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Toshinori Kondo, Hamid Drake (extrait vidéo)

Parmi les multiples formations dans lesquelles Toshinori Kondo s’est produit, il en est une particulièrement tonique, servie par des figures les plus importantes du Free, « Die Like a Dog ». On leur doit six albums parmi les plus incandescents des dernières années du siècle précédent (https://www.discogs.com/fr/artist/598165-Die-Like-a-dog-quartet)

Cette formation s’est aussi produite sur scène. Il en reste quelques traces, comme cet éblouissant concert à Berlin en novembre 95. 

Ils y sont en pleine sève, tous. Peter Brotzmann est peut-être un peu plus  dévastateur qu’à l’accoutumé, mais ce n’est pas le bulldozer qui entraîne toute la troupe. Il y est souvent à l’écoute de ce trublion incontrôlable qu’est Toshinori Kondo. Ce dernier est totalement habité, tout son corps est trompette. Cet être a priori chétif comparé au saxophoniste, est concentré sur l'expulsion du son, comme s’il concrétisait l’énergie de la formule E=MC2. L’invention sonore y est permanente, aidée par une électronique domestiquée. Hamid Drake en maître des peaux ne laisse aucun répit et se permet même, de temps à autres, d’instiller des parfums de rythmes chaloupés bien vite pervertis. William Parker fait crépiter sa basse, bouscule ce beau monde et nous offre en fin de concert un de ses solos qui met à vif nos nerfs et notre esprit. 

Si le public n’applaudit pas en cours de concert, c’est qu’il submergé de plaisirs. Il a le souffle coupé, même dans des périodes de relative accalmie. La libération de la joie ne vient qu’à la toute fin, récompenser un trompettiste exténué, un groupe d’exception.

 


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