Il y avait bien des tentations à Paris ce 16 octobre, mais il me fallait enfin aller voir ce lieu de l'improvisation qu'est la Rotonde de Choc (R²C).

Et puis, Claude Parle s'y produisait.
Beaucoup de monde à l'entrée, quai de Jemmapes, mais c'était pour un concert de rap et pour un cours de danse. Bien moins nombreux pour la R²C.
On doit s'abonner, pour un trimestre c'est 3 €, et grâce à des mathématiques étranges, l'année ne coûte que 7 €.
La salle noire est finalement bien remplie.

Claude Parle - Marguerite Papazoglou

09_10_14_R_C_29_Claude_Parle_Marguerite_Papazoglou

Les artistes sont là. On apprend que la danseuse, Marguerite Papazoglou, est blessée au bras droit ... mais le spectacle continu.
L'obscurité se fait, la musique se déploie, longuement, installant une attention aiguisée.
Puis la lumière se fait, sur une Marguerite immobile.
Difficile de parler de danse lorsqu'on est, comme moi, totalement néophyte.
J'ai perçu cela comme une ode initiale à l'équilibre fragile, nerveux. Une jupe qui se déploie comme les plumes d'un oiseau, comme une flamme hésitante.
Puis la fragilité à nouveau, sous les griffures de l'accordéon, un peu à l'image d'un petit animal traqué, qui se défend, farouchement, qui cherche la protection d'un abri.
Métaphores, métaphores, qui n'ont probablement rien à voir avec la danse.

Deux artistes tendus chacun vers l'autre, ses mouvements de corps, de chant, aucun n'imposant son geste. Une entente réussie de l'athlète et du moineau.

Et Claude Parle ? sa musique ?
Un instrument aux très belles sonorités. A main gauche, les nappes sonores, faisant parfois penser à des drônes électroniques, parfois à des polyphonies à l'orgue. Un grain complexe, une matière sonore riche, qui présente bien des mouvements de couleurs juxtaposées. Et des trilles à main droite, des vrilles, des gifles, des coups de griffes, en tensions déferlantes et apaisements.
Un duo particulièrement expressif, comme un moment de souffle retenu.

On partage, même si la vidéo ne peut rendre totalement la sensibilité du moment.

Et puis quelques photos, permettant de voir autrement ces artistes.

De cette soirée, décidément riche de sensibilité, j'ai aussi ramené des image d'un autre duo, Catherine Karako et Gilles Broussaud. Pas de musique, ni vraiment de danse, mais une forme de théâtre, avec parfois juste des esquisses de mots, des tensions, obsessions, déceptions, accablements, rêves, espoirs, lumières.

Retrouvez toutes les brèves de concert .