Saxapetra Bec Pellerin


L’impression d’avoir lu une chronique, belle, très fouillée, de cet album. Mais c’est introuvable (*). Des neurones endommagés, sûrement.
Peut-être une incitation à surmonter ma paresse et à écrire. Dont acte.

Une forme d’art brut.
Non que la musique soit agressive ou primitive.
Non qu’elle se contenterait de figures répétées : ici, ça furète, ça bifurque, ça prend à contrepied, ça change de couleur en permanence.
Non qu’elle manquerait de sophistication ; il suffit d’écouter les murmures, les bruissements, les crépitements, les clair-obscur des frappes, les successions ou combinaisons des matériaux sonores pour mesurer la délicatesse et la maîtrise des percussions ; de même que cette science du jeu des saxophones pour nous offrir des matières contrastées, irisées, éraillées ou feutrées, parfois ravageuses, toujours très travaillées, aux paysages imaginaires étendus, puissants ou délicats, bien loin des usages canoniques.

Non c’est de l’impact émotionnel qu'il s'agit, de ce qui fait que l’attention est d’emblée totalement piégée.
C’est le choc de l’évidence : ce duo, dont je n’ai pas vu venir la maturation, est parvenu à une forme de climax. La parfaite complémentarité des discours, l’équilibre, la délicatesse alliée à la puissance et à la richesse oniriques. Comme l'invention d'un langage qui leur serait propre.

Une heure d’oubli du reste du monde

Bandcamp vous propose l’album en téléchargement numérique de qualité pour 8€, mais aussi en libre écoute en ligne.
L’album est aussi disponible en CD, chez Setola di Maiale https://www.setoladimaiale.net/catalogue/view/SM3680

Album enregistré à Puéchabon, Eglise de Saint Sylvestre des Brousses

(*) En fait, la dite chronique alors introuvable est là. C'est juste après le texte à propos de l'album de Christiane Bopp
             Par Jean-Michel Von Schouwburg : https://orynx-improvandsounds.blogspot.com/2018/10/christiane-bopp-mathieu-bec-guy-frank.html?m=1


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