09-05-02_25_Tampon_Itaru Oki
Itaru Oki - photo dolphy00
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C'était en mai 2009, dans le sous-sol de l'Atelier Tampon, près de Charonne à Paris. Marc Fèvre savait (et sait toujours) y organiser des rencontres qui produiraient des étincelles, voire qui marqueraient les mémoires. Dont celui-ci.
Il réunissait deux talents majeurs, aujourd'hui disparus, Itaru Oki et Abdelhai Bennani, en compagnie de Makoto Sato, tout aussi talentueux.

Ce soir là, j’étais en compagnie de deux autres amis que je ne connaissais pas encore : Julien Palomo (label Improvising Beings) et Joan Combat, l'un des fidèles amateurs de la scène improvisée. A ce propos, il me signalait ... Mais autant qu'il livre lui-même son témoignage.

"Oui j’étais là aussi le 2 mai 2009, mais un souvenir plus ancien est remonté à ma mémoire. C’était il y a 20 ans, au même endroit, avec les mêmes musiciens, et ce fut le début d'une belle histoire.
Il y a, en effet, des personnes, pas si nombreuses, qui contribuent à changer le cours de votre vie. Pour moi, Itaru Oki est de ceux-là. Je n'avais jamais écouté de concert de free jazz, je n'avais aucun lien avec ces musiques, elles me paraissaient inécoutables, inaccessibles et incompréhensibles.
Pourtant, un soir, il y a donc vingt ans, Marc Fèvre m'a ouvert la porte de son atelier. J'ai assisté sidéré au concert, qui avait lieu au milieu de l'atelier de vernisseur au tampon de Marc Fèvre, avec Bénédicte Bucher (vidéo), Abdelhai Bennani (ts) ; Itaru Oki (tp, cornet, fl) ; Makoto Sato (dms). Je n'ai plus quitté le free jazz et les musiques improvisées ; elles occupent une grande partie de mon temps et de mon esprit depuis lors.
Ce soir-là, ces cinq personnes, Marc Fèvre, Bénédicte Bucher, Abdelhai Bennani, Itaru Oki, Makoto Sato, ont élargi mon horizon. Itaru Oki fait partie des musiciens que j'ai le plus souvent entendu en concert ; il restait un musicien très singulier, toujours très free,  très libre, exprimant son inspiration de l'instant où l'on entendait des échos du free mais aussi, suivant les soirs, ceux de la musique traditionnelle japonaise, ou ceux des standards de jazz, ou ceux d'autres musiques encore comme celle de Nino Rota. L'homme était discret, de peu de parole, mais très attentif avec un regard chaleureux et malicieux. Oui, il a contribué à changer le cours de ma vie et je ne suis pas près d'oublier le son de sa trompette et la chaleur de son regard."


Pour une raison qui m'échappe, je n'avais pas publié de vidéos de cette soirée intense. A l'époque, je n'enregistrais que des séquences courtes, mon statut d'alors ne m'autorisait pas de longs extraits sur YouTube.
C'est donc juste un extrait de 5 minutes, pour rappeler les feux que savaient allumer ces trois artificiers.

(Merci à Jan-wen Lu, le premier à avoir relayé cette vidéo)

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