Kris Wanders aux Instants Chavirés

09_05_13_20_Kris_WandersQue de tensions avant ce concert aux Instants Chavirés !

Des musiciens trop rares à Paris et une occasion de compléter leur tournée européenne par un concert supplémentaire de ce quartette  enrichi par Noah Rosen, pianiste US ayant choisi de vivre en France.
Las ! Des loupés successifs ont conduit à abandonner l'idée.

Restait le seul concert initial : Kris Wanders (ts; Australie-Pays Bas), Johannes Bauer (tb; Allemagne), Peter Jacquemyn (b; Belgique) et Mark Sanders (dms; Grande Bretagne) aux Instants le 13 mai.

Petite déception : peu de monde ce soir là.
Mais pas mal de connaissances. Bavardages, programmes respectifs de sorties, en attendant l'arrivée sur scène des artistes. Le concert serait de premier ordre, chacun en était persuadé.
Et il le fut.
Un premier extrait permet de saisir toute la puissance, l'énergie d'un Kris Wanders encore supérieures à ce qu'on a pu lire. Un free jazz européen qui nous ramène à l'essentiel : la nécessité, la rage de jouer. Une inspiration jamais en panne. En symbiose totale avec la basse et la batterie, Kris Wanders nous laisse juste le temps de reprendre notre souffle à chaque phrase, proposant un jazz sauvage, une force de la nature. Progressivement, quelques interventions de Johannes Bauer, des grognements au trombone ... là s'arrêtera l'extrait.

Vidéo 3


Petite focalisation sur Peter Jacquemyn, bassiste, sculpteur, dessinateur belge. D'abord en solo à l'archet, il est assez vite rejoint par les martèlements d'un Mark Sanders en grande forme, qui souligne le phrasé du bassiste, puis par Johannes Bauer avec qui un dialogue assez étrange s'engage. Retour du duo basse - batterie, une déferlante de rythmes, puis reprise du dialogue basse - trombonne chacun doublant, transformant le discours de l'autre.

Video 2


Le troisième extrait permet de rentrer dans la démarche introspective de Johannes Bauer, ce dialogue avec lui-même, avec l'embouchure de son instrument, avec des sons soufflés, parfois loin de son instrument, donnant le sentiment de laisser à la basse (Peter Jacquemyn) le soin d'entretenir seule la conversation instrumentale. Puis Mark Sanders donne la pleine mesure de la maîtrise de son art. 1mn 30 de bonheur rythmique pur.

Video 4

Et Kris Wanders ? Les extraits proposés pourraient donner le sentiment d'un relatif effacement. Impression à corriger ! C'est le seul effet de l'angle de narration retenu.

On pourrait ajouter un 4e extrait, tout imaginaire. Tout au long du concert, par un effet de dédoublement de l'écoute, j'entendais le piano de Noah Rosen dont les marées sonores s'insinuaient, enrichissant le discours de ses compagnons, s'imposaient comme des évidences, structuraient l'espace musical. J'en ai parlé avec lui, à la pause : il en est d'accord; il a particulièrement bien joué ce soir là.
Y aura-t-il une occasion d'un concert moins virtuel de ce 5tet ?

A propos des musiciens : Kris Wanders ; Johannes Bauer; Mark Sanders ; Peter Jacquemyn .
Les Instants Chavirés .

Voir photos du concert .
 

Retrouvez toutes les chroniques "Jazz sur le Web".