Abdelhai Bennani (ts) solo @ Souffle Continu - Paris 19 juin 09

 
Quelques photos du concert
(pour voir l'album, cliquez sur la photo)
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Il est possible, en ce moment, de réécouter (et peut-être bientôt voir) l'émission A l'Improviste du 20 juin 09, avec pour invités Bennani - Cappozzo et Grip. Par ailleurs, un magnifique quartet se produira le 7 juillet 09 à l'Atelier Tampon avec Abdelhai Bennani, Itaru Oki, Alan Silva et Makoto Sato (voir album photo du 2 mai dernier). Occasions de revenir sur ce concert du 19 juin au Souffle Continu, pour isoler la musique propre à ce musicien singulier : Abdelhai Bennani.

Ce jour là, les bruits de la ville entraient au Souffle : moteurs de mobylettes, de motos, pleurs d'enfants, bavardages de la rue. L'écoute devait se faire plus aigüe.

Dire d'emblée deux ou trois choses.

Tout d'abord, un son particulièrement original, identifiable, un peu comme on reconnaît Miles dès les premières notes. Une pâte riche, où le souffle est très présent, mais aussi des harmoniques, souvent métalliques. Des sortes de déchirements où la complexité apparaît dans l'épaisseur, dans la chair même des sons. Des cris intimement intégrés aux multiples couches sonores du saxophone. Un ensemble surprenant qui devient indispensable d'écoutes en écoutes.

Mais il ne s'agit pas d'une préoccupation strictement acoustique. Le son est au service d'une expression, d'une sensibilité. Des images de terres arides, de solitude, d'émotions exacerbées et intimes, un soupçon d'échos d'Afrique (vers la 3e minute de la vidéo).

Enfin, un homme attachant, au contact simple, pourtant un peu à l'écart alors qu'on est venu pour lui.

Ce concert était organisé pour présenter deux nouveaux enregistrements chez Ayler Records, deux trios, Bennani avec Benjamin Duboc et :
- Edward Perraud pour le premier disque
("There starts the future", les Instants Chavirés, Montreuil, 6 juin 07)(aylCD-083),
- Didier Lasserre pour le second
("In Side", 7 Lézards 8 février 07)(download aylDL-109).

Deux batteurs assez dissemblables, l'un aux percussions savantes, volubiles, l'autre sculpteur minimal et secret. Ayler Records, label initialement suédois, repris par Stéphane Berland, déjà animateur du netlabel SansBruit.

Un public très attentif, quasi recueilli (à l'image de Bernard Ducayron et Théo Jarrier, les hôtes du lieu) pour écouter cet artiste. Offrons-nous 4 minutes de son univers. Pour ceux qui redoutent l'aridité du seul souffle, attendre la 2e minute pour goûter pleinement la complexité de la pâte sonore.

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