Jazz à Paris

17 février 2020

Benjamin Duboc et Jean-Luc Petit au Bab Ilo (30 janvier 2020)

Pour voir l'album de cette soirée, il suffit de cliquer sur la photo (puis sur Diaporama)

JLP-BJ captation 4

Jean-Luc Petit et Benjamin Duboc travaillent ensemble depuis des années. Ils ont fouillé ensemble le registre des graves, l’un à la contrebasse, l’autre à la clarinette contrebasse. Bien des concerts ont été donnés dans cette formation. On en trouvera quelques exemples en bas d’article. Un CD a même été publié : This Is Not Art.

Outre l’exploration saisissante des ultra-graves par Jean-Luc Petit, ce qui caractérise son jeu c’est peut-être une fougue de tous les instants lors de ses concerts. C’est ainsi qu’on peut être interpellé par ses solos à l’alto, et peut-être davantage encore au sopranino, lorsque sa musique semble littéralement jaillir du groupe. 

En duo, les choses sont différentes : il ne peut y avoir qu’un dialogue. Et nouvelle différence, ce soir-là au Bab Ilo, on pouvait entendre le saxophoniste au tenor. On quittait donc les tremblements de terre ultra graves.

Une fois encore, c’est le flot ininterrompu des deux discours qui saisit. Durant presqu’une heure, il n’y a eu aucun solo de l’un ou de l’autre. 

Pour Jean-Luc Petit, ce fait est encore accentué par l’usage fréquent du souffle continu. Pendant certaines séquences, le sax n’était joué que sur peu de notes, voire une seule, les variations portant alors sur les granulations du son, la proportion de souffle, les éraillements sonores, les percussions, les claquements de bec, les balayages de l’anche devant le souffle, etc. Son art ne manque pas de vecteurs d’expression, d’autant qu’il sait jouer des nuances, des murmures. Et ce qui est recherché, au-delà du bonheur des irisations sonores, c’est une forme d’hypnose musicale, et la capacité à renouveler continûment son discours.

En ce qui concerne Benjamin Duboc, le son même de sa contrebasse, la manière qu’il a de la faire chanter, sont des plaisirs qu’il sait renouveler. On le sait, par ailleurs, très attentif à ses partenaires, aiguisant son écoute des autres et plongeant dans sa propre sensibilité. On retrouve ici sa vive attention mais pas les sollicitations les plus délicates de sa basse. Certaines de ses figures en effet, les caresses du balai, les frottements doux sur le cordier, les résonances, tout ce jeu au voisinage des bas volumes était réduit ce soir là. Les cordes pincées ou frappées, l’archet en percussion ou en frottements, telles étaient les principales ressources sollicitées, sans véhémence, souvent avec douceur.
Un extrait du concert :


Presqu’une heure d’un échange intense, sans temps mort, sans emphase. Le concert est toujours trop court avec eux.

On les retrouve ensemble, explorant les graves sur Bandcamp, et accompagnés de Makoto Sato au Bab Ilo, en 2016, cette fois JL Petit au sax alto. Peut-être un jour publierais-je d'autres extraits de ce duo, explorant les graves et ultra-graves.

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13 février 2020

Jojo Takayanagi - John Zorn "Expérimental Performance" (1986)

 

Exp Front

Un brûlot ? Qu’est-ce au juste ? Ce qui est susceptible de causer des dégâts, un scandale; spécialement journal, article polémique (Google)

Et cet album, encore un brûlot ? Non, un double. En fait, chaque face de ce vinyle (devenu CD) est une explosion musicale.

Sur la première on trouve notre guitariste iconoclaste en compagnie de John Zorn et le sentiment qui prévaut c’est que le saxophoniste est littéralement propulsé par son compagnon du moment. Il est dans une liberté totale, hors sol, toute convulsion dehors. Comme s’il ne pouvait pas manquer ce rendez-vous là.

Cela commence pourtant assez calmement, des gazouillis à l’alto, des miaulements à la guitare. Mais les gazouillis s’égosillent puis crépitent frénétiquement. Les miaulements deviennent frappes, grands ébranlements. Une phase d’accalmie relative où John Zorn envoie des salves compulsives, des cris, des crépitements, une jacasserie d’oiseaux de forêt équatoriale. La guitare de son côté se fait volontiers bruitiste, des balayages sonores qui arrivent en vagues, des craquements, des signaux radio des temps de guerre. Mais pourquoi faut-il que ça s’arrête si vite ?

L’équateur et son étrange faune reviennent, alors que des arbres de verre et de métal menacent, agitent leurs feuillage, craquent, basculent. Quelques notes de sax viennent apporter témoignage d’un temps lointain qui n’est plus ... Zorn a choisi le camp de Takayanagi. Ils sont dans l’errance quasi électroacoustique, avec des univers d’une belle richesse onirique. Une lame de fond inexorable, qui ne devrait pas connaître de fin. Mais ....

Sur la seconde face, Masayuki Takayanagi est tout seul. Et ce qui était présent sur la première face prend ici toute son ampleur. L’épaisseur sonore de la Noise, la poétique des musiques électroacoustiques, des voix venues d’un ailleurs révolu, et ces ressacs affectifs qui viennent drosser notre gangue, l’éroder pour nous faire peau neuve. À plusieurs moments, on craint un calme qui signerait la fin, mais ça respire encore, ça revient, un grand souffle, lent, toutes textures dehors pour un grand large.

Le guitariste a choisi comme nom pour ce thème "Brecht 47", date de ce procès inquisitorial devant la Commission parlementaire sur les activités anti-américaines.


La seconde pièce de cette face, "Conterevidence", commence par des roulements ... mais il n’y a pas de batterie. Peut-être ceux d’un train transfiguré pour un nouveau périple au long cours. Une stase aux granulations multiples, aux affleurements de crissements, d’éraillements. Il faut lâcher prise, le courant est trop fort. Des cris comme noyés, impuissants. De grands chocs, des résonances puis le silence.

Encore un trésor dans notre série ImproJapon. Masayuki Takayanagi est un créateur enragé, diablement inventif. John Zorn ne s'y est pas trompé.

On n’en finit pas de (re)découvrir ces gemmes d’un temps déjà lointain : plus de trente ans ! La distance, une certaine myopie occidentale ont masqués cette créativité foisonnante. Encore aujourd’hui, d’une certaine manière. Cet album est, en effet, proposé à près de 400€, hors frais de port, sur Discogs. En attendant une éventuelle réédition, les deux extraits proposés sur YouTube permettent de s’en faire une idée. 

Mais nos amis d’Inconstant Sol proposent de pallier ces incohérences culturelles. Il suffit de cliquer là et de descendre jusqu’au dernier lien, celui de Ernst. Il est encore actif ... pour le moment.

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10 février 2020

Makoto Sato et sa playlist

Makoto Sato - photo dolphy00
Makoto Sato (photo dolphy00)


Après Matthias Boss la semaine dernière, je propose une sorte de playlist hybride autour de Makoto Sato.

Ce dernier est une personnalité prégnante sollicitée par plus d’un parmi les meilleurs.
Il est, en effet, très présent sur la scène improvisée. Du temps de l’Atelier Tampon de Marc Fèvre , il a même été le musicien plus invité (avec Frederic Blondy, de l'ONCEIM). Chacun retiendra, selon ses souvenirs, les moments les plus forts lors de ses concerts parisiens. Makoto Sato a choisi quant à lui son rôle dans Nuts, la fabuleuse formation imaginée par Benjamin Duboc, et l’un de ses concerts avec Eric Zinman . Il y avait aussi celui de Radio France avec Raymond Boni mais cela n’entrait pas dans le format retenu.

Le voir sur scène est un plaisir sans mélange. En un mot, il danse. Sur ses peaux on le voit mouvoir tout son corps, parfois retenant son geste ou le retardant. Il a fait sienne la devise de Don Cherry : "Si je joue bien, c'est que je chante. Et si je chante bien, c'est que je danse". Et il joue avec une grande subtilité, évitant de couvrir tout l’espace, sachant alterner caresses et chocs rudes. Il entrelace, il accompagne, mais il sait aussi délivrer des cascades incandescentes. Et à mon souvenir, il n’est jamais dans une scansion régulière.

Lorsque le projet de playlist s’est un peu cristallisé, nous avions convenu de trois vidéos, les deux dernières étant les témoignages des concerts mentionnés plus haut (Nuts et Zinman). La première serait une fausse vidéo, un document YouTube avec les sons qu’il aura choisi et les pochettes de disque associées pour illustration.

C’est qu’il est aussi bien présent sur des enregistrements. On retrouvera plus bas sa discographie complète. Choisir n’a pas été simple, d’autant que parfois il fallait définir quel extrait retenir; certaines pistes frisaient en effet une durée de près d’une heure. 

Et encore une fois, ce qui saute aux yeux, c’est la qualité de ses partenaires, des gens qui l’ont choisi : Joe McPhee, Alan Silva, Daunik Lazro, Jean-Marc Foussat, Lucien Johnson, sans parler des patrons de labels. Il y aurait bien eu aussi Itaru Oki (il est déjà dans Nuts), Ken Carter, Sylvain Guérineau, mais il fallait être drastique. J’aurais voulu ajouter Marteau Rouge avec Jean-François Pauvros et Jean-Marc Foussat, mais baste : c’est à Makoto Sato d’être sélectif.

Cependant, en rester là serait trompeur. S’il a été de bien des aventures avec ces grandes figures, il serait injuste d’oublier son plaisir à se frotter à de jeunes talents (Olivia Scemama, Basile Naudet, Richard Comte, ...), ainsi qu’à des tenants de chemins de traverse avec une prise de risque intrépide. C’est pourquoi on le retrouve avec le trio Other Matter, qui dévie de l’impro, de l’electro, et de bien d’autres choses pour se frayer un chemin spécifique. Ses complices : Michel Kristof et Julien Palomo, plus connu comme patron du label « Improvising Beings ». Notre batteur propose d’ailleurs souvent des concerts avec eux et quelques invités du côté d’Aulnay sous Bois.

Pour la fausse vidéo, on trouvera son album en duo avec Joe McPhee, "Between" dans un dialogue intimiste, expressif.
Pour "The Crawling Snake", il a fallu sélectionner un extrait dans cette lave torride, ces salves complexes, ces rugissements de plus de cinquante minutes avec Alan Silva qui joue de son synthétiseur orchestral et d'Abdelhai Bennani au son toujours aussi bouleversant.
Dans Stinging Nettles, il retrouve Alan Silva, en compagnie de Lucien Johnson pour une séquence free où, à l'occasion, Makoto Sato transpose à la batterie le discours du sax. Une tension rythmique intense.
Une piece extraite de cet album surprenant, Other Matter Live 2018. Ici on joue hors code, hors cadre. C'est un chaos musical qui nous est proposé, un discours qui déstabilise et qui séduit. Aux frontières du Free, de la musique improvisée, de la Noise, de l'electro ... "Something Else ?". C'est l'occasion pour Makoto Sato de faire musique avec des frappes qui zigzaguent l'espace, de grandes zèbrures, une forme de kaléidoscope percussif.
Makoto Sato retrouve Joe McPhee dans l'album "Sweet Oranges" en compagnie de Daunik Lazro et de Jean-Marc Foussat. Comme la pièce fait quarante trois minutes, il a fallu définir un extrait pertinent, d'un peu moins de treize minutes. Un "Valve Trombone" et un tenor pour Joe McPhee, un tenor et un baryton pour Daunik Lazro, un synthetiseur et la voix pour Jean-Marc Foussat, trois voix "mélodiques" aux sonorités travaillées, parfois bien étranges, discourant sur un tempo assez lent ... et une percussion sculptant l'espace hors de tout accompagnement, quasi soliste.
À présent, le plaisir de l’écoute.

Chronologie :
00:00 - The Dawn
06:11 - The Crawling Snake
11:24 - Stinging Nettles
18:47 - Other Matter
22:08 - Sweet Oranges

La deuxième vidéo est un extrait du concert de Nuts donné à La Java en 2017. Benjamin Duboc en fond de scène, deux trompettes, Itaru Oki et Rasul Siddik et deux batteries, Didier Lasserre et Makoto Sato. Ce sont d'ailleurs eux qui ouvrent la séquense  d'une manière époustouflante, accompagnés des petites percussions de Rasul. Cette soirée là fut une vraie fête.

Enfin, en compagnie d'Eric Zinman et de Jean-Marc Foussat, plus d'une trentaine de minutes d'une musique mémorable. C'était au 19 Paul Fort en 2016. Difficile de résumer une si belle histoire. A titre d'instantannée, on peut y voir Makoto Sato rejoint par un autre percussionniste, Eric Zinman jouant des baguettes sur son piano.

Pour aller plus loin, et comme promis, la discographie de Makoto Sato :
2002 : "Jan ken pon"(Ohrai Japon) avec Itaru Oki trompette, Keisuke Ota violon, Jean-François Pauvros guitare, Yasuhiko Tachibana contrebasse,Makoto Sato batterie

2003 ; "Beteween"(Ohrai Japon)duo avec Joe McPhee saxe soprano

2006 : "Enishi"(Ohrai Japon) Mamabaray - Raymond Boni guitare, Maki Nakano saxe alto, Bastien Boni contrebasse, Makoto Sato batterie

2009 : "Marteau Rouge & Evan Parker"(in situ)

2010 : "Nuts"(Ayler Records) Nuts-Itaru Oki et Rasul Siddik trompette, Bejamin Duboc contrebasse, Didier lasserre et Makoto Sato batterie
Chronique du concert de la Java, et de l'album (chez Ayler Records)

2014 : "No is No"(Improvising beings)Linda Sharrock voix, Itaru Oki trompette, Mario Richtern saxes, Eric Zinman piano, Yoram Rosilio contrebasse, Makoto Sato batterie
Chronique ici : http://jazzaparis.canalblog.com/archives/2014/11/12/30936837.html

2014 : "Stinging nettles"(Improvising beings)Lucien Johnson saxe ténor, Alan Silva contrebasse, makoto Sato batterie
Chronique ici : http://jazzaparis.canalblog.com/archives/2014/12/09/31056836.html

2016 : "D'une rive à l'autre"(Improvising beings)Sylvain Guérineau saxe ténor, Itaru Oki trompette, Kent Carter contrebasse, Makoto Sato batterie

2018 : “Sweet orange”(Not Two) The Cliford Thornton Memorial Quartet :Joe McPhee trombone-saxe ténor,Daunik Lazro saxophones, Jean-Marc Foussat Synthétiseur, Makoto Sato batterie

Pour faire bonne mesure, quelques chroniques et/ou vidéos avec certains de la nouvelle génération, pour ceux qui aiment Sato :
- Avec Richard Comte et Jean-Marc Foussat au Chat Noir
- Avec Basile Naudet, Richard Comte, Jean-Luc Petit, Benoit Joblot encore au Chat Noir .

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06 février 2020

Jazz at home avec Daunik Lazro, Jean-Marc Foussat et Michael Nick 24 janvier 2020

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Pour retrouver quelques photos, suivre ce lien

Que peuvent se raconter deux septuagénaires fous d’aventures musicales et soucieux de ne pas voir leur belle collection jetée à la benne en cas de départ précipité, alors qu’il y a tant d’oreilles nécessiteuses ? Il faut donner. Tiens, Bertrand Gastaut organise l’un de ses rendez-vous aux saveurs affûtées. Il ne va pas refuser d’en prendre, tout de même. Il est jeune, lui. C’est dit ! D’autant que l’un des deux papys y joue. C’était prévu avec Jean-Marc Foussat et Makoto Sato, mais ce dernier a un empêchement. C’est donc (?) Michael Nick qui vient. 

C’est que Jean-Marc Foussat revient de Londres, du mythique Café Oto où il était invité, sans même le chercher. Un mail pour le lui dire. Réponse : « OK mais je ne sais pas faire plus de 25 minutes ». Alors invitez qui vous voulez. Re OK, ce sera Evan Parker et Daunik Lazro. Rassurez-vous, ça été enregistré. 

Et on retrouve donc les deux français pour un concert en appartement avec l’autre français de souche, Michael Nick.

Arrivé avant l’heure, derrière la porte, les fulgurances du baryton de Daunik Lazro nous accueillent. Avec l’un des fidèles, on tente. Oui, on peut entrer.

Beaucoup de monde malgré les problèmes de transport (nouvelle journée sociale). Des musiciens et certains qui les aident, des fidèles de ces scènes d’aventures mais pas seulement, des amis, de la famille, un poupon devenu une grande jeune fille de 10 ans, des bisous.

Dès l’accueil, l’autre papy pose son sax, et sort son sac aux trésors. S’amorce alors une négociation de maquignons pour savoir qui va prendre quoi. Un compromis est enfin trouvé. Quelques photos, des selfies. À présent, le concert peut commencer.

Ce soir là, Jean-Marc Foussat retrouve sa fabuleuse collection sonore pré-enregistrée, mais c’est le jeu acoustique en direct qui est privilégié : une cloche, une guimbarde, des sifflets, un harmonica, des appeaux et surtout la voix. Des sons bouche fermée, des bribes de chants aux accents familiers, des bouts de mélodies sifflées. Naturellement tout ça est d’emblée traité par ses mystérieux circuits électroniques, ses mixages en temps réel, ses pédales à effets. Il pourrait occuper tout l’espace sonore avec son attirail, mais il choisit un jeu d’équilibre, parfois ténu. 

Il faut en effet que le violon de Michael Nick trouve sa place, alors que souvent son archet ne fait que caresser les cordes. Ce dernier ne se complait pas dans les stridences rageuses. Il privilégie les couleurs, les petits coups de pinceau, les chocs légers sur les cordes, le bois. Le micro sur son instrument permet de restituer ce jeu impressionniste. 

Pour Daunik Lazro, en revanche, c’est presque le contraire. Le son de ses saxs est presque trop ample pour la pièce. Mais comment faire alors que toute sa science consiste à extraire de ses gros tuyaux métalliques des sons aux strates multiples, évolutives, instables, des saveurs terriblement gourmandes. Un plaisir des sens. D’ailleurs, il affectionne aussi les souffles, surtout lorsqu’il peut y glisser des notes intruses, inattendues, fugaces. Par deux fois (au moins), il démonte le bocal de son baryton pour un retour aux sources de la musique: les matières, le souffle, les mains en coquille pour moduler. 

Deux sets d’un peu plus de trente minutes. Je vous propose un extrait court, la fin du premier set.

Au début du second set, Daunik Lazro nous fait une surprise. Au tenor. On ne le voit pas venir, mais il instille des esquisses de blues, quelques notes plus franches aussi, puis c’est l’évidence : il nous fait le coup de Lonely Woman ! Et quand on comprend son traquenard, je l’avoue, on fond. Je le vois aussi dans le regard des autres. Mais ce n’est pas du Free, c’est de l’impro, travaillée, toute d’esquives, d’instants suggérés. Il faut avouer que c’est plutôt déchiré et que l’identification peut faire problème. Michael Nick qui l’avait tout de suite vu venir se fait encore plus suggestif, attentif, toutes antennes dehors. Jean-Marc Foussat de son côté réussit à y associer des bulles d’air, des sons étranges qui câlinent Ornette. Un pur moment de connivence avec le public.

Les extraits présentés sont un peu courts ? Certes, mais tout le concert a été enregistré. La vidéo complète est déjà disponible sur le site de Jazz at Home

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03 février 2020

Matthias Boss violon playlist - solos

Matthias Boss photo FaceBook


Une proposition malhonnête faite à Matthias Boss : faire une sélection de ses enregistrements, en solo, tout seul mais avec plusieurs instruments simultanés (re-recording), en groupe, et en faire une playlist. 

Les raisons de ce vif intérêt ? Un jeu au violon nerveux, compulsif par moments; des textures qui  magnétisent l’écoute, et disons-le aussi, une bien belle qualité d’enregistrement.

Ce qui ne gâte rien, Matthias Boss accompagne ses musiques d’illustrations qui donnent souvent à rêver. 

C’est ainsi qu’une de ses pièces « Une pierre, une plume, une écharpe » avait fait l’objet d’un article sur CitizenJazz. Il y joue du violon et des percussions. « Une pièce éruptive », telle était la conclusion.

La proposition est acceptée, mais au fil des échanges, le nombre de pièces nécessaires augmente et finalement, un nouveau projet voit le jour : plusieurs playlists, de trente minutes à une heure, avec des publications étalées dans le temps.

Aujourd’hui, c’est une playlist en solo de quatre pièces.
La première, rageuse, puissante, El Loco, permet d’emblée d’illustrer le propos liminaire.
Koan X en revanche s’habille de coups d’archets longs, lents, aux accents par moments baroques ou romantiques. Les notes parfois très cristallines, bien souvent multiples, complexes, irisées, des accords instables, avec une mise en espace des sons qui contribue à la fascination engendrée.
Rue de Rompe Cul est construite autour d’une phrase initiale ascendante aux notes pures, assez simple, qui donne l’occasion d’aller fouiller d’assez près les frottements des cordes, avec une délectation insatiable, des écrasements, des crissements, en alternance et en opposition avec la séquence initiale, exempte elle de toute "impureté".
Quant à Dancing Wood Spirit, c’est la pièce la plus compulsive, toute de frottements en mitrailles, celle qui vous plaque sur votre siège, celle qui vrille le plus vos oreilles. Une densité d’éclats musicaux qui accrochent l’écoute, des cordes qui claquent, des craquements, des percussions, des crépitements multiples d’où quelques embryons de notes arrivent à éclore, accompagnées de murmures, ou des cordes qui sonnent comme des cloches, des percussions, des bourdonnements d’insectes métalliques affolés. 

Matthias Boss nous propose près de vingt quatre minutes de musique qui ne laissent pas de répit, chaque pièce venant renouveler l’intérêt, l’acuité de l’écoute, les surprises, les plaisirs.




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30 janvier 2020

Seikatsu Kōjyō Iinkai - Seikatsu Kōjyō Iinkai 1975

Seikatsu Kōjyō Iinkai pochette

Cet album fait partie de la sélection de Takeo Suetomi, liste qui fait aujourd’hui référence et qui est disponible sur ce blog http://jazzaparis.canalblog.com/archives/2019/09/19/37578065.html

À l’écoute, on ne peut que le comprendre. Cet album est un brûlot. Deux thèmes principaux et un petit souvenir avant de partir, pour la route, un « Not so long Don » de deux minutes pour vous le vriller durablement dans la tête.

Dans Stravizauls, à peine un curieux thème exposé à l’unisson au sax et à la trompette, avec un trait d’union à la batterie, et c’est une avalanche sonore qui vous engloutit. Le premier solo, au sax de Kazutoki Umezu, est presqu’enseveli par une section rythmique en pleine transe, transe que partage pourtant le sax. William Parker frotte ses cordes avec rage, ou les pince avec une énergie sans repos. Le sax s’égosille tant qu’il peut au milieu des roulements de Rashied Shinan (dm). Comme le thème est haché, son improvisation par moment reproduit cette scansion si particulière avant de reprendre ses tournoiements, ses vrilles vers l’aigu. Ahmed Abdullah n’est pas en reste lorsqu’il prend le trait pour une cavalcade furieuse qui aime à tutoyer les aigus, alors que la section rythmique trouve le moyen de rehausser encore l’intensité du flux. Le piano de Yoriyuki Harada qui paraissait presque sage, y trouve davantage sa vocation de percussion. Lorsque la trompette se tait, William Parker reprend le trait avec ses grands coups d’archet, incessants, accompagné par des ponctuations graves au piano. Retour des deux cuivres pour accompagner la basse avant le passage de relai au piano puis le retour du thème pétaradant. On finit ? Pas tout à fait. Encore une dernière orgie collective avant d’accepter de s’arrêter, comme à regret. Saisissant !

Après ces déferlantes puissantes et rédemptrices, il nous faut une accalmie. Une note grave au piano, quelques autres, timides, des silences. Les graves du piano s’enhardissent, deviennent nerveuses. C’est le début du thème le plus long, Kim. Un chant frêle à l’alto s’élève au-dessus du tapis de notes du piano, puis se renforce, s’affirme. La basse , la batterie s’en mêlent, l’excitation prend place, la transe s’installe progressivement. On retrouve alors toute l’énergie éruptive du Free, ses tempêtes salvatrices, l’inventivité nécessaire quand des règles sont abolies. 

La trompette prend la relève dans les suraigus au cœur d’un maelström de frappes, de notes du piano, de coups de boutoirs de la basse. S’ensuit une forme de renaissance après cette catharsis. La trompette retrouve les graves et l’apaisement. Un chant lent vient fouiller les textures du métal. Des bourdonnements des cordes frottées, des chocs et roulements épars, puis la basse seule pour un chant mélancolique. Des roulements à nouveau, seuls, comme venus de loin, puis le groupe revient.

Cet album a toute l’énergie d’un free encore jeune, qui a tant de choses à dire, vite, comme si le temps allait manquer. Cette lave éruptive consume tout sur son passage. Un enthousiasme contagieux de part en part de l’album, une joie pure.

Les musiciens :
Kazutoki « Kappo » Umezu (as)
William Parker (b)
Rashied Shinan (dm)
Yoriyuki Harada (p, bcl)
Ahmed Abdullah(tp)

Les pistes :
Stravizauls (21:54)
Kim (23:05)
Not so long Don (1:59)

L'abum est référencé sur Discogs mais aucune vente n'est disponible:
https://www.discogs.com/Seikatsu-K%C5%8Djy%C5%8D-Iinkai-Seikatsu-K%C5%8Djy%C5%8D-Iinkai/master/1100519

Il faut donc rester à l'affût et en attendant une toujours possible réédition, on peut écouter l'album sur YouTube

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28 janvier 2020

Anthony Braxton aux Quatre Vents : live @ Graz 1976

 

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La Tri-Centric Foundation avait organisé une collecte de fonds pour recenser et publier, à l’occasion des 75 ans d’Anthony Braxton, l’ensemble de ses documents, en particulier ses enregistrements live dans une série « Bootleg ». Un travail gigantesque pour lequel les subventions octroyées se révèlent notoirement insuffisantes, d’où la dite collecte auprès des amateurs. On peut obtenir plus d’informations sur le site de Tri Centric 

https://fundrazr.com/campaigns/a1Z4ue

L'objectif de collecte de 15000€ est atteint mais vous pouvez continuer de souscrire. En guise de remerciement, cette fondation met en ligne sur SoundCloud le volume 5 de la série Bootleg, Quartet Graz 1976.

Lors de ce concert étaient réunis autour de notre grand homme : George Lewis (tb), Dave Holland (b) et Barry Altschul (dm). Une formation de rêve.

Une playlist de quatre pièces pour près d’une heure d’écoute. On y retrouve « Four Winds », le « tube » de Dave Holland dans une re-creation époustouflante par rapport à l’album phare « Conference Of The Birds », ainsi qu’une dernière pièce, Composition No 61, en forme de feu d’artifice musical. 


Cet enregistrement sera remplacé de temps à autres pour faire mieux connaître l’extraordinaire patrimoine musical d’Anthony Braxton. Régalez-vous.

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23 janvier 2020

Toshinori Kondo, Eugene Chadbourne "Possbilities of the color plastic"

POTHCP Front

Il s’agit de l’enregistrement de deux concerts de juillet 1979, le premier dans le Tenessee, le second à Washington. L’ambiance y est chaude, et manifestement, le guitariste et le trompettiste ont voulu se faire plaisir et régaler leur public. Nulle ambition de faire une « œuvre » ou de fouiller sa sensibilité profonde, son imaginaire. Il s’agit de défricher, de faire vibrer leurs instruments dans des spectres très larges. Les sonorités les plus inattendues  sont recherchées avec une curiosité ludique, et d’une manière virtuose. Il s’agit de jouer, l’un avec l’autre, l’un contre l’autre, ou chacun pour soi.

Toshinori Kondo - détail de la pochette du LP

Toshinori Kondo - détail pochette LP

Comme les instruments sont presqu’essentiellement sollicités hors de tout usage académique, le retour à un jeu classique crée une rupture d’ambiance surprenante. On se souviendra du solo presque lyrique de Toshinori Kondo et de la séquence où la guitare transfigure le rock, façon Chadbourne, pleine de dérision et d’affection mêlées.
Des craquements, des percussions, des stridences, des murmures, des grommellements et bien d'autres vibrations s’entrecroisent en séquences relativement courtes : il s’agit de surprendre, de s’amuser, de renouveler sans cesse le jeu, et si ça agace l’autre ou le public, tant mieux.

Cet album est disponible sur Discogs pour 40€ + frais de port là :https://www.discogs.com/Eugene-Chadbourne-And-Toshinori-Kondo-Possibilities-Of-The-Color-Plastic/release/1249574 . Si vous pouvez vous l'offrir, n'hésitez pas.
Il comporte deux pistes, une par concert. La première a pour titre «More Than Just The Music »la seconde « How To Kill The Mind ». Tout un programme.


Il est aussi possible de l'écouter sur YouTube via deux chaînes différentes. Il ne s’agit pas d’une captation classique du concert, mais de la simple piste son illustrée de la pochette de l’album. Commençons par la première, la plus longue, celle qui comporte le plus de sorties de route.

Et pour ceux que cela aurait mis en appétit , la seconde est disponible là :

Voici ce qu’en disait Melody Maker : « Chadbourne était assis au milieu de ses deux guitares, de ses ballons;  Kondo se tenait devant une table avec un ensemble de klaxons, sourdines, tubes en plastique. Il y a un flux entre eux qui est tantôt compétitif et provocateur, tantôt solidaire et complémentaire.  Ils maintiennent un niveau de tension élevé, même pendant le processus de sélection des instruments.  Ces changements sont parfois manifestement évidents, parfois déroutants et irritants. » http://www.fmp-label.de/freemusicproduction/projektereviews/p_tmm_1979_enreview.php

Eugene Chadbourne a rédigé une biographie de Toshinori Kondo disponible sur Allmusic. Pourquoi s'en priver ?

Sur le site francophone, Chadbourneries, deux chroniques successives vous éclaireront peut-être davantage.

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient davantage encore, il y a l’île aux trésors, Inconstant Sol. Il faut chercher le lien de onxidlib dans les commentaires et cliquer. Ne pas remettre à plus tard; le nom du blog est clair : solution provisoire.
http://inconstantsol.blogspot.com/2012/07/eugene-chadbourne-toshinori-kondo.html

Un festival d'humour et de virtuosité

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21 janvier 2020

Sarah Murcia 4tet : Eyeballing (dStream#105)

Cover Eyeballing


En concert, Sarah Murcia captive, par son engagement et son volontarisme. Il en est de même sur cet album « Eyeballing ».

On la connaît surtout comme contrebassiste; ici c’est la chanteuse qui prend la lumière, non qu’elle abandonne sa « grand-mère » ou son piano.

Neuf thèmes, dont trois seulement instrumentaux, tous composés par Sarah Murcia, ce qui contribue à une cohésion musicale certaine.

Cinq textes sont de Vic Moan (en anglais) et une chanson est de Denis Scheubel. 

Si vous êtes peu sensible en général à la voix, il y a là quelque chose qui accrochera votre attention. Appelons ça le charme. Un charme acidulé, non apprêté. Et une liberté de ton (un « mais oui je t’aime » presqu’excédé, ou « If you loose your shirt, don’t cry »). C’est la nature de Sarah Murcia qui chante en choisissant les mots des autres. Des chansons ? Plutôt des textes dits, du parlé-chanté, voisin du spechgesang cher aux premiers sérialistes.

Dans ce registre, les quatre instrumentistes apportent la couleur, les ponctuations, le rythme; et comme nous sommes entre pop et jazz, une large place est faite aux parties non chantées, aux improvisations au sax ou au tuba.

Dans cette interaction voix-instruments, le parlé-chanté s’accompagne de parties instrumentales hachées et répétitives, mais qui en soulignent le parti-pris, avec, pour désarçonner davantage encore, une pseudo rythmique, les e_drums facétieux et bourdonnants de Benoît Delbecq.

Dans « Monkey » par exemple, on retrouve ces phrases hachées tuba-e_drums en début de pièce avant que les touches du piano n’apportent une phrase lancinante sur laquelle vient se poser le poème.

« Come back later » débute par une une ligne de basse puissante et répétitive que la voix suit, sans s’en éloigner. Des vibrations nerveuses, intenses aux e_drums, un tuba quasi étouffé (François Thuillier), un sax qui chante et dialogue avec lui avant le retour du poème.

La première pièce non chantée, « Inefficient » (joli pied de nez), reste dans ce registre morcelé, éclaté.

« Volonté », peut-être le texte le plus marquant. « Pose-les tes questions, sur l’étagère, à côté du linge sale ». Les mots d’une personne qui régit son petit monde, qui ne veut pas s’embarrasser de (faux) problèmes, qui veut assener ses préférences, un mélange d’insolence et de sensualité, des mots de Denis Scheubel que s’approprie Sarah Murcia, le temps d’une chanson.

Avec « Small », arrivée inattendu de la voix jazzy, un brin voilée, charmeuse, au rythme lent, pour parler d’un lit de poupée ou d’un poisson aveugle qui tombe amoureux. C’est l’occasion d’un chant tout aussi voilé, feutré au tuba, tout près de votre oreille.

Avec « Eyeballing » qui donne son nom à l’album, nous retrouvons un court motif électrique, nerveux, répété, sur lequel vient se poser le poème parlé. Seuls deux vers chantés à la manière d’une comptine, reviennent comme un refrain. Après le texte, les instruments restent un temps dans ce discours haché, répétitif, ponctué gravement à la basse, avec des e_drums obsédants. C’est alors que le sax (Olivier Py) choisit de s’envoler, pour un superbe chant, lyrique. Un morceau de texte revient, et le discours tout en segments aussi.

Dans « So Nice », pas de chant, ou du moins presque pas de texte si ce n’est le titre, chantonné, répété tout comme les autres parties musicales. Une forme de respiration saccadée, lente, douce, et très expressive. 

« Minimum » est un solo de basse, où les cordes résonnent, amplement. Discours parasité de cliquettements, de bruissements divers. L’unisson des deux cuivres apporte un doux écrin de velours sombre. 

Cet album est un bain revivifiant. Il renouvelle l’exigence en matière de pop. Il laisse une belle place à l’improvisation (François Thuillier et Olivier Py) mais cantonne pour partie les instruments dans la respiration textuelle. Il efface un temps les frontières entre esthétiques. Il réduit avec brio la rythmique à des convulsions électroniques, parasités de bruissements amusées. Et surtout, il révèle la formidable personnalité de Sarah Murcia qui se saisit de tout ce qu’elle touche  : textes, basse, piano, composition, pour nous confiner au coin du ring, un peu groggy. Et un coup de chapeau à l’originalité de Benoit Delbecq.

En "extra", un précédent "Eyeballing", nom de son 4tet réuni pour un "Alla Brève" d'Anne Montaron. Elle y est compositrice aussi.

" Extra " pour quatre musiciens de Sarah Murcia (Diffusion intégrale et portrait de la compositrice)

" Extra " pour quatre musiciens de Sarah Murcia Interprétée parBenoît Delbecq (piano préparé et électroniques), Olivier Py (saxophones ténor et soprano), François Thuillier (tuba en Fa) et Sarah Murcia (contrebasse) Création enregistrée le 7 avril 2017 à Radio France Diffusion intégrale et portrait Les musiciens de jazz ont parfois à répondre à une question banale et complexe à la fois que les mélomanes se posent souvent à leur sujet.

https://www.francemusique.fr



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16 janvier 2020

Return of the New Thing « Traque » (Ayler Records)

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Je vous propose une nouvelle rubrique « Découvrir ?». Elle sera composée de chroniques courtes (pas comme celle d’aujourd’hui), accompagnée d’une ou deux pistes en ligne, juste pour découvrir un album. La suite vous appartiendra.

Et pour inaugurer cette rubrique, j’ai pensé à Stephane Berland, excédé de l’insuffisance de reconnaissance du travail énorme qu’il a accompli, et qui va jeter l’éponge. Ayler Records devrait cesser de publier.

En revanche, comme il est un indécrottable militant des musiques innovantes, il propose régulièrement une version téléchargeable d’un de ses albums déjà publiés, moyennant un tarif très acceptable, autour de 10€. Pour nous séduire, il permet la libre écoute d’une piste sur deux, sans barguigner. Vous écoutez, et si vous aimez, vous achetez. À découvrir donc.

Aujourd’hui, je vous propose un album de 2003. Il réunit Dan Warburton (p, vln), François Fuchs (b), Jean-Luc Guionnet (as, ss) et Edward Perraud (dm). Le groupe s’est donné pour nom « Return Of The New Thing », en hommage aux errements des années 60 pour qualifier ce que nous appelons aujourd’hui « Free Jazz ».

Je ne sais comment est choisie par défaut la première piste à l’écoute; pour moi ce fut la dernière pièce «Vloo». Et dès les premières notes, la cause était entendue. Une sonorité rugueuse, primale , un discours surprenant à l’assise rythmique impeccable de Jean-Luc Guionnet qui devraient séduire tous les réfractaires du Free; des touches empreintes d’humour au piano; des frappes qui martèlent un rythme tout en le pervertissant; une basse qui chante. Et ça danse !

Traque | Ayler Records

Cet album il vous le faut. La version numérique ne coûte que 8€ (9.60€ avec la TVA), et vous l’avez tout de suite. Pour ceux qui veulent du palpable, de l’objet précieux, l’album physique est à 12€, mais il faut le temps de l’extraire du coffre aux trésors de Stephane Berland et de vous l’apporter chez vous. À ce prix, vous avez en sus le numérique. Faites-vous plaisir  

PS : le dernier-né de la collection « Time Elleispis », est déjà en ligne 

http://ayler-records.bandcamp.com/album/time-elleipsis

 

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Posté par dolphy00 à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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