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Je n’aurais pas dû.

À mon âge, écouter du jazz mainstream (pardon Patrice), alors que je me délecte d’effectifs très réduits, de Free ou d’impro, et au maximum à deux - trois mètres des musiciens ... c’était voué à l’échec. D’autant que Patrice Caratini nous prévient d’emblée : il ne s’agit pas de nouveaux enregistrements, mais d’une rétrospective, et non, « Ceci n’est pas un best of » (clin d’œil à Magritte).
Mais recevoir un CD sans écouter, c’est pas propre.
Donc écoute, a priori par devoir.
Je ne vais pas m’étendre : c’est purement réjouissant. Un chatoiement des couleurs orchestrales, une précision d’orfèvre des arrangements et un talent pour laisser éclore les envolées des solistes dans cet écrin.
Et le groove toujours là.
Lyrisme bouleversant de Christophe Monniot (as) et verve solaire de Claude Egea (tp) dans « East end blues »; Puissance du rythme (Pinta); Impressionnisme, tachisme et un brin de folie pour le standard « My heart belongs to daddy » bien loin des mamours de Marilyn (oui, Sara Lazarus s’en tire très bien); Duo épuré David Chevallier (g) - François Thuillier (tu) dans un « Atlanta » aux couleurs latines; Coup de chapeau à Kid Ory avec « Ory’s dream » par Denis Leloup (tb), en forme de grande arche entre l’émergence festive d’alors et la précision d’écriture d’aujourd’hui. Et s’il est une pièce emblématique de cette irisation des cuivres, de ces chatoiements de l’orchestre, c’est sans doute « Tierras » avec un Pierre Devret (tp) délicat, sensible.
Plutôt que d’énumérer les talents qui ont accompagné les soirées festives du grand ensemble de Patrice Caratini, une photo, celle du dos de la pochette.

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