Avice, Gastard, Authelain, Lopez

Avice and C° extrait video 2

Alexandre Authelain (ts et cl), organisateur des "Son Libre", avait invité à la Java des musiciens très affûtés, qui, me semble-t-il, n'avaient pas encore joués ensemble : Aymeric Avice (tp, bugle), Frederic Gastard (sax basse) et Ramon Lopez (dr).
Autre originalité (très relative, il est vrai), Aymeric Avice a joué "unplugged", sans ses effets électroniques dont il est passé maître.
Un concert de haute densité, avec trois morceaux, deux d'une quinzaine de minutes encadrant une pièce centrale, complètement folle, d'une demi-heure.
Alexandre Authelain, m'a semblé conforté par cette réunion d'artistes et a su développer bien des chants, le plus souvent au tenor, parfois aux couleurs coltraniennes.
Ramon Lopez, au visage toujours concentré, s'est montré particulièrement efficace, avec des frappes sèches, parfois directement avec ses paumes. De mémoire, il n'a pris qu'un seul solo. On aurait aimé l'entendre bien davantage en voix principale.
Imaginez un ludion, tout de danses, de déhanchements irrépressibles, balançant ce très gros saxophone comme un élément de sa chorégraphie, vous aurez l'image de Fred Gastard sur scène. Une énergie incroyable qu'on croirait réservée à de bien plus gros garabits, un enthousiasme communicatif de tous les instants. Un instrument amplifié au niveau du bocal (ou du bec) pour lui permettre d'étendre le spectre du jeu. Preuve de l'intérêt de ce concert, on aurait l'entendre bien davantage, tout comme pour Ramon Lopez. Peut-être aurait-il fallu qu'il soit plus audible, plus à l'avant du plateau, à l'image d'un mémorable concert au New Morning au sein de la Campagnie des Musiques à Ouïr, mais la scène de la Java est assez petite : il y était "encafourné".
Un autre grand plaisir fut d'entendre Aymeric Avice. On pourrait ne pas s'en étonner tant ses apparitions sur scènes sont souvent convaincantes, décapantes. On l'a vu, ce soir là, déguster le jeu de ses partenaires puis venir dynamiter le groupe par ses solos, les obligeant presque se mettre au même niveau d'invention et d'intensité. Pas d'effets sidérants dûs aux pédales mais plaisirs des triturations des matières acoustiques.
J'ai choisi de partager la video de la première pièce in extenso. Il est intéressant d'entendre comment le groupe se met en place, comment la tension monte. Mais c'est lors du solo d'Aymeric Avice, vers la 6e minute (6:30 exactement) qu'on peut mesurer le dynamitage évoqué plus haut, par ce maître des sons.


Lien direct : http://youtu.be/E7PyeQYv4cI  .

Ce soir là, on eut l'ivresse.