Playlist 7 Voix


Des voies multiples pour cet instrument le plus immédiat, la voix.
Le domaine est aujourd’hui tellement vaste qu’il faut se résigner à n’en parcourir qu’une part très restreinte, en se promettant d’y revenir.
Aujourd’hui, avec Phil Minton, Audrey Chen, Jaap Blonk, Ghédalia Tazartès, Jean-Michel Van Schouwburg, Isabelle Duthoit, et Junko. 68 minutes de musique et peut-être 8 albums à inscrire dans votre liste d’acquisitions.

Je ne peux m’empêcher d’y inclure une petite sucrerie finale.

En ouverture, Phil Minton @ Sonic Protest 2014 (5:09). En guise de clin d’œil, ses premières secondes sont voisines de brouillards électroniques pour ensuite nous régaler de ses domaines de prédilection, comme ces surprenantes voix multiples.

 

L’une de ses camarades de jeu, Audrey Chen, est tout aussi passionnante avec des quasi bruits blancs, des timbres qui font craindre pour ses cordes vocales. Ici, elle joue aussi du violoncelle et est accompagnée de Tatsuya Nakatani (dm) et de Susan Alcorn (pedal steel guitar) : Bivouack (3:37)

 

Certains des albums de Jaap Blonk sont épuisés ... mais encore disponibles en téléchargement, comme « Jaap Blonk vijftig - en - een - half ». Album disponible pour une somme modique, puisque c'est celle que vous déciderez. Il s'agit d'enregistrements déjà anciens, dont cette petite virgule savoureuse avec le sextette de Joëlle Léandre (Lauren Newton, Jaap Blonk, Thierry Madiot, Olivier Benoit, Joëlle Léandre, Stéphane Grémaud). Ça crépite de plaisirs. Poème éclaté 3 (3:01)

 

Ghedalia Tazartès nous a quitté ce début février. Chanteur ? Il avoue que son instrument est le magnétophone ! (Voir interview).  Il superpose alors plusieurs instruments dont sa (ou ses) voix. Inutile de chercher à comprendre ses mots : ils sont souvent issus d’une langue inventée dans l’instant. Ses couleurs, il va les chercher dans ses souvenirs, dans des traces dont il a perdu les origines. C’est un poète céleste et vagabond, attachant et  pétillant, un Facteur Cheval de la musique. Un exemple de ses pépites, « La Bar Mitzva du Chien» (17:51), une errance ivre.

 

Jean-Michel Van Schouwburg, Matthias Boss et Marcello Magliocchi, un trio explosif au doux nom de «876 ». Des enregistrements de 2014 et 2016 devenus introuvables ont été republiés en mars 2020, dont ce crépitant « Non Know, But Hurry » (5:12), déjà inscrit dans une playlist dédiée à Matthias Boss  et dont je ne me lasse pas.

 

Isabelle Duthoit & Franz Hautzinger dans l’album « Lily », et publié en 2017. Isabelle Duthoit nous bluffe avec des sonorités qui semblent issues de forêts profondes, d’oiseaux inconnus, de grondements d’origines incertaines et autres craquements, éclats, stridulations invraisemblablement issus de son corps pourtant frêle. Bien évidemment, Franz Hautzinger n’est pas en reste, ses notes venant parfois tutoyer celles d’Isabelle, lui répondre, anticiper, proposer de nouvelles directions, éclater comme des bulles de savon ou tracer leur propre voies. Ici, un « Live at Philly » aux paysages particulièrement innovants et festifs (14:15).


Junko Hiroshige est à la ville la compagne de Jojo Hiroshige, le leader du groupe Hijokaidan qui fait le bonheur des amateurs de Free-Noise. Sa particularité ? Elle « crie ». On imagine une gorge ensanglantée dès le début de ses concerts ... il n’en est rien. Une musique de l’extrême qui fascine, hors de toute prouesse technique. Elle joue assez souvent en tandem avec Michel Henritzi, très fin connaisseur de la scène alternative nippone, et guitariste multifacettes : Noise d’un côté et explorateur de ces atmosphères indécises, d’une sensibilité très aiguisée, de l’autre.  On les retrouve ensemble sur un album regroupant deux sets, « Live » et « Dead ». Je vous propose ce dernier (20:27)

 

Enfin, la petite sucrerie promise. Elle est issue de la très belle collection "Rectangle" de Noël Akchoté et Quentin Rollet, plus précisément d’un album en trio avec le guitariste, Lol Coxhill et Phil Minton. Le thème proposé est un classique joué en duo soprano-voix faisant un grand écart de près d’un siècle : Donal’ Wheer’s Y’ Trewsers (2:03). On jubile.

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