Secret cover light

Encore une formation inhabituelle : percussions (Foch) et électroniques (Delplanque).
Inhabituelle encore la variété des percussions sollicitées, ainsi que les frappes pseudo erratiques passant des unes aux autres en une forme de mélopée nonchalante, l’électronique semant par moments des chapelets percussifs (« Nuuk »).
Même sentiment d’errance des frappes pour « Uteoya » mais cette fois en une forme d’entrelacement avec les nappes électriques, ses craquements, des signaux radio d’une contrée lointaine ... pour nous baigner dans une ambiance toute d’étrangeté.
Une pièce très courte donne le titre à l’album : « Secret ». Des fourmillements aux sonorités multiples, des grésillements feutrés, des frappes irrégulières, des ponctuations rapprochées. On regrette que ça s'estompe si vite.
C’est peut-être dans « Ewo » que le rêve est le plus intense, avec ses courts segments répétés qui distillent un rythme instable et obsédant, avec ses matériaux sonores issus d’on ne sait où, avec ses fulgurances. Une sorte de gamelan réinventé qui pourrait ne jamais finir tant la fascination opère.
C’est peut-être cela qui caractérise l’album : une forme d'hypnose. Celle que distille cette musique, par l’omniprésence des percussions, par la grande variété des timbres, par les matières sonores que permet cet alliage des instruments et de l’électronique. Le sentiment souvent que les notes, les frappes, les trames peuvent éclore de toute part. Et ce parti pris de retenue, ce refus de l’envahissement malgré des efflorescences sonores continues.
Une musique pénétrante, étrange et belle. Enregistrée en direct.

On peut l'écouter (et l'acheter) sur BandCa
mp. Ne vous en privez pas.



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