Joelle Léandre 
Joelle Léandre

Un duo composé de deux personnalités issues d'univers esthétiques différents.
A Serge Teyssot-Gay, les couleurs, les atmosphères, les ambiances souvent étranges, ou les stridences, les grattements secs et nerveux, quasi compulsifs, allant crescendo. La guitare électrique souvent prise comme instrument tremplin, différents accessoires pour attaquer, caresser, faire grincer les cordes, et tout un éventail de pédales électroniques au sol. Pour obtenir exactement les transformations sonores souhaitées, les pieds sont nus.
Que manque-t-il à la description de son dispositif ?
Le regard. Le regard tendu vers Joelle Léandre. Il donne le sentiment de vouloir tresser bien des univers sonores en offrande à sa partenaire. L'individu se met en retrait, au service du son du groupe, ici du duo.
Ce ne peut être l'attitude de Joelle Léandre.
Sa fougue indomptable, son goût irrepressible du jeu, lui font transformer ce concert en un vrai spectacle. Elle joue, mais pas seulement de sa contrebasse. Elle murmure, marmonne, vocifère, déclame, chante, s'amuse, joue la comédie dans une langue dont elle est la seule locutrice.
La voix ? Pas seulement, le visage, les mains, le corps aussi pourtant entravé par l'énorme bête de bois et de cordes.
Et cette contrebasse ? Le plus souvent, elle est jouée à l'archet, directement, sans autre accessoire. Cordes pincées, frappes, chocs, caresses des bois ? Bien sûr aussi, mais finalement c'est le chant des cordes frottées qui retenait l'essentiel de son attention ce soir là.
Une énergie, un talent irresistibles !
Un soir de grande forme, de connivence avec le public très proche de la scène de la Java. Le plaisir d'être là, ensemble.
Galégeade d'un admirateur aux joues rosies par l'émotion, subjugué par la pasionaria de la contrebasse? A vous de dire après avoir entendu les deux extraits de ce concert mis en ligne pour vous.


Lien direct : http://youtu.be/cwtU8LhyYXM  

Le second extrait donne à voir et entendre un drame qui met notre dame dans tous ses états. Un drame dont on ne comprend ni les mots ni le sens. La colère, l'exaspération, l'indignation, la rage, les récriminations, la rancoeur ... Une fureur qui balaie tout ! Et quand l'intensité de la diatribe s'atténue un peu, c'est pour nous prendre à témoin, pour se livrer à des connivence aux allures de commérage ("... et pire ...").
On ne peut être que d'accord !


Lien direct : http://youtu.be/GoJzCJ3w9HE 

Joelle Léandre se produit très bien bientôt à la Galerie Hus, mais en solo, le 4 avril.
Liens utiles : http://www.joelle-leandre.com/ & http://www.sergeteyssot-gay.net/  
...

Retrouvez toutes les brèves de concert .