergie iconoclaste du Free, tout cela concocté par l'un des pionniers du BeBop : c'était aussi ça la musique du Big Band de Mingus.
Ainsi que l'habileté à faire surgir le talent de sidemen pas toujours bien connus en Europe. Il fallait de la ténacité : lui-même était proprement éreinté par une presse jazz alors bien conformiste.

The Black Saint tient une place à part. Quatre pièces pour une chorégraphie imaginaire, la 4e étant en trois parties .
Une suite orchestrale. Une réelle ambition de composition. Presqu'une exigence : les compositions d'un noir valent ceux de la musique dite grande, qu'on se le dise, enfin !

The Black Saint ... écouté plusieurs dizaines de fois ... en fait je ne sais plus. Mais le coup au plexus reçu le jour où j'avais pu me payer ce vinyle (on disait 33 tours), oui, je m'en souviens encore.

Une publication de Jean-Marc Foussat sur Facebook est venue réveiller ce bonheur oublié.

Une playlist vidéo, avec des illustrations pas convaincantes, mais une musique qui vrille le cœur . On partage.

Les musiciens (copier-coller Discogs)

Charles Mingus The Black Saint and The Sinner Lady (Line Up)

 

Posté par dolphy00 à 07:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 octobre 2017

Jazz au Fil de l'Oise du 4 novembre au 16 décembre 2017

Jazz au Fil de l'Oise 2017

 

Une riche programmation :
Harold Lopez-Nussa "Viaje" 4tet (4), Bugge Wesseltoft solo (4);

Ambrose Akinmusire © Emra Islek

Ambrose Akinmusire; Dhafer Youssef (7) (photo Emra Islek); Mosalini-Teruggi "Chamuyo Cuarteto" (12);

Art Sonic by Annabelle Tiaffay

Art Sonic "Le bal perdu" (12) photo de Annabelle Tiaffay;
Hugh Coltman (14); Roberto Fonseca "Abuc" (15); Laurent de Wilde - Ray Lema (16);
Yom & Baptiste-Florian Marle-Ouvrard (17);

Agathe Jazz 4tet (18); Big Band de Persan; Birth Of The Cool 9tet feat. Fabien Mary (19);
Emile Parisien "Sfumato" 6tet (23);
Vincent Segal, Ballaké Sissoko (24); Laura Perrudin; David Linx (25); Yaron Herman "Y trio" (26);
Miu & Carlos Queiroz; Laurent Coulondre "Gravity Zero" (1er décembre); Lucky Perterson "Jimmy Smith" (2);
Anja Lechner, Fronçois Couturier (3); Paul Lay "Alcazar Memories trio" (9);

Naïssam Jalal by Paul Evrard

Naïssam Jalal "Quest of Invisible" feat. Claude Tchamitchian (10)   (photo)
Un jour de blues à Bamako (13); D. Neerman, L. Kouyaté, K. Warren, Ensemble Sequenza 9.3 (15);
Django Memories 4tet (16)


Tout le programme
Infos pratiques


09 octobre 2017

Joëlle Léandre et Phil Minton (Fou Records FR-CD 24)

Joëlle Léandre et Phil Minton (Fou Records FR-CD 24)

Dès les premiers instants, le ton est donné : ce sera irruptif, tellurique et sombre.

La voix incroyablement ductile, multiple de Phil Minton. Les tremblements de terre à l'archet de Joëlle Léandre. Puis l'accalmie, relative. On s'étonne presque de retrouver le sifflement comme expression vocale, glissant vers les grognements, les raclements, les proto-discours, un pseudo chant, archaïque. Joëlle Léandre accompagne ces diverses embardées, les anticipe, les provoque, le plus souvent à l'archet, mais aussi en pinçant ses cordes et, bien évidemment au chant, montrant s'il en était besoin son talent dans un tel registre, avec des intonations de diva : un pur dialogue, au sommet.

Une voix dans le désert, ou dans la nuit, des sons étranges pour une phase toute en retenue, en touchers subtils, en esquisses d'halètement, les sons de l'archet et des cordes vocales des deux rebelles se faisant par instants indiscernables.

Et puis une esquisse de discours, qui se veut véhément, où bien des registres vocaux de Phil Minton sont invités. La diva revient, impressionnante, pour un opéra inconnu, lointain. Puis un poème, à la diction indistincte, d'une jeune femme fragile qui avance, vers où ?

Ainsi va "Si, lence" première pièce , la plus longue de l'album. Suivie de "is"et de "bluish"

Deux figures majeures de la musique improvisée font la fête l'un à l'autre, et nous invitent à une errance toute d'associations d'images, de télescopages, dont on se croyait incapables. Ils catalysent un talent dont on se croyait dépourvus. Ils font de nous des poètes pour ce rêve éveillé. D'où peut-être la référence à Tristan Tzara, dont un extrait de "L'homme approximatif" tient lieu de note de pochette.

Peut-être aussi, nos deux amis se sont-ils préalablement emparés de ce texte comme d'une partition en lettres, et de ces collisions ininterrompues d'images comme d'un tremplin à leur propre sensibilité ... avant de propulser la nôtre.

C'était lors d'un concert chez Hélène Aziza, au 19PaulFort.

Joëlle Léandre et Phil Minton (Fou Records FR-CD 24) verso



Retrouvrez toutes les chroniques d'albums : CD etc.

Posté par dolphy00 à 07:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

06 octobre 2017

Jazz sur Seine du 13 au 28 octobre 2017

Jazz sur Seine du 13 au 28 octobre

jazz-sur-seine-2017-sm

Un festival énorme en nombre de concerts, mais aussi en ce qui concerne la notoriété des musiciens qui y participent : 180 concerts - 30 de plus qu’en 2016 - qui mobiliseront quelques 450 musiciens dans 25 lieux répartis équitablement entre Paris et les autres départements de l’Ile-de-France.

"Les premiers artistes confirmés :

Dianne Reeves, Tigran Hamasyan, Lucky Peterson, Jacky Terrasson-Stéphane Belmondo, Sarah Mc Kenzie, Louis Winsberg , Leïla Martial, Steve Potts, Naïssam Jalal,…"

Qu'on me permette de signaler aussi certains autres artistes en guise de sélection très personnelle :

sylvain-kassap-octobres-lg

* le 13 (Comptoir) : Sylvain Kassap / Octobres
* le 14 : Fabrice Martinez "Chut !" (Le Triton)
* le 15 (Comptoir) : Denis Colin "En partance" 6tet
* le 16 (Dynamo de Banlieues Bleues) : Julien Desprez - Rob Mazurek + Twins (The Bridge#0)
* les 17 et 18 (Petite Halle) : Steve Coleman Five Elements & The Metrics + Magik Malik Fanfarexp
* le 18, jazz mainstream au New Morning le 18 avec un trio de célébrités : Pérez / Patitucci / Blade
* le 19, au Carré Bellefeuille, Jacky Terrasson avec Stéphane Belmondo "Mother" (album de ballades)

cine-concert-andy-emler-sequences-en-serie-pour-3-brigands-lg

* le 20, au Triton : ciné-concert Andy Emler - "séquences en série pour 3 brigands" avec Marc Ducret et Claude Tchamitchian.
Aussi le 20, mais au Comptoir, Naïssam Jalal & Rhythms of Resistance
* le 22, Ateliers du Chaudron : Steve Potts invite le trio de Jobic le Masson . Un must !

* les 23, 24 et 25, Pierrick Pedron 4tet "Unknown"
* le 25, à la Dynamo, une probable soirée mémorable : Luc Ex Assemblée + El Omblogo
* le 27, au Sunset, Pierre Durand "Roots" 4tet

Dans le même temps, des showcases pour présenter de nouveaux projet ...

05 octobre 2017

La Belle Ouïe 11 & 12 octobre 17

Festival La Belle Ouïe oct 17 - Affiche1

"Ballets sonores et autres fantaisies à ouïr… Populaire, savant, libre ou inclassable, le festival La Belle Ouie propose un plateau effervescent, sonore et musical qui accueille des figures pionnières et émergentes de la chanson, du free-jazz, de l'improvisation."

Festival La Belle Ouïe oct 17 - Affiche2

5 spectacles et une conférence.
* m
ercredi 11 Octobre :

Emile dans la Nuit un spectacle jeune public à la lumière ultraviolet, marionnettes et musique. Par la Cie Azabache, Travail collectif de Lara Navarro, marionnettiste, Karl Naegelen, compositeur, Claire Monciero, flûtiste et Aurélie Saraf, harpiste.

Un Atelier / Conférence originale autour de l’Oulipo sera donnée par Dominique Bonafini...

Ayumi Mori offrira un solo de clarinette intense et original autour d'oeuvres contemporaines .

 Ô Brigitte !  la bande des Musiques à Ouïr donnera à découvrir des interprétations de chansons et musiques sur le thème de l’Amour et de l’Anarchie. 

Chant : Loïc LANTOINE, Oriane LACAILLE, Agathe BLOUTIN / Percutterie, guitare, chant : Denis CHAROLLES / Harpe :  Aurélie SARAF / Clarinette basse, saxophone baryton, flûte traversière :  Julien EIL / Accordéon, guitare, chant : Claude DELRIEU / Clarinette : Ayumi MORI / Saxophones : Matthieu METZGER

* jeudi 12 Octobre :

Les Os Ouissent Trio dévoilera ses nouvelles propositions Oulipiennes et francophones. Thibault Cellier, contrebasse. Denis Charolles, chant, batterie, trombone. Julien Eil, flûte, saxophone baryton, clarinette basse& Dominique Bonafini au chant

Chantier Public, Albert Marcoeur nous offrira un tout nouveau spectacle en trio, sans doute très surprenant, à la hauteur de l’oeuvre gigantesque qu’il a déja offerte depuis ses débuts.

Albert Marcœur : textes, table sonore - Yves Magne : dessins, illustrations - Ronan Le Gouriérec : saxophone baryton, bombarde.

La Belle Ouïe 11 & 12 octobre 17

rendez vous sur Le site du Festival 

 

 

04 octobre 2017

Workshop de Lyon mi-centenaire

Workshop de Lyon

Un demi siècle que dure cette aventure . Alors on pense connaître et on se dispense de réécouter.
Ce n'est pas le choix de Quentin Rollet qui a décidé de fêter ces 50 ans par une série de publications : des enregistrements, des photos, des chroniques, des dates de concerts.

Workshop de Lyon - articles


Une page Facebook lui est dédié : https://www.facebook.com/WorkshopDeLyon/

Sur cette page, pour le mois de juin, une cassette BASF pour l'enregistrement du concert du 28 juin 1978, il y a donc près de quarante ans.

Un régal ! Une déferlante musicale ! Un free énergique, mais n'est-ce que free ?
Et puis il y a "Nobody knows ..." en traduction francaise et version musicale très libres. Peut-être une sorte d'hymne ou d'auto-dérision récurrente.
C'est en tout cas sans le moindre complexe, l'humour en sus, délivré par ces quatre copains talentueux :

Jean Bolcato : contrebasse
Maurice Merle : saxophones
Christian Rollet : batterie
Louis Sclavis : clarinette basse, saxophones

En fait de cassette, un traitement de la bande son pour une écoute d'aujourd'hui sur Bandcamp
http://workshopdelyon.bandcamp.com/album/aix-28-06-1978

Vous n'aurez donc pas, entre autres, ces "délicieux" pré-échos qui s'accrochent à nos cassettes avec le temps.

Sur ce même site, six autres concerts sont proposés. Et peut-être y en aura-t-il d'autres. Douze ? Treize (un rab pour Noël) ? Allez savoir avec ce fou de musique qu'est Quentin Rollet.

Un regret : l'absence de la playlist

À l'occasion de ce mi-centenaire, la réédition des albums de ce groupe, augmentée de l'enregistrement de certains de leurs concerts : 6 cds, 40€, chez bisou-records

Workshop de Lyon coffret CDs

Et en bonus, Louis Sclavis faisant la promo du coffret

Workshop de Lyon Louis Sclavis

 

Tout Jazz sur le web

02 octobre 2017

Xavier Camarasa (p) & Jean-Marc Foussat (synth) "Dans les courbes" FR-CD26

Camarasa - Foussat recto

De courtes rafales de notes au milieu de boucles électroniques, de nappes aux multiples textures : le piano comme instrument mélodique est encore présent dans les dix premières minutes de "L'immensité des instincts". Mais bientôt c'est l'instrument de percussions qui s'installe, parfois des clusters aux notes graves, faisant penser à une batterie, d'autres fois des frappes sèches et répétés (sur le bois ? sur des cordes étouffées ?). Des trames complexes, ponctuées de frappes (ou de notes) répétées, des boucles obsessionnelles, des semblants de voix ... C'est le début véritable d'une errance imaginaire à deux. À trois, en fait, avec vous, ou moi.

Des bruits de pas, qui se délitent. Des grondements devenant stridences. Des frappes métalliques et obstinées. Le piano devient méconnaissable. Et c'est l'infinie flexibilté du synthétiseur qui charrie de nouvelles trames, de nouveaux paysages acoustiques dans lesquelles le piano peut entrelacer ses propres bribes de discours, répétées en boucles irrégulières, ses frappes délicates ou assourdissantes. Du moins, on peut le croire, mais les frontières instrumentales se font ténues. On s'égare de temps à autres. On nous égare assez souvent. Des séquences sonores répétées, allant s'altérant, allant crescendo, parsemées de vagues plaintes, avant que de s'éteindre.

"Là bas, où tout n'est qu'eau" : un titre déjà déclencheur de rêves pour la seconde pièce de l'album. Même outillage pour cette randonnée imaginaire, mais peut-être une présence encore plus implacable, une interaction plus aboutie, des bifurcations plus inattendues. Des efflorescences d'images sonores d'un monde industriel déshumanisé, de machines incongrues devenues non maîtrisables. Puis une accalmie faite de notes acidulées. Des frappes répétées et le tourbillon sonore se réinstalle, complexe, fascinant.

On ne sait dans quel ordre ces pièces ont été enregistrées, mais le sentiment domine que ce duo progresse, et progressera encore au fil des rencontres, sans épuiser les errances possibles.

En écoutant cet album, on découvre l'étendue de notre imaginaire, savamment manipulé par ces deux deux sorciers, ces deux sourciers.

Camarasa - Foussat verso

 

Toutes les chroniques d'albums : CD etc.