Rentrer et ouvrir vite son micro pour tenter de restituer le plaisir de cette soirée.
L'urgence : parler de cette première partie de soirée, avec Sabir Mateen (USA) à la flûte et aux anches (clarinette, sax ténor et sax alto), Raï Fernandez Bonnini (Panama) aux percussions, Idriss Mlanao (Comores) à la contrebasse et Benjamin Sanz (France) à la batterie.
Dimanche dernier, il s'agissait de jazz latin; cette fois, c'est le free jazz.
Le premier morceau a duré une heure. Fin du set.
Une musique inspirée, libre, incandescente.

Sabir Mateen - photo by john rogers nyc
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Sabir Mateen avait ouvert les débats ... et ne s'est mis en retrait que près de 40 mn plus tard, après une série de solos impressionnants sur ses différents instruments.
Il n'était pas le seul "mélodiste".  Idriss Mlanao a pris crânement le relai avec un chant à la contrebasse, accompagné par les deux percussionnistes, les entraînant progressivement dans une transe répétitive. Sabir Mateen se dandine, visiblement emballé par le rythme, accompagnant de la voix la contrebasse. Les batteurs se régalent, nous régalent, et restent progressivement seuls à dialoguer. Un moment de joie intense, de folie rythmique.
Sabir Mateen reprend les sax et le groupe nous emmène à la fin du set, dans un pur bonheur musical, nous laissant pantelant.
Un très grand concert.
Au-delà de la musique de ce set, quelques images.
Le soin minutieux de Sabir Mateen à monter, tester et régler ses instruments (1/2h).
L'entrée d'Hamid Drake : saluts, accolades, grands sourires avec Idriss Mlanao, puis avec Benjamin Sanz qui lui passe un de ses jeux de baguettes. Beaucoup de contacts : les mains, les regards disent l'amitié, la connivence. Hamid Drake les quitte. Va-t-il revenir ?
Dans la salle, Jobic Le Masson, Dominique Artero, beaucoup de musiciens qui attendent le moment de la jam session proprement dite.
Lors du 2e set, ils montent sur scène, les artistes confirmés cotoyant les talents parfois encore un peu verts. 8 musiciens pour le premier morceau (difficile d'en mettre plus sur cette scène), avec Moe Seager, un "diseur-poête" (un slameur) sur la thèmatique "Jazz Is".
On change pour le 2e morceau, etc.
La salle de la Miroiterie est bondée. C'est qu'il se passe quelque chose d'important sur cette scène.
La Miroiterie, pourtant, est plus ou moins un squat.
Pour y entrer, inutile d'essayer d'ouvrir la porte qui donne sur la rue : tout est recouvert de  bois; on n'entre pas. 
Il faut aller juste à côté et pousser une grille (pas besoin d'arriver en avance ou juste à l'heure, ça risque d'être encore fermé).  Et là, avancer  un peu dans la pénombre jusqu'à cette salle haute, pas bien grande, aménagée avec les moyens du bord. Mais les gens déjà là, musiciens ou public, vous saluent. On y sent d'emblée la convivialité.
Ces Jam Sessions s'y déroulent depuis 3 ans.
Elles permettent de faire se rencontrer bien des musiciens, parfois des vedettes de la scène mondiale du jazz. Cela crée une communauté que Benjamin Sanz cultive, développe, fait se retrouver de semaine en semaine.

Ménilmontant est devenu un pôle du jazz à Paris, un jazz neuf, énergique, sans complexes. Un jazz du plaisir.
Il s'y passe des choses très intéressantes, qu'il ne faudrait pas manquer.

Pour en savoir plus sur Sabir Mateen, voir son site
Pour les prochains concerts de Benjamin Sanz, voir article sur Jazzaparis2
Lire la dernière "brève de concert" dédiée au Benjamin Sanz 5tet

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