Jazz à Paris

13 mai 2021

Sabu Toyozumi, Rick Countryman «Masaki Castle Tower » (ChapChap)

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Rick Countryman a quitté les USA et son terreau fertile du jazz pour faire sa vie aux Philippines, loin de ses pairs. Mais certains musiciens viennent sur ses terres et l’y rencontrent, comme le batteur suisse Christian Bucher, occasions de graver de superbes enregistrements. Rick prodigue un Free rugueux, rauque parfois, lyrique, une musique de  rencontres, de l’instant, spontanée.

Sabu Toyozumi est ce drummer de légende ayant été l’une des figures essentielles de l’émergence d’un Free japonais original, une forme d'appropriation aux multiples conséquences, dont une part de la radicalité nippone actuelle. Il a été un très proche de Kaoru Abe, un saxophoniste d’exception, à la carrière aussi courte que fulgurante.

Ce drummer est aussi un infatigable voyageur, allant à la rencontre des autres, aussi bien en Afrique, aux USA et ailleurs dans le monde. À 78 ans, on pourrait s’attendre à un relatif recul, il n’en est rien. Il voyage encore. Lors de sa récente visite au Philippines, en mars 2020, cinq albums ont été enregistrés. Manifestement, ils avaient beaucoup de choses à se dire, à nous dire.

Entre les deux, une amitié, un compagnonnage s’est installé, et a conduit à la publication d’une dizaine d’albums en assez peu d’années.

Ils ont souvent joué avec le bassiste, Simon Tan, et plus récemment avec le turbulent Yong Yandsen (ts), mais ils ont aussi pris l’habitude de se retrouver en duo. Cet album en est le quatrième exemple.

Ici, les jeux respectifs vont à l’essentiel. 

Sabu Toyozumi, en vénérable qui refuse son âge, percute hors de tout tempo, avec une dynamique des frappes, une subtilité qui laissent pantois, et qui désespèrent les preneurs de son. Il fait musique de tout choc, de tout désordre apparent, avec la malice du chenapan.

C’est pour le saxophoniste l’occasion d’une expressivité sur le fil du rasoir, d’un phrasé qui parcoure les timbres, les strates harmoniques, les suraigües. 

Ils dédient ici un hommage appuyé à Kaoru Abe, après celui consacré à Mototeru Tagaki, autre figure marquante de ces années 70, dans un précédant album en duo, « Sol Abstraction ». Dans cette « Ode to Kaoru Abe », les frappes sont déstructurées, avec des friselis, des ponctuations, une forme de retenue n’excluant pas quelques éclats. On retrouve cette déférence au sax, la profondeur de l’hommage, ces phrases éraillées, ces timbres qui dérapent, pour progressivement développer un duo d’une belle intensité puis un solo de batterie qui rappelle par moments certains maîtres d’antan.

On retrouve cette expressivité dans la piste qui donne le titre à l’album, « Misaki Castle Tower », et qu’on va déguster ensemble. 

Cette rencontre épurée entre Sabu Toyozumi, le magicien des frappes, et son ami Rick Countryman, est l’illustration de ce que le jazz peut apporter de convergence entre des parcours pourtant bien différents, d’étincelles de l’instant. Sabu Toyozumi développe là un jeu comme distillé, souvent déstructuré, avec des frappes posées dans l’espace comme des balises aléatoires ... et millimétrées. De purs présents offerts à Rick Countryman qui trouve là l’occasion de déployer un lyrisme intense. 

Une réussite de plus pour le label ChapChap de l’infatigable Takeo Suetomi, à qui l’on doit bien des trésors.

PS : l'illustration de pochette est due à Sabu Toyozumi 

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10 mai 2021

Roberto Miranda’s Home Music Ensemble « Live at Bing Theatre, Los Angeles 1985 (Dark Tree RS 14)

 

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Dark Tree (Page Bandcamp) sort peu d’albums, mais ces derniers sont chaque fois salués. Ce label s’est spécialisé dans les musiques improvisées. Depuis 2015 cependant, sont publiés des enregistrements inédits du passé, dans la collection Roots Serie : voir en particulier le premier de la série : « No U Turn » de Bobby Bradford et John Carter 5tet, enregistré en 1975, avec déjà un certain Roberto Miranda à la basse.

Le concert eu lieu en 1985. Dolphy, Coltrane, Ayler étaient déjà partis. Demeuraient comme grandes figures initiales Ornette et Cecil (pardon pour les autres). On pouvait alors craindre la disparition du Free mais de nouvelles initiatives, dont celle de Sam Rivers avec les cinq « Wildflowers » enregistrés à New York en 1976, révélaient un lot de de nouveaux talents qui prouvaient le contraire et relançaient la dynamique.

Pour autant, les flamboyances du hard bop demeuraient vives. Il était donc fréquent que le Free se mâtine de Bop et que le curseur fluctue. De plus ici, la musique latino s’invite, probablement en raison de l’héritage culturel du leader, Roberto Miranda.

Dans ce nouveau Dark Tree, nous retrouvons trois des leaders de cette «Roots Serie», Bobby Bradford, John Carter et Horace Tapscott, ainsi qu’une autre figure de cette scène bouillonnante de Los Angeles, James Newton. 

Et le résultat est débordant de sève.

Dans la première piste, « Platform for Freedom », Roberto Miranda (b) impulse un tempo d’enfer que chevauche hardiment Horace Tapscott (p). Ici pas de demie mesure. Le clavier ouvre d’une manière impérieuse, incisive, semant à foison des dissonances. Et c’est le boss. Un duo avec la batterie (Luis R Miranda Jr ?)  lui donne l’occasion de virevoltes, de nouvelles gambades amusées avant de laisser son compagnon face à lui-même et à sa panoplie de roulements.

Une voix non entendue depuis longtemps s’élève du pupitre des quatre vents, celle de la flûte de James Newton (fl), qui piaffait déjà dans les unissons et qui là se libère enfin. Une section rythmique en retrait mais terriblement efficace accompagnent cet envol souple, mélodieux, avec de subtiles nuances de timbres. Roberto Miranda, en hôte omniprésent, lui offre contrechants et assises rythmiques avant le retour du mini big band. C’était « Faith ».

Si cette formation compte quatre vents, elle dispose aussi de quatre (voire six) percussions. Ces dernières ouvrent la pièce suivante, « Agony in the Garden », sur un leitmotiv de quatre notes au piano et à la basse. Dans cette orgie de frappes à l’assise rythmique bien charpentée, les vents propulsent des geysers indépendants, libres, des efflorescences mingusiennes, desquelles surgit à nouveau James Newton avec ses circonvolutions, ses pépiements, ses amples survols des cimes. Les autres miaulent parfois, griffent, lacèrent l’espace mais l’oiseau est bien haut.

Les quatre vents se succèdent sur « Deborah Tasmin », un blues aux accents vaguement churchy, de la Great Black Music diraient certains. Un solo lyrique de Thom David Mason (as), un autre fouillant davantage les timbres de Bobby Bradford (cornet), un échange entre un David Bottenbley (eb) aux quasi riff crépitants et les percussions, puis un magnifique duo entre John Carter (cl) et James Newton (fl) sur une rythmique effervescente. Cela prend les allures d’une suite, d’une composition faisant penser à Mingus, à certaines de ses couleurs.

Roberto Miranda nous offre ensuite une longue improvisation de basse dont il aime faire résonner les cordes, le bois. Les cinq minutes de la pièce passent bien vite tant il varie les sollicitations de son instrument, tant il déploie son agilité et son talent mélodiste.

Après une introduction longue et trés travaillée, aux équilibres subtils, mettant en avant la trompette de Bobby Bradford, Horace Tapscott commence d’attiser les braises de ce feu d’artifice qu’est « Prayer », la pièce la plus longue et que Dark Tree propose en libre écoute, peut-être la pièce maîtresse de l’album. Plutôt que d’en parler, autant l’écouter 


Bertrand Gastaut, le créateur du label Dark Tree, est un collectionneur. Il publie sur FaceBook des photos de cette époque héroïque où le langage actuel s’est forgé, des affiches et des affichettes qu’on n’appelait pas encore des flyers. De même, il nous fait profiter de ces musiques qui n’avaient pas encore été publiées, on se demande bien pourquoi. On s’aperçoit qu’au-delà de l’urgence de découvrir et de soutenir les créations d’aujourd’hui, il faut aussi se replonger dans ces cavernes aux trésors insensés, dans des archives qui risquent d’être oubliées. Et cet album est de ceux là. Il est flamboyant. Il rappelle que le jazz n’est pas limité à quelques figures clé et que nombre de créateurs d’alors étaient mû par le désir irrépressible d’ouvrir de nouvelles voies, de nouvelles brèches, sans renier leurs attaches. Il rappelle aussi que le jazz est une fête.

Roberto Miranda (b, congas), Bobby Bradford (cornet, tp), John Carter (cl), James Newton (fl), Horace Tapscott (p), Thom David Mason (as, ts, bcl), Louis R. Miranda, Sr (voc,, perc), Louis R. Miranda, Jr., (dm),  Elias "Buddy" Toscano(dm, timbales), drums, timbales), Cliff Brooks (timbales, congas, bongos), David Bottenbley (g, eb, perc, voc)

PS : Un très interessant livret accompagne ce disque, en anglais. On en trouvera une forme de synthèse sur France Musique https://www.francemusique.fr/jazz/jazz-trotter-roberto-miranda-live-bing-theatre-95164

 

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05 mai 2021

Lynn Cassiers, Alexandra Grimal « Hybrids - Hi Birds »

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À lire Lynn Cassiers [1], Hybrids serait le nom du duo qu’elle forme avec Alexandra Grimal, et Hi Bird celui de cet étrange album.

Il allie voix (traitée ou non), électronique et sax. En soi, de telles formations n’ont rien d’hors norme aujourd’hui. En revanche, ce qui accroche l’attention, c’est le parti pris minimal, délicat, poétique qui anime les deux musiciennes. 

Nul besoin d’affirmation, de puissance, d’explicitation pour que l’intérêt soit vite suscité.

Des oiseaux électroniques pépient discrètement, d’une manière répétitive, des souffles mêlés de vibrations du corps du sax, des ronflements doux, des lignes qui serpentent sans véritables directions, des brouillages légers, quelques mots susurrés sur un texte d’Antoine Cegarra. Le souffle du sax se mêle au drone électrique, aux micro crépitements, aux doux battements cardiaques du flux, quelques clochettes et le poème encore. Ces «Unihabitaded Spaces » viennent de s’engouffrer dans votre esprit, peut-être une forme de clin d’œil à l’épopée onirique des « Espaces Inhabitables » de François Bayle.

On pourrait craindre que ces partis pris conduisent à une forme de musique assez uniforme. Il n’en est rien. Les changements de pieds, de couleurs, d’ambiance, de timbres, de références esthétiques sont au rendez-vous, mais cette délicatesse, cette errance onirique nous accompagnent de bout en bout, en prenant des formes différentes. On y retrouve la douceur un peu acidulée d’Alexandra Grimal, son attirance pour le rêve éveillé, un quasi hypnose des mots et des télescopages d’images, la voix comme vecteur supplémentaire de son expression artistique, son goût des chemins de traverse. Connaissant moins bien Lynn Cassiers, les références me manquent un peu : un forme d’encouragement à faire plus ample connaissance [1]

Elles vagabondent en trans frontalières des esthétiques, des paysages oniriques, des granulations sonores. Ne rien faire d’autre, fermez les yeux, affûtez vos oreilles et lâchez tout. 

Accompagnons un moment ces méduses ...

 [1] Lynn Cassiers https://lynncassiers.com

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03 mai 2021

Ivo Perelman, Matthew Shipp « Special Edition Box »

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Ivo Perelman a publié plus d’une centaine d’albums. Si son jeu est immédiatement reconnaissable, chacun de ces enregistrements apporte son lot de surprises, en partie en fonction de la personnalité des musiciens qui l’accompagnent et qui comptent naturellement parmi les meilleurs. Dans ce coffret, il est en duo avec Matthew Shipp qui semble se faire une spécialité d’un compagnonnage sur la longue durée avec des saxophoniste hors pair, le précédent étant le très regretté David S Ware.

L’actuel duo est comme une formation pivot, l’une de celles sur laquelle Ivo Perelman revient souvent, sûrement la plus prolifique. 

Difficile de s’y retrouver parmi ces productions foisonnantes n’était-ce l’ouvrage de Jean-Michel Van Schouwburg, « Embrace of the Souls », qui est inclus dans cette riche « box ». On le sait être un chanteur très original et un fin connaisseur de la scène de l’improvisation [1]. Son ouvrage, d’une cinquantaine de pages, est une forme de déclaration d’amour à leur musique. Il raconte ses premiers contacts avec celle d’ivo Perelman, puis focalise sur ce tandem si singulier. Son analyse des différents albums est d’une érudition, d’une accuité saisissantes. Il sait trouver les mots pour dire ce que vous ressentez plus ou moins confusément, renforçant si besoin était le sentiment que chacun d’eux est spécifique, indispensable. Mais qui peut se les offrir tous ? Demeure l’instillation d’un désir tenace d’y parvenir, un jour, ou à défaut, celui de compléter sa propre collection le mieux possible. Demeure aussi cette ouvrage de référence, indispensable à chaque plongée dans les enregistrements passés, qu’il faudra bien un jour compléter à l’occasion des futures publications, et qu’il faudra aussi un jour publier en français. Une écriture dont le style reflète parfaitement cette passion musicale. 

Quelques accords au clavier, à l’intensité millimétrée, distendant délicatement les harmonies, puis le souffle du sax, aux dérivées multiples diraient les mathématiciens. Des vibratos amples, une suavité, une tendresse qui nous font accepter ses glissements immédiats hors des repères, les tutoiements des suraigües, des stases de souffles ou sur une seule note, nous faisant faire le grand écart avec une bonne part de l’histoire du jazz. Les déséquilibres savants, les attaques changeantes au piano, des passages  souples de percussions aux douceurs du toucher, tout est là pour ouvrir des voies possibles ou pour souligner la voix du sax. C’est ce chant enjôleur qui ouvre l’album, avec un titre prosaïque, Track 1. 

Mais ce registre laisse la place à des accords plus martelés, à un chant plus véhément, sur la piste suivante (Track 2, évidemment), pour aborder ensuite une quasi danse sur la piste 3, des interjections, des grands tremblements, des sonnailles, des martèlements au clavier, de grands écarts chromatiques ou des tourbillons espiègles au sax. 

Bref on ne s’ennuie pas.

Ça siffle fort d’emblée sur la piste 7, avec des amplitudes agiles pour un grand chant qui se ressource en permanence, passant de couinements à des caresses suaves, le piano comme diffusant des nuages de notes, des réverbérations, des clochettes aux dissonances savantes, des balancements. Une courte pièce, marquante ... mais cet album nous réserves bien d’autres séductions. 

On ne peut parler de chacune des 12 pièces, sous peine de lasser, alors on en sélectionne une ... mais la suivante nous faire regretter ce choix, comme ce jeu absolument étourdissant entre les deux artistes sur la piste 11. 

On sort savant grâce à la lecture du texte de notre ami chanteur, comblé par ces 52 minutes d’écoute du CD, mais un troisième cadeau nous attend dans cette box. Un DVD blue ray, captation d’un concert de plus d’une heure à Sao Paulo en 2019. Et là, la symbiose entre les deux artistes nous explose au visage, aux oreilles. Nous profitons de plus d’une belle prise de vue, de la danse des épaules de Matthew Sheep, de projections d’œuvres plastiques d’Ivo Perelman, des dentelles pianistiques entremêlées aux pépiements, aux tourbillons, aux mitrailles suraigües du sax, aux jeux incessants entre ces deux magiciens de l’improvisation. Une dernière partie étonnante avec Ivo Perelman en orfèvre de la seule embouchure du sax. Un concert brillantissime. Cela devrait donner des idées aux organisateurs en France de grands festivals, et vite ! 

Cette box est un must ! Éditée à 350 exemplaires seulement, elle a vocation à enrichir les collections des plus exigeants. Soyez du nombre.

Si votre disquaire favori ne peut vous la procurer, vous pourrez la commander en ligne là pour 35€ https://smprecords.bandcamp.com/album/special-edition-box

[1] lire son interview sur citizen jazz https://www.citizenjazz.com/Jean-Michel-Van-Schouwburg.html

Il n’y a pas d’extrait en libre écoute. Je vous propose donc de visionner, d’écouter, un enregistrement live de ce duo, datant de juillet 2019, manière d’attendre la livraison de votre box.

 

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29 avril 2021

Makoto Sato, Michel Kristof, Julien Palomo « Heaven of Discontent »

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Julien Palomo (synth) et Michel Kristof (g) enregistrent en duo sous le nom de « Other Matter ». Ils se sont souvent retrouvés chez Makoto Sato (dm) pour des concerts à domicile. Outre le plaisir qu’ils ont prodigué au public, ils ont pu ainsi rôder sérieusement leur trio. C’est pourquoi ils avaient déjà publié en 2018 un album live (voir playlist de Makoto Sato), « qui dévie de l’impro, de l’electro, et de bien d’autres choses pour se frayer un chemin spécifique ».

Et aujourd’hui ils récidivent, avec un brin d’humour et de tendresse. D’abord avec ce titre «Heaven to discontent » (paradis du mécontentement selon Google), puis ce « Prelude to a slap » (un pied de nez au célèbre standard) et « I remember Oki », la tristesse du départ de notre Itaru, en écho à celui, plus lointain, d’un autre trompettiste éblouissant, Clifford Brown.

La musique reste inclassable. On retrouve chez Julien Palomo ce mélange de strates brouillées envahissantes, provocantes, de tourbillons parfois comme avalés, quelques images sonores telles ces gouttelettes enserrées dans un magma, le feu et l’eau si proches (un salut à B. Parmegiani ?). 

Dans «Prelude To a Slap», on aurait pu s’attendre à une guitare soit enjôleuse (Prelude To a Kiss) soit claquante (le dit slap), mais c’est un Michel Kristof à la fois rebelle, revêche ... et presque timide, qui rôde autour de la batterie, qui brasille au voisinage du synthétiseur, qui déverse des micro rafales acides, des stridulations à moitié contenues sur les cordes. Lors du thème dédié à Oki, il nous prodigue un chant hors format, d'un lyrisme qui s’affranchit des codes.

Makoto Sato, quant à lui,  nous martèle des frappes sans repère de tempo, nous asphyxiant presque. Il déverse des éboulements rocheux, des avalanches chaotiques. Il bouscule cette musique, l’encourageant à sortir de toute balise. 

Encore un chant étrange, un peu lointain, brouillé, pour « Heaven of Discontent », des quasi pépiements, des ronflements, des agrégats de matières sonores, des notes répétées sur les cordes, une forme de chant introspectif, sans direction. Le tapis de bombes de Makoto Sato se met alors en place. Un maelstrom de stridences, de percussions, de mitrailles.

Une accalmie relative survient sur la dernière piste, « It Starded To Snow ». Avec un titre pareil, on s’attendrait à l'évocation d’une certaine nature, mais ce trio nous a habitué à des pieds de nez. Un univers quasi sidérurgique où guitare et cymbales se rejoignent, un mouvement assez lent, des notes claquées, des crépitements de cordes, une proximité qui fait perdre tout repère entre guitare et synthétiseur, et des frappes sourdes et continues sur les peaux, comme si le cœur de cet animal étrange allait rompre. 

C’est un album qui nécessite une écoute exclusive, attentive. À ce prix, l’hypnose se déploie, l’intérêt est cadenassé, l’addiction pour cette musique rebelle s’installe. Le corps, les muscles sortent un peu tétanisé par l’énergie  des flux, des discours, par la profusion des timbres, sans verser, à mon sens, dans la Noise. Nous profitons là d’un compagnonnage entre de (relatives) jeunes pousses qui œuvrent dans les marges et un talent du Free, de l’impro, confirmé de longue date. Mais ce dernier ne s’en laisse pas compter. Il propulse le groupe et nous captive. Tous trois défrichent, dans un mix de délicatesse et de sauvagerie, un peu hors des repères de chacun. Une musique qu’il faudrait savourer à proximité immédiate des musiciens, peut-être un jour à Aulnay-sous-Bois sous Bois, mais pour le moment de bons casques feront l’affaire. 

Le titre complet de l’album : « if hell is full of good meanings, then Heaven must be filled with discontent »

Un avant goût ?

Et pour ceux qui en voudraient davantage, un bonus track numérique est disponible : 

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26 avril 2021

Michael Attias, Gaël Mevel, Thierry Waziniak « Trio Alta » (label Rives 106)

 

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Cet album est proposé par deux artistes de la scène de l’improvisation, Thierry Waziniak (dm) et Gaël Mevel (vlc), ainsi que par un trans frontalier aussi au plan géographique qu'à celui des esthétiques du jazz, Michael Attias (as) [1]. Ils nous invitent à re parcourir six compositions, sur les neuf de l’album, issues d’autres traditions : Maurice Ravel, Josquin des Prés, Manuel de Falla, Ernest Bloch, Charles Dumont. Difficile a priori de concilier ces dernières entre elles et avec l’improvisation libre. De fait, on est dans une forme d´épure des thèmes, dans une osmose des esthétiques et dans un ailleurs poétique et sensible. Trois thèmes originaux sont de Gaël Mevel et soulignent cette atmosphère délicate.

Dans cette perspective, le trait mélodique est souvent pris par Michael Attias qui sait en extraire un alcool insidieux, au prix parfois d’un dérapage des timbres, comme des fêlures qui en dévoilent les texture intimes, amorces d’errances aux parages de l’improvisation libre. 

Gaël Mevel s’y mêle aussi, mais il se signale souvent comme coloriste, comme messager de sentiments mêlés, comme celui qui fait tanguer l’âme. Ses cordes claquent parfois, s’offrent des tremblements, évoquent même par instants un jazz lointain, mais le plus souvent, c’est l’archet qui déploie ses résonances affectives. 

Thierry Waziniak est ailleurs encore. Pas de tempo, nulle pulsation régulière. Il nous propose des ponctuations, des lumignons dans l’espace alentour par des frappes légères, des poussières stellaires, des constellation de timbres. Une forme de sculpture du  silence. Une économie de moyens pour nous toucher davantage. Peut-être est-ce un vestige de l’écoute de Paul Motian à qui l’un de ses derniers albums a été dédié. https://waziniakthierry.bandcamp.com/releases

Choisir l’un de ces moment n’est pas aisé. Autant retenir la dernière pièce, « L’énigme éternelle » de Maurice Ravel, dont ce dernier a composé deux versions, l’une pour voix et piano, l’autre pour violoncelle et orchestre. Ici, c’est le violoncelle qui est à l’œuvre pour une très délicate ré invention de ce chant. Deux minutes initiales où Gaël Mevel fait claquer ses cordes, où il nous distille un parfum secret, dont les effluves  se propagent longuement dans nos synapses, avant les fêlures d’un Michael Attias sur la crête des timbres, de la mélodie. Une fois de plus, Thierry Waziniak déploie ses touches minimales, cette science des couleurs, des matières, cette discrétion qui nous fait savourer chaque choc, chaque vibration. 

Profitons-en

Trois personnalités à la sensibilité vive pour inviter, réinventer des compositions du passé, hors du jazz, et pour en proposer d’autres tout aussi délicates. Une musique à savourer hors des sollicitations externes.

Un cadeau supplémentaire : la pochette. Toutes sont des créations différentes. Elles sont d’une sorte de caoutchouc aimanté qui assure l’adhérence des deux côtés. Pensez à ranger cet album de face.

[1] Lire présentation sur le site de Michael Attias

Ainsi que le portrait dans Citizen Jazz

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22 avril 2021

« Where Is Mr R ? » : Augustin Bette, Basile Naudet, Luca Ventimiglia (2035 Records)

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Un album en forme de gageures multiples. Il s’agit, en effet, de tenter de répondre à la question : comment la mémoire des musiciens restitue-t-elle une pièce improvisée ? Dix neuf impros (petit clin d’œil à Prevert), toutes durant à peu près quinze minutes, seules les deux dernières étant reproduites ici. Cela fait naturellement penser à «El Memorioso
» du 5tet de Nicolas Souchal.

Et puis ce titre : qui est donc ce mister R ? Roscoe Mitchell dont on retrouve le son rauque, abrupt, en particulier lors de ses solos, et qui est cité sur un petit bout de papier (vert), pas dans les notes de pochettes (d’ailleurs, il n’y en a pas) ? Ou R comme répétition, réminiscence, recommencements, ou ... ? Et pourquoi chercher à savoir où il est ? D’ailleurs, ce titre est remplacé dans la communication du trio par les initiales, « WIMR ?! » [1].

Et puis a-t-on vraiment besoin de connaître R ou le concept du projet pour écouter cette musique ? Là, joker ! À vous de dire.

Revenons donc à ces improvisations. L’interrogation d’abord lors de la première écoute : deux, trois, quatre notes au sax de Basile Naudet, dans des phrases quasi répétitives, des éructations plutôt, éjectées éperdument, comme des cris désespérés, sans fin, comme si rien d’autre n’était possible, avec des mutations à l’allure d’une génétique déréglée, comme si la fatigue faisait dérailler tout, une forme d’entropie inéluctable.

Ce sentiment est accentué par la répétition des frappes, avec des hoquets, des trébuchements, des dérèglements, un peu à l’image des phrases du sax. Il en résulte curieusement un chaos de chocs, des éboulements erratiques, sans fin sur la batterie d’Augustin Bette. Là, pas de balancement, pas de rythmique, pas de respiration possible. Un sentiment d’omniprésence similaire à celle des deux batteries de « Spy vs Spy » de Zorn. 

Et si le vibraphone de Luca Ventimiglia peut nous séduire par les douceurs harmoniques inhérentes à l’instrument, c’est bien le même phrasé qui est à l’œuvre. Ici les frappes sont comme des constellations, des illuminations de couleurs.

Et le pari mémoriel ? Il est en parti perdu, bien évidemment. C’est justement parce que l’improvisation libre est un jaillissement, un « élan vital » (Bergson), que le projet présente de l’intérêt. Si les deux pièces partagent bien la même esthétique, le même phrasé, les mêmes couleurs, la trajectoire aussi, les écarts se font jour dès le début. C’est un flux semblable qui nous emporte mais les convulsions mélodiques diffèrent. « Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » a dit Verlaine.

On peu à présent écouter la première piste, la numéro 18, en attendant que votre carte bleue aille frétiller chez votre disquaire favori, sur Bandcamp ou ailleurs, en attendant des guichets de club plus accueillants qu’aujourd’hui. 

 

Il y a une autre gageure, non explicite, faire une musique assez différente mais avec le même principe. C’est une forme générative qui est ainsi proposée, ce qui vous donnera l’occasion d’aller voir cette formation sur scène, aussi souvent que possible, comme cela a été le cas à Banlieues Bleues, le 8 février dernier. En prime, un zoom sur un Basile Naudet avec deux saxs.

 

[1] : Davantage que le nom d’un album, WIMR semble bien être celui de ce groupe, puisqu’il y a un autre album (numérique seulement ?) enregistré en 2017, avec Alexandre du Closel en invité :  https://2035records.bandcamp.com/album/where-is-mr-r-2

Puisque quand on aime, on ne compte pas, en voici un autre, de 2018, cette fois avec Aymeric Avice en invité :  https://2035archives.bandcamp.com/album/01062018

 

Ainsi, vous avez trois occasions de découvrir ces couleurs si particulières. Régalez-vous.

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19 avril 2021

« Stovelit Lines » Thurston Moore, John Butcher, John Edwards, Terry Day, Steve Beresford

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Cela fait déjà dix ans que le groupe de rock Sonic Youth s’est dissous, mais on continue d’associer Thurston Moore à cette formation  au succès mondial. Ce jeune homme de 63 ans a multiplié les collaborations dans différentes esthétiques musicales, y compris l’improvisation libre. J’ai le vague souvenir de l’avoir vu sur scène lors du festival Jazz à La Villette. En 2007 ? Avec Michel Doneda ? Peut-être.

On ne s’étonnera donc pas de le trouver associé à la fine fleur de la scène britannique dans des créations radicales. 

Un tel monstre du box office se permet aujourd’hui ce qu’il veut. Il peut donc à loisir illustrer la plasticité de son jeu, ou se frotter au plaisir de relever des challenges hors format.

John Butcher, frappé comme tout le monde par la paralysie de la scène en temps de pandémie, a publié cette année des enregistrements du passé sur Bandcamp, dont ce concert de novembre 2017 à l’Iklectic, avec ce 5tet remarquable.

Ce flux de 45 minutes est découpé en trois pistes. Une sorte de comète musicale à la traînée longue. Bien évidemment, avec un tel groupe, l’invention est partout, mais avec un souci de faire « son », une convergence protéiforme.

Une sorte de mitraille lente d’où surgissent des éclats, des stridences, des roulements, des balises scintillantes, particulièrement au piano. Les cordes de la guitare bourdonnent, pétillent, claquent, résonnent, cliquettent, entraînant des spirales successives au sax, des suraigües, des vibrations insensées, des éboulements sur les peaux, tout un maelstrom sidérant, alors que la basse balaie de grands coups d’archet ou fait crépiter les cordes, et bouscule le groupe.

Par moments, surgissent des échos d’un blues lointain au clavier, d’un chant feutré au sax, vaguement jazzy, en une nostalgie surprenante. Mais cela ne dure pas. La grande coulée primordiale, charriant toute sorte d’agrégats, reprend son cours inexorable.

Des moments d’une beauté rugueuse, intense, sauvage, irradiante. Une phase laissant une large place aux chaos sur les peaux, le métal, puis la fin survient brusquement, comme s’il fallait bien interrompre un jour ces musiciens qui ne veulent pas se quitter.

Pour vous en assurer, écoutons la dernière partie de cet enregistrement.


Un album intense, un de plus, de cette cette scène britannique particulièrement inventive. Ne vous en privez pas.

Une suggestion, abonnez-vous au site Bandcamp de John Butcher .

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15 avril 2021

Clément Janinet, Élodie Pasquier, Bruno Ducret « La Litanie des Cimes » (Gigantonium)

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Voici un trio qui pratique le grand écart entre notre géologie musicale aux couches enchevêtrées et la fascination de nouveaux spectres sonores de l’autre. Se servir de l’un pour transgresser, pour des frissons charnels nouveaux. Avec, en prime, des fragrances de voyages.

Qu’on prenne « Blues ». Le soleil écrasant du Sud profond, la désespérance solitaire, cinq notes répétées d’un côté, le quasi érotisme de l’alliage des timbres de l’autre. L’intérêt est accroché dès cette ouverture. Avec le titre suivant, « Ciel », des frottements stationnaires, des notes qui peinent à s’extraire de souffles, puis un motif répété de 4 notes qui nous ramène vers une Europe d’antan, alors que les deux archets créent un brouillage, un décalage vers un ailleurs indéfinissable. Un quasi drone  via les deux instruments «accompagnateurs», une faible amplitude chromatique mais un beau déploiement de timbres : le lyrisme de l’instrument soliste, ici la clarinette, trouve alors le terreau propice à son épanouissement. 

Le Sud profond, l’Europe, et bientôt un espace évoquant tout autant les gamelans d’Asie que les mbiras africains, une rythmique hypnotique qui surgit des cordes pincées du violon et du violoncelle, alors que la clarinette basse développe une ample mélopée.

Clément Janinet sollicite souvent son instrument d’une manière peu conventionnelle. Il aime à pincer les cordes de son violon, à faire crépiter ses notes, mais il retrouve l’archet pour une valse. Une sonorité décalée, un peu grinçante, une manière de distanciation. Un moment, sous l’impulsion de la clarinette d’Élodie Pasquier, cette danse prend une certaine ampleur, nous faisant esquisser quelques pas, un élancement du corps, mais inévitablement, cette valse dérape un peu, prend insidieusement une rythmique et des couleurs médiévales au violoncelle de Bruno Ducret, en une forme de contrepied aux tourbillons du violon, qui va de son côté humer le vent au large de l’Irlande.

On pourrait ainsi continuer d’arpenter les paysages inattendus que propose ce trio. Cet album finit d’ailleurs sur l’évocation d’une tradition japonaise, « Hanami », celle de s’émerveiller de l’éclosion des fleurs des cerisiers. Les séductions, les surprises jaillissent de cette réinvention de leur culture musicale, des souvenirs réels ou supposés, des influences d’ailleurs. Une manière de souligner l’extraordinaire plasticité de ce jazz qui n’en finit pas de tout digérer pour des recompositions originales. Une forme de pulsion vitale, régénérante. 

Un autre bel album de Clément Janinet à découvrir, si ce n'est déjà fait : Space Galvachers

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12 avril 2021

John Butcher, John Edwards, Mark Sanders : Crucial Anatomy

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C’est le 2e album de ce trio qui s’est donné un nom surprenant : « Last Dream of the Morning ». Chacun y mettra la malice qu’il voudra.

En tout cas, une musique vigoureuse, inventive, saisissante, qui bouscule nos sens.

Qu’il s’agisse de l’extraordinaire musicalité des frappes « négligentes » de Mark Sanders ou de ses crépitements erratiques, de l’agilité impressionnante, tumultueuse sur les cordes de John Edwards ou des sonorités rugueuses, vibrionnantes, par moments vaguement nasillardes du sax de John Butcher, tout dans « Free of Ghosts » nous déconcerte, nous chavire dès les premiers instants. Inutile d’espérer une quelconque stabilité des discours, l’impermanence est de règle. Le sax interrompt parfois ses introspections hypnotiques, ses quasi drones, ses pérégrinations sur les timbres, pour lancer des interrogations courtes, des esquisses de dialogue, auxquelles répondent, ou non, ses deux amis lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes engagés dans des phrases tourmentées, dans des illuminations de secteurs de l’espace. Même si l’attention est captée d’abord par le sax, les initiatives jaillissent de partout, nous magnétisent.

Un sax qui parcourt bien des nuances de crépitements, une batterie qui fait de même, des cordes qui frissonnent, des notes isolées, qui claquent, la fête repart dans « Curling Vines », pièce centrale, la plus longue, de plus de 30 minutes. Des ronflements graves qui peuvent aussi bien venir du souffle que des cordes, des chocs d’origine indiscernable, des accords graves répétés sur les cordes, des éboulis, des vibrations et de ce chaos surgit une boucle percussive, éraillée au sax qui se déploie, qui se dérègle dans une sorte de transe. L’hypnose demeure lorsque les tourbillons cessent, lorsque la tension s’amoindrit. C’est que notre groupe fait continument jaillir de nouvelles configurations, des geysers ou propose des séquences minimales, désarticulées, dans des phases transitoires entre percussions et cordes, avant que le sax les retrouve avec un vocabulaire particulièrement étendu.

Ce festival se poursuit avec la dernière pièce, « Spike Oil » qu’on peut écouter ici :  

John Butcher, John Edwards et Mark Sanders nous offrent là une musique étourdissante d’invention, de subtilité, toujours en mouvement, pleinement épanouie. Ils nous régalent de multiples nuances de timbres, de sculptures mouvantes, de convergences inattendues, de proximités déconcertantes. Tous trois sont ici excellents, avec une mention spéciale pour un Mark Sanders décidément dans une forme éblouissante. 

Concert enregistré au Café OTO, cet enregistrement illustre, si besoin était, la superbe vitalité de l'improvisation libre britannique. 

Un album de Trost Records, un label à suivre. https://trostrecords.bandcamp.com

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