Jazz à Paris

23 janvier 2020

Toshinori Kondo, Eugene Chadbourne "Possbilities of the color plastic"

POTHCP Front

Il s’agit de l’enregistrement de deux concerts de juillet 1979, le premier dans le Tenessee, le second à Washington. L’ambiance y est chaude, et manifestement, le guitariste et le trompettiste ont voulu se faire plaisir et régaler leur public. Nulle ambition de faire une « œuvre » ou de fouiller sa sensibilité profonde, son imaginaire. Il s’agit de défricher, de faire vibrer leurs instruments dans des spectres très larges. Les sonorités les plus inattendues  sont recherchées avec une curiosité ludique, et d’une manière virtuose. Il s’agit de jouer, l’un avec l’autre, l’un contre l’autre, ou chacun pour soi.

Toshinori Kondo - détail de la pochette du LP

Toshinori Kondo - détail pochette LP

Comme les instruments sont presqu’essentiellement sollicités hors de tout usage académique, le retour à un jeu classique crée une rupture d’ambiance surprenante. On se souviendra du solo presque lyrique de Toshinori Kondo et de la séquence où la guitare transfigure le rock, façon Chadbourne, pleine de dérision et d’affection mêlées.
Des craquements, des percussions, des stridences, des murmures, des grommellements et bien d'autres vibrations s’entrecroisent en séquences relativement courtes : il s’agit de surprendre, de s’amuser, de renouveler sans cesse le jeu, et si ça agace l’autre ou le public, tant mieux.

Cet album est disponible sur Discogs pour 40€ + frais de port là :https://www.discogs.com/Eugene-Chadbourne-And-Toshinori-Kondo-Possibilities-Of-The-Color-Plastic/release/1249574 . Si vous pouvez vous l'offrir, n'hésitez pas.
Il comporte deux pistes, une par concert. La première a pour titre «More Than Just The Music »la seconde « How To Kill The Mind ». Tout un programme.


Il est aussi possible de l'écouter sur YouTube via deux chaînes différentes. Il ne s’agit pas d’une captation classique du concert, mais de la simple piste son illustrée de la pochette de l’album. Commençons par la première, la plus longue, celle qui comporte le plus de sorties de route.

Et pour ceux que cela aurait mis en appétit , la seconde est disponible là :

Voici ce qu’en disait Melody Maker : « Chadbourne était assis au milieu de ses deux guitares, de ses ballons;  Kondo se tenait devant une table avec un ensemble de klaxons, sourdines, tubes en plastique. Il y a un flux entre eux qui est tantôt compétitif et provocateur, tantôt solidaire et complémentaire.  Ils maintiennent un niveau de tension élevé, même pendant le processus de sélection des instruments.  Ces changements sont parfois manifestement évidents, parfois déroutants et irritants. » http://www.fmp-label.de/freemusicproduction/projektereviews/p_tmm_1979_enreview.php

Eugene Chadbourne a rédigé une biographie de Toshinori Kondo disponible sur Allmusic. Pourquoi s'en priver ?

Sur le site francophone, Chadbourneries, deux chroniques successives vous éclaireront peut-être davantage.

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient davantage encore, il y a l’île aux trésors, Inconstant Sol. Il faut chercher le lien de onxidlib dans les commentaires et cliquer. Ne pas remettre à plus tard; le nom du blog est clair : solution provisoire.
http://inconstantsol.blogspot.com/2012/07/eugene-chadbourne-toshinori-kondo.html

Un festival d'humour et de virtuosité

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21 janvier 2020

Sarah Murcia 4tet : Eyeballing (dStream#105)

Cover Eyeballing


En concert, Sarah Murcia captive, par son engagement et son volontarisme. Il en est de même sur cet album « Eyeballing ».

On la connaît surtout comme contrebassiste; ici c’est la chanteuse qui prend la lumière, non qu’elle abandonne sa « grand-mère » ou son piano.

Neuf thèmes, dont trois seulement instrumentaux, tous composés par Sarah Murcia, ce qui contribue à une cohésion musicale certaine.

Cinq textes sont de Vic Moan (en anglais) et une chanson est de Denis Scheubel. 

Si vous êtes peu sensible en général à la voix, il y a là quelque chose qui accrochera votre attention. Appelons ça le charme. Un charme acidulé, non apprêté. Et une liberté de ton (un « mais oui je t’aime » presqu’excédé, ou « If you loose your shirt, don’t cry »). C’est la nature de Sarah Murcia qui chante en choisissant les mots des autres. Des chansons ? Plutôt des textes dits, du parlé-chanté, voisin du spechgesang cher aux premiers sérialistes.

Dans ce registre, les quatre instrumentistes apportent la couleur, les ponctuations, le rythme; et comme nous sommes entre pop et jazz, une large place est faite aux parties non chantées, aux improvisations au sax ou au tuba.

Dans cette interaction voix-instruments, le parlé-chanté s’accompagne de parties instrumentales hachées et répétitives, mais qui en soulignent le parti-pris, avec, pour désarçonner davantage encore, une pseudo rythmique, les e_drums facétieux et bourdonnants de Benoît Delbecq.

Dans « Monkey » par exemple, on retrouve ces phrases hachées tuba-e_drums en début de pièce avant que les touches du piano n’apportent une phrase lancinante sur laquelle vient se poser le poème.

« Come back later » débute par une une ligne de basse puissante et répétitive que la voix suit, sans s’en éloigner. Des vibrations nerveuses, intenses aux e_drums, un tuba quasi étouffé (François Thuillier), un sax qui chante et dialogue avec lui avant le retour du poème.

La première pièce non chantée, « Inefficient » (joli pied de nez), reste dans ce registre morcelé, éclaté.

« Volonté », peut-être le texte le plus marquant. « Pose-les tes questions, sur l’étagère, à côté du linge sale ». Les mots d’une personne qui régit son petit monde, qui ne veut pas s’embarrasser de (faux) problèmes, qui veut assener ses préférences, un mélange d’insolence et de sensualité, des mots de Denis Scheubel que s’approprie Sarah Murcia, le temps d’une chanson.

Avec « Small », arrivée inattendu de la voix jazzy, un brin voilée, charmeuse, au rythme lent, pour parler d’un lit de poupée ou d’un poisson aveugle qui tombe amoureux. C’est l’occasion d’un chant tout aussi voilé, feutré au tuba, tout près de votre oreille.

Avec « Eyeballing » qui donne son nom à l’album, nous retrouvons un court motif électrique, nerveux, répété, sur lequel vient se poser le poème parlé. Seuls deux vers chantés à la manière d’une comptine, reviennent comme un refrain. Après le texte, les instruments restent un temps dans ce discours haché, répétitif, ponctué gravement à la basse, avec des e_drums obsédants. C’est alors que le sax (Olivier Py) choisit de s’envoler, pour un superbe chant, lyrique. Un morceau de texte revient, et le discours tout en segments aussi.

Dans « So Nice », pas de chant, ou du moins presque pas de texte si ce n’est le titre, chantonné, répété tout comme les autres parties musicales. Une forme de respiration saccadée, lente, douce, et très expressive. 

« Minimum » est un solo de basse, où les cordes résonnent, amplement. Discours parasité de cliquettements, de bruissements divers. L’unisson des deux cuivres apporte un doux écrin de velours sombre. 

Cet album est un bain revivifiant. Il renouvelle l’exigence en matière de pop. Il laisse une belle place à l’improvisation (François Thuillier et Olivier Py) mais cantonne pour partie les instruments dans la respiration textuelle. Il efface un temps les frontières entre esthétiques. Il réduit avec brio la rythmique à des convulsions électroniques, parasités de bruissements amusées. Et surtout, il révèle la formidable personnalité de Sarah Murcia qui se saisit de tout ce qu’elle touche  : textes, basse, piano, composition, pour nous confiner au coin du ring, un peu groggy. Et un coup de chapeau à l’originalité de Benoit Delbecq.

En "extra", un précédent "Eyeballing", nom de son 4tet réuni pour un "Alla Brève" d'Anne Montaron. Elle y est compositrice aussi.

" Extra " pour quatre musiciens de Sarah Murcia (Diffusion intégrale et portrait de la compositrice)

" Extra " pour quatre musiciens de Sarah Murcia Interprétée parBenoît Delbecq (piano préparé et électroniques), Olivier Py (saxophones ténor et soprano), François Thuillier (tuba en Fa) et Sarah Murcia (contrebasse) Création enregistrée le 7 avril 2017 à Radio France Diffusion intégrale et portrait Les musiciens de jazz ont parfois à répondre à une question banale et complexe à la fois que les mélomanes se posent souvent à leur sujet.

https://www.francemusique.fr



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16 janvier 2020

Return of the New Thing « Traque » (Ayler Records)

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Je vous propose une nouvelle rubrique « Découvrir ?». Elle sera composée de chroniques courtes (pas comme celle d’aujourd’hui), accompagnée d’une ou deux pistes en ligne, juste pour découvrir un album. La suite vous appartiendra.

Et pour inaugurer cette rubrique, j’ai pensé à Stephane Berland, excédé de l’insuffisance de reconnaissance du travail énorme qu’il a accompli, et qui va jeter l’éponge. Ayler Records devrait cesser de publier.

En revanche, comme il est un indécrottable militant des musiques innovantes, il propose régulièrement une version téléchargeable d’un de ses albums déjà publiés, moyennant un tarif très acceptable, autour de 10€. Pour nous séduire, il permet la libre écoute d’une piste sur deux, sans barguigner. Vous écoutez, et si vous aimez, vous achetez. À découvrir donc.

Aujourd’hui, je vous propose un album de 2003. Il réunit Dan Warburton (p, vln), François Fuchs (b), Jean-Luc Guionnet (as, ss) et Edward Perraud (dm). Le groupe s’est donné pour nom « Return Of The New Thing », en hommage aux errements des années 60 pour qualifier ce que nous appelons aujourd’hui « Free Jazz ».

Je ne sais comment est choisie par défaut la première piste à l’écoute; pour moi ce fut la dernière pièce «Vloo». Et dès les premières notes, la cause était entendue. Une sonorité rugueuse, primale , un discours surprenant à l’assise rythmique impeccable de Jean-Luc Guionnet qui devraient séduire tous les réfractaires du Free; des touches empreintes d’humour au piano; des frappes qui martèlent un rythme tout en le pervertissant; une basse qui chante. Et ça danse !

Traque | Ayler Records

Cet album il vous le faut. La version numérique ne coûte que 8€ (9.60€ avec la TVA), et vous l’avez tout de suite. Pour ceux qui veulent du palpable, de l’objet précieux, l’album physique est à 12€, mais il faut le temps de l’extraire du coffre aux trésors de Stephane Berland et de vous l’apporter chez vous. À ce prix, vous avez en sus le numérique. Faites-vous plaisir  

PS : le dernier-né de la collection « Time Elleispis », est déjà en ligne 

http://ayler-records.bandcamp.com/album/time-elleipsis

 

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13 janvier 2020

Guts : Joe McPhee, Peter Brötzmann, Kent Kessler & Michael Zerang

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Il s’agit du second album enregistré avec cette formation qui fait rêver, après « Tales Out of Time ».

Enregistré en 2005, il a été publié en 2007. Il a été récemment réédité sous forme de CD en série limitée, mais il est déjà épuisé. Il reste cependant dans le circuit commercial en version numérique téléchargeable pour 10$ (+ la TVA, soit 12€).

Il ne comporte que deux pistes, l’une « Guts » de 17 mn, l’autre « Rising Spirits » de 41 mn. Seule la première est en libre écoute. 

Elle débute par un solo de batterie (2mn20), ciselé évidemment quand Michael Zerang officie. Puis c’est à Peter Brötzmann seul qu’incombe d’alimenter la fournaise, à l’alto je crois, suivi dans cette phase infernale par Joe McPhee, probablement au tenor. Les deux saxs se rejoignent pour un déluge de sons rauques, enfiévrés. Peter Brötzmann repart de plus belle dans un tourbillon féroce qui frise la transe. Peu après la 9e minute, l’épuisement du souffle semble gagner, une accalmie s’installe, des plaintes, Joe McPhee venant ponctuer de deux notes répétées les râles de son compagnon. La basse et la batterie se taisent. Quelques couleurs bluesy commencent de poindre, une forme de recueillement se met en place. Vers la 11e minute, une impulsion de McPhee à laquelle répond immédiatement Brötzmann, un retour des deux autres et ce blues fait se dandiner, sans qu’on y prenne garde au début, puis d’une manière irrépressible. Le 4tet libère alors une jouissance festive digne des moments les plus chauds de Cannonball ou des Messengers, toujours dans un free impeccable, occasion pour l’américain de nous promener dans cet entre-deux free-blues, alors que les peaux chantent. Retour du groupe au complet pour un passage de relai à l’autre sax, tout aussi dansant et incendiaire. Tout le groupe se retrouve pour une communion bien méritée. Une fête collective.

Dans la seconde et plus longue pièce (41 mn), « Rising Spirits », c’est Kent Kessler qui ouvre le bal, longuement, les trois autres offrant bourdonnements agacés, drônes, parasitages, plaintes lentes, sifflements, murmures. Ce n’est qu’à la 11e minute (!!!) que les souffleurs prennent leur envol, Joe McPhee s’emparant de sa trompette, que Ken Kessler quitte l’archet pour pincer ses cordes et que Michael Zerang libère ses roulements et autres frappes chaotiques. La fête sauvage, païenne, reprend. Peter Brötzmann libère ses circonvolutions tourmentées, ponctuées de temps à autres par la trompette. Une accalmie, pendant laquelle Joe McPhee dispense un chant, lent, bluesy, intense, merveilleusement accompagné de frappes éparses et diablement efficaces de Michael Zerang. Un chant sur les cordes pincées, une batterie qui ne pense qu’à danser occupent seuls l’espace puis c’est le retour impérial du sax de Joe McPhee ...
Dans la seconde moitié de la pièce, les deux cuivres restent seuls à dialoguer, avec toute l’énergie qu’on peut facilement imaginer puis, à nouveau, l’accalmie. Une ballade lente, lyrique, longue. Lorsque la batterie et la basse reviennent, c’est l’un des souffleurs qui se met en retrait puis l’autre. De magnifiques moments qui prennent le contrepied de l’image de «machine gun». Et c’est ainsi que finit cette piste

On peut se perdre. Qui joue ? De quel instrument ? On guette, on scrute du bout des oreilles, et ça affute l'écoute. On profite davantage de la musique. Merci à Daunik Lazro de m’avoir aidé à m'y retrouver, pour vous aider à mon tour. Il avoue que parfois, surtout chez Joe McPhee, la différence est ténue entre alto et tenor, et qu'il peut s'y perdre, même lui. Mais essayez à votre tour, en faisant fi des mots qui précèdent.

Que tout soit clair ou pas, cet album est un festival. À vous de profiter de ce bonheur musical, et d’y mettre vos mots (ou pas)

L’écoute à présent ? C’est sur Bandcamp.

Pour l'achat de l'album, ou pour vos onglets, l'album est là : https://joemcphee.bandcamp.com/album/guts
Une fête ? Oui, au moment de l’enregistrement .
L’ingénieur du son, Malachai Ritscher, s’est immolé par le feu l’année suivante pour protester contre la guerre en Irak. C’est en hommage au cran de cette personne (Guts) qu’a été publié cet album.

Trois autres chroniques sont proposées, toutes en anglais :
* All About Jazz : https://www.allaboutjazz.com/guts-joe-mcphee-okka-disk-review-by-lyn-horton.php?width=768

 * All Music :  https://www.allmusic.com/album/guts-mw0001623480

 * Free Jazz Blog : http://www.freejazzblog.org/2007/08/joe-mcphee-peter-brtzmann-kent-kessler.html

Et pour ceux qui en souhaiteraient davantage, une séquence vidéo bien ancienne, de 2009, aux Instants Chavirés, de ce même quartette.

La brève chronique et ses photos sont là.
À noter que sur la scène des Instants Chavirés, Joe McPhee était à gauche, de même que sur l'album Guts. Je vous laisse vous perdre en conjectures sur le hasard et la nécessité.
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09 janvier 2020

Takayanagi Mix #2 par David Mittleman

takayanagi


Pour renouer avec ImproJapon en ce début d’année, je propose le deuxième volet du mix Takayanagi de David Mittleman. 

Dans ce mix de six pistes, quatre sont consacrées aux groupes New Direction de Takayanagi. Et ce qui peut surprendre, c’est que ces pièces d’un même groupe n’ont pas une esthétique homogène. Cela oscille entre Noise et Impro. Nous avions déjà rencontré des mouvements similaires  dans l’album « April is the cruellest month ». 

Par ailleurs, cette playlist s’ouvre sur l’un des grands classiques de ces premiers temps du Free au Japon, « Gradually Projection », un duo avec Kaoru Abe, d'une belle fureur. Ici, juste un extrait d’environ 7mn. Une chronique de Michel Henritzi réunissant cet album ainsi que son pendant, « Mass Projection » est disponible sur ce blog.

Dans l’album « Lonely Woman », David Mittleman a choisi de nous faire entendre « Sketch », un solo de guitare

Nous bénéficions une fois de plus d’une pièce en trio non éditée à ce jour.

Enfin, comme pour la première playlist, la chronologie est disponible, juste après la « bande son »

Place à la musique.

Convention de présentation :
Les Artistes/Nom de la pièce/Nom de l'album/Autres infos
xx:xx:xx (yy:yy) début et durée de la pièce

Chronologie :
1. Masayuki Takayanagi & Kaoru Abe / Gradually Projection / Gradually Projection / DIW
00:00:00 (49:00) extrait de 7mn
Kaoru Abe (as, shakuhachi, bcl, hca), Masayuki Takayanagi (g)

2. New Direction for the Arts / Mass Projection / Inspiration & Power 14 / Free Jazz Festival 1 / Trio
Nobuyoshi Ino (cello), Hiroshi Yamazaki et Joe Mizuki (perc), Masayuki Takayanagi (g) 1973
00:07:10 (10:07)

3.  Masayuki Takayanagi / Sketches / Lonely Woman / Vivid Sound
1971 (3:19) ou 1982
00:17:18 Guitare solo. 

4. Masayuki "JoJo" Takayanagi & New Direction Unit / Bohimei / Live at Moers Festival/ Three Blind Mice (1980)
00:20:35  (14:48)
Kenji Mori (as, FL, cl, bcl, shinobue); Nobuyoshi Ino (cello); Yasuhiro Yamazaki (dr), Masayuki Takayanagi (g).

5. Masayuki Takayanagi New Direction Unit / Untitled / Live Dec. 20, 1984 / Unreleased
00:35:17
Akira Iijima (g), Masayuki Takayanagi (g), Hiroshi Yamazaki (dr)

6. New Direction / Herdsman's Pipe of Spain / Live Independence / PSF
(21:29) 1970 (21:29) extrait
00:44:38
Masayuki Takayanagi (g), Motoharu Yoshizawa (b), Yoshisaburo Toyozumi (ds)

00:52:14 fin

Encore un grand merci à David Mittleman
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Rappel : première playlist ici 

 

http://jazzaparis.canalblog.com/archives/2019/12/12/37853081.html

 

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06 janvier 2020

Noel McGhie et sa playlist (via Pierre Crépon)

Noel McGhie photo sur parisetudiant.com

noel-mcghie-parisetudiant_com

Noel McGhie est un batteur né à la Jamaïque, qui a vécu un temps à Londres et aux Pays Bas et qui est aujourd'hui installé en France. On trouvera en bas d'article la traduction (automatique) d'un Wikipedia en allemand, ainsi qu'une autre bio (en anglais) et qu'un article de Libération.
Par ailleurs, Pierre Crépon a codirigé une interview du batteur, percussionniste, compositeur, publiée sur Point Of Departure.

Noel McGhie: Free Jazz, Paris and the Seventies

an interview with Pierre Crépon and Jochen Behring Noel McGhie © 2018 Uli Templin This interview was conducted at Noel McGhie's apartment in Asnières-sur-Seine on October 20, 2017, during the Festival Musiques (re)belles, organized by the Souffle continu at the Théâtre Berthelot in Montreuil.

http://www.pointofdeparture.org

Pierre Crépon m'a signalé qu'il existait une suite de cette interview, où McGhie évoque bien des rencontres, Hank Bennink, Sunny Murray, Alan Silva, Itaru Oki, François Tusques, Steve Lacy et bien d'autres.

Noel McGhie: Free Jazz, Paris and the Seventies

an interview with Pierre Crépon Noel McGhie © 2018 Uli Templin This interview was conducted at Noel McGhie's apartment in Asnières-sur-Seine on December 11, 2017. A tribute to producer Gérard Terronès took place the day before at the Sunset-Sunside club in Paris, where McGhie played in duet with pianist Manuel Villarroel.

http://www.pointofdeparture.org




Si vous n'êtes pas très assurés en anglais, une traduction automatique palliera cette difficulté. Cela dit, Noel McGhie parsème ses réponses de mots français.

Je vous suggère de parcourir ces documents afin d'avoir un arrière plan qui permettra de situer les musiques qui suivent.

En effet, à l'occasion de la nouvelle année, je me fais un plaisir de relayer une playlist publiée sur une radio étudiante, WKCR 89.9 FM de Columbia et signalée par Pierre Crépon (à qui on doit déjà sur ce blog trois autres articles). Une bande son de plus de trois heures (ici, on ne fait pas les choses à moitié !), et qui, après une première piste de 12mn20 présente assez longuement la carrière du musicien. C'est en anglais, mais comme vous aurez lu toute la documentation précédente, vous serez parfaitement à l'aise.
Il s'agit d'un enregistrement sur MixCloud. Support très pratique, pas invasif en matière de publicité, mais qui présente la contrainte suivante : vous pouvez faire des sauts avant, mais pas de saut arrière, à moins de reprendre depuis le début ou de prendre l'option payante. Avouons que ce n'est pas très contraignant : il suffit alors de faire le saut avant adéquat. Enfin, vous pouvez vous arrêter et reprendre l'écoute plus tard au même point. Voilà pour la logistique.
On écoute cette musique collectée par "AndrewFromVibes" (Andrew Castillo) ? On y retrouve Noah Howard, Clifford Thornton (longuement cité dans l'interview de Pierre Crépon), Steve Lacy etc.
(passez ensuite quelques lignes pour la suite de l'article : l'un des mystères de Canalblog)

La chronologie (TimeLine) est aussi disponible, ce qui est bien utile.

Jazz Alternatives Mon Dec 16 on WKCR 89.9FM

Trusted by over 200 non-commercial stations, Spinitron supports playlist logging, reporting, web publishing, automation, push and much more.

https://spinitron.com

Je vous souhaite bien du plaisir.
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Autres articles dûs à Pierre Crépon ou réalisés grâce à son concours :
* The Wire Playlist Free Jazz in Japan
* De Cleveland à Paris, les diverses facettes de Bobby Few (Wire, juillet 2019)
* Free Music 1960-80 Disk Guide (via Pierre Crépon)
* Masayuki Takayanagi mix 1 par David Mittelman
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bio de Noel McGhie traduite du Wikipedia en allemand

"Noel McGhie (* 1944 en Jamaïque) est un musicien de jazz britannique (batterie, percussions, composition) d'origine caribéenne.

McGhie a émigré aux îles britanniques à l'âge de 18 ans, où il a étudié la musique de 1964 à 1970. Batteur, il est influencé par Roy Haynes, Max Roach, Philly Joe Jones, Joe Morello et surtout par Rashied Ali. En 1968, il compose de la musique de théâtre pour deux pièces de Fernando Arrabal que la Drama Society interprète à l'Université d'Oxford.

En 1970, il a travaillé aux Pays-Bas avec Peter van de Locht et Boy Raaymakers et avec Clifford Thornton à Paris. En 1971, il s'installe en France avec sa femme et ses enfants, où il poursuit ses études au Conservatoire Municipal de Clichy. Steve Lacy l'a amené à son quintette à Paris. Il a travaillé avec François Tusques encore et encore. Il a également joué avec Archie Shepp, Frank Wright, Noah Howard, Bobby Few, Byard Lancaster, Mal Waldron et Anthony Braxton, et plus tard avec Alan Silva et Chico Freeman. Il a également enregistré avec Colette Magny (Repression, 1971), Marion Williams et Geoffrey Oryema (Gospel Caravan, 1979) et Gil Evans (Parabola, 1978). Il a également tourné avec Myriam Makeba, avec Hal Singer (en tant que membre des Hal Singer All Stars 1996/1997) et avec Rhoda Scott. Il a travaillé comme professeur à l’Institut d’Art de Culture et de Perception de Paris."

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Autre bio (en anglais)
Article dans Liberation

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18 décembre 2019

Les Dolphys d'Or 2019 - Suite (et fin)

Eric Dolphy à la flûte NB

Certains s'en sont peut-être rendus compte : je fais des infidélités à Jazz à Paris en écrivant aussi sur Citizen Jazz. Et ce faisant, lors de la sélection des Dolphys d'Or 2019, j'avais oublié les albums chroniqués sur CJ.  Il n'y en a pas beaucoup, mais ils devraient retenir votre attention.

21 Sabu Toyozumi - Rick Countryman Chasing The Sun22 - Sam Rivers Emanation

* Sabu Toyozumi - Rick Countryman - Simon Tan : Chasing The Sun
Le talent des trois musiciens explose ici. Le vieux sage donne un nouvel élan, voire dynamise le discours pourtant déjà vif et inventif de Rick Countryman, et semble donner des ailes nouvelles à la contrebasse de Simon Tan.
Une belle réussite fusionnelle.

* Sam Rivers trio : Emanation
Ce qui étonne toujours, après ces presque cinquante ans de création musicale, c’est que la magie opère encore. Il faut dépasser une possible réserve à revisiter le passé et accepter l’écoute actuelle, avec ingénuité, pour permettre à la surprise d’advenir. Elle est au rendez-vous.

23 - Souchal - Marty Saillances24 - Charles Lloyd 4tet Live at Montreux

* Souchal - Marty : Saillances
La frugalité initiale du dispositif - une basse et une trompette (ou un cornet) jouées hors registre académique - est une invitation à tendre l’oreille, à aiguiser la perception de tissus sonores fragiles, ténus, pour être ensuite totalement disponibles à l’élargissement du spectre musical, à l’acceptation et à la dégustation de l’inouï.

* Charles Lloyd 4tet live @ Montreux
Un bain de jouvence que la sortie de cet album. Malgré bien des aventures musicales depuis lors, cette musique sait encore séduire, surprendre nos oreilles lassées des redites musicales. Elle est à la charnière d’une tradition bousculée (Monk, Mingus) et de révolutions en cours à l’époque (John, Ornette, Eric, Albert, Cecil…).

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16 décembre 2019

Les Scènes d'Or 2019

Joe McPhee

Naturellement, cette année, c'est Joe McPhee qui sera la figure emblématique des joies si particulières qu'offrent les concerts, le direct, les vibrations de l'instant.
Cet article est l'occasion de revenir sur ces moments de fête, de rappeler les émotions ressenties, chaque fois différentes, et qui conduisent à sortir de chez soi, de son confort domestique, pour l'incertitude et la surprise.

1 Archetypal Syndicate2 Joe McPhee3 Jaap Blonk


The Archetypal Syndicate au 59 Rivoli
Pas de blues ... mais des couleurs et des instruments du Sud (Afrique avec le guembri, les mbiras de Paul Wacrenier, Portugal avec cette guitare aux étranges aigrettes de Karsten Hochapfel, percussions du monde et d'ailleurs pour Sven Clerx), sur des lignes répétitives, sources de la dite transe et du vagabondage de la psyché.

Joe McPhee et ses 80 bougies, un instant chaviré
Ce soir-là, il verse dans l'errance épurée, la sensibilité distillée, les phrases courtes et ciblées. Ses matières sonores travaillées, ses éraillements et ses souffles s'inscrivent parfaitement dans un discours finalement mélodique. Une forme de synthèse de son parcours.
Ses deux compagnons, en revanche, se lâchent.

Jaap Blonk déclame ses poèmes au Souffle Continu
Ce qui stupéfie, c’est l’extraordinaire plasticité de sa voix, ce talent fou qui nous fascine avec très peu de moyens. C’est une « bête de scène » et un virtuose. Il touche autant au cœur et à nos tympans qu’à notre esprit. Il swingue avec les syllabes, les sons, le souffle… C’est un artiste hors norme.

4 Jobic Le Masson5 Les 4 vents6 Yoko Miura

Steve ouvre Babylone à Peter, John et Jobic
Steve Potts revient pour un de ces moments que vous auriez regretté de manquer, de cette grande épopée du jazz, plus en forme que jamais, trouvant dans le trio de Jobic Le Masson le plus formidable des écrins. Évidemment, la salle a craqué de plaisir.

Les Quatre Vents à l’Ermitage
Perrine Mansuy nous parle d’un voyage au Canada, d’un jour qui pointe à peine sur un lac aux hérons immobiles, « First Light on Muskoka ». Une trompette solo en douce émergence rejointe par quelques touches au piano, pour accompagner ce jour nouveau, encore fragile. Quand la trompette s’efface, c’est un entrelacement piano-basse, avec quelques caresses aux cymbales.

Yoko Miura illumine un sous-sol
Ce concert nous a offert une musique où chaque voix est originale, où les rencontres et les enchevêtrements sont nombreux, mais aussi où sa matérialité même, les sons, la gestuelle, passent après la puissance onirique des diverses configurations instrumentales, en particulier quand Yoko rencontre Judith.

7 La Belle Ouïe9 Arenes10 Impromptissimo8 Cancoin


La Belle Ouïe du Balto
La Belle Ouïe nous a offert une fin d’après-midi de plaisirs francs, de malice, d’écoute aiguisée, de sensibilité affûtée, de surprises aussi, et de découverte d’un prénom, qui sera vite un nom, Amaryllis.

Bondi, Denzler, d'Incise; Gauguet et Hautzinger - Tiasci
On ne peut que remercier Appadurai Arvind de mettre ainsi cette petite salle à disposition des musiques neuves d'aujourd'hui et à Fred Marty pour sa programmation d'artistes qui refondent une part du paysage musical.

Denis Charolles Octet et Surnatural Orchestra - Nuits des Arènes
Une vraie grande fête qui allait encore s’amplifier lors du 3e round, avec la présence simultanée des deux orchestres. Mais attention, «vous dansez, et nous on jouera». Le public ne se le fait pas répéter.
Vingt six musiciens sur scène ou avec le public

Benoit Cancoin (b) aux Sorins (dimanches de l'impro)
Les faibles amplitudes chromatiques exercent une forme douce d'hypnose et permettent de se concentrer sur les variations des matières sonores. Et dans ce registre, sans jamais brusquer les choses, sans effet démonstratif, Benoit Cancoin nous emmène visiter son jardin sonore.



12 décembre 2019

Masayuki Takayanagi mix 1 par David Mittleman

Takayanagi cd cover Moers

Nous avons croisé la route de Masayuki Takayanagi à quatre reprises sur ImproJapon : lors de la chronique des albums Mass Projection et Gradually projection, avec April is the cruellest month,  et avec Kaitai Teki Koukan. Naturellement, il était présent dans la playlist de Wire à propos du Free au Japon. Dans ces publications, il apparaît comme un musicien très exigeant, avant-gardiste, radical même avec son ouverture à la Noise encore à naître (du moins je crois).

David Mittleman a une vrai passion pour ce musicien. Il officie sur une radio de Tucson, Arizona, KXCI, pour laquelle il réalise des playlists chaque dimanche matin (de 2h à 5h. 8h de décalage horaire à ajouter).

Via Pierre Crépon à qui on doit déjà deux articles de la rubrique ImproJapon, il propose une playlist dédiée à notre rubrique et centrée sur ce guitariste. Comme sa collection d’enregistrements est impressionnante, il nous permet de découvrir des aspects surprenant, méconnus de Takayanagi. 

Je vous propose une première salve, d’un peu plus d’une heure. Il ne s’agit pas d’une approche chronologique. Ainsi, le choc des esthétiques reste entier. 

La première pièce, datant de 1972, nous entraîne dans un sillage Coltranien. Un chant tourmenté accompagné d’une guitare aux accords plaqués, mais sitôt que le sax termine son solo, la guitare crépite hors de toute démarche harmonique, conduisant la batterie et la flûte à sortir du modal et de la pulsation régulière; ils y reviennent lorsque le discours de la guitare retourne au chant (par instants vaguement médieval), puis à l’accompagnement à la rythmique bien carrée.
Ce n'est pas un "tribute to" mais une vraie ré-interprétation. Coltrane comme tremplin. Un univers passionnant !
Kenji Mori (anches, fl), Hiroshi Yamazaki & Joe Mizuki (dr), Masayuki Takayanagi (g).

On resterait bien dans ce cocon fascinant, mais c’est peine perdue. Une déferlante rythmique vous assaille dès le morceau suivant. On sort de tout mode, de toute grille harmonique. C’est du Free à haute énergie où la guitare dédaigne toute consonance. Le saxophone a bien de la peine à surnager. On est aux marges de la Noise, avec un magma incandescent, acidulé, saturé d’une palette sonore très large. Le double solo de batterie nous ensevelit sous ses grosses roches....
Même formation : Kenji Mori (anches, fl), Hiroshi Yamazaki & Joe Mizuki (dr), Masayuki Takayanagi (g).

L’extrait suivant date de décembre 1979. Du bon bop des familles, certes aux notes par moments un peu acidulées qu’il s’agisse du piano, de la guitare ou de la rythmique.
Kenji Kousei (p,ep), Nobuyoshi Ino (b), Yasuhiro Yamazaki (dr), Masayuki Takayanagi (g).

Plutôt que de filer le commentaire pièce par pièce, je vous propose d’écouter cette playlist de David Mittleman, spécialement faite pour vous.


Pour vous accompagner dans cette écoute, je vous propose la playlist associée, et sa chronologie (la "timeline"), afin que vous puissiez revenir sur vos pas, sauter une ou deux pistes, revenir encore, à votre guise.
Pour vous y repérer, on trouve l'artiste/ le nom de la piste/ l'album/ le label; puis le début de la piste (timeline) et sa durée puis les musiciens.

1. New Direction for the Arts / Sun In The East / Spiritual Jazz Vol. 8 Pt. 1 / Jazzman (1972)
00:00:00 (‪9:47‬)
Kenji Mori (cl, fl, ss, as, piccolo fl, K7), Hiroshi Yamazaki, Joe Mizuki (dr, perc), Masayuki Takayanagi (g)

*2. Masayuki "JoJo" Takayanagi & New Direction for the Arts / Free Form Suite 3rd Movement / Free Form Suite / Three Blind Mice
00:09:47 (‪9:47‬)
Masayuki Takayanagi (g), Kenji Mori (cl, fl, ss, as, piccolo fl), Hiroshi Yamazaki, Joe Mizuki (dr, perc)

*3. "JoJo" Takayanagi Second Concept / 317 East 32nd / Cool JoJo / Three Blind Mice 1979
00:19:30 (4:40)
Kenji Kousei (p,et), Nobuyoshi Ino (b), Yasuhiro Yamazaki (dr), Masayuki Takayanagi (g)

*4. New Direction Unit / Tears (La Grima) / 1971 Genya / Hayabusa Landings
00:24:10 (6:19)
Hiroshi Yamazaki (dr), Mori Kenji (as), Masayuki Takayanagi (g)

*5. Masayuki Takayanagi New Direction Unit / What Have We Given? / April Is the Cruellest Month / Blank Forms Editions
00:30:27 (6:49)
Kenji Mori (as, FL, bcl), Nobuyoshi Ino (b, cello), Hiroshi Yamazaki (perc), Masayuki Takayanagi (g)

6. Masayuki Takayanagi & Kaoru Abe / Mass Projection/ Mass Projection / DIW
00:36:52 (court extrait)
Kaoru Abe (as, shakuhachi), Masayuki Takayanagi (g)

7. Masayuki Takayanagi Quintet / Night Flight / Flower Girl / Craftman
00:41:51 (4:36)
Eijiro Hagiwara (b); Motohiko Hino (dr); Masayuki Takayanagi (g), Akira Mitobe (vib), Toscio Tomita (comp)

8. Masayuki Takayanagi & Nobuyoshi Ino / Untitled / Live Feb. 8, 1991 / Unreleased
00:46:22
Takayanagi (g) & Ino (b)

9. Swing Journal All Stars / Someday Sweetheart / All Japan Jazz Festival '71 / Philips
00:58:09
Teruo Yoda(ts), Eiji Kitamura(cl), Shoji Suzuki(cl), Yuzuru Sera(p), Masayuki Takayanagi(g), Masanaga Harada(b), Jimmy Takeuchi(ds), Ichio Masuda(vib), Ryusei Matsuzaki(vib)

En principe, nous devrions y revenir d’ici un mois, avec une autre playlist de David Mittleman, et encore à propos de Masayuki Takayanagi. Il y a tant à découvrir.

Pour ceux qui voudraient avoir une vue complète de l'oeuvre de ce guitariste peu commun, David vous suggère cette discographie en ligne.

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Comment savoir ce que David M. diffuse ? 

Simple : 
* pour le son, les deux dernières émissions sont sur la même page ; il suffit ensuite de cliquer pour écouter l'une des deux.
* pour la liste et le timing, il faut aller sur la page de David M. et cliquer sur la date qui vous intéresse. Mais seules les deux dernières émissions sont disponibles à l'écoute.
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09 décembre 2019

Benoit Cancoin (b) aux Sorins (dimanches de l'impro)

Benoit Cancoin - photo dolphy00

Décidément, Montreuil se révèle être (ou devenir) un haut lieu des musiques innovantes. Après le Balto, café populaire du quartier Robespierre, c'est aux Sorins qu'il fallait être ce dimanche 1er décembre, dans le même quartier. C'est là que se tiennent les Dimanches de l'Impro qu'anime Jac Pochat en lieu et place de la Guillotine. Tout comme avant, le tarif est très abordable. Et contrairement au passé, l'endroit est confortable. Un escalier metallique ajouré en colimaçon nous conduit à la salle.
En première partie, un contrebassiste, seul. Benoit Cancoin s'installe au milieu du public. On est tout près de lui, des vibrations de son instrument, des mouvements de ses doigts sur les cordes, sur le manche, de l'archet. Et comme tout le monde doit profiter de ces instants, il pivote lentement, continûment sur lui-même. Assis presqu'à ses pieds, sur un gros coussin, on profite pleinement de ce moment de quasi receuillement.
Benoit Cancoin prend son temps pour installer l'écoute du public. Des frappes douces et répétées sur les cordes forcent le silence. La lumière bleue dans la salle accentue l'attention vers ce puits de lumière. Les faibles amplitudes chromatiques exercent une forme douce d'hypnose et permettent de se concentrer sur les variations des matières sonores. Et dans ce registre, sans jamais brusquer les choses, sans effet démonstratif, Benoit Cancoin nous emmène visiter son jardin sonore. Des cordes pincéees, frappées, frottées; des perles de pluie ou des scies inexorables; des résonnances qui font chanter le bois; des variations non violentes d'amplitude; des caresses. Vers la fin du set, la basse prend des allures de douce batterie, avec des percussions en roulements, un jeu sur les timbres, avant que la musique s'estompe. Et quand la basse se tait, le musicien continue de pivoter pour accompagner le silence.
Un très beau moment de connivence partagée.

Merci à Dominique et Adélaïde pour leur accueil.
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