Benoit Cancoin - photo dolphy00

Décidément, Montreuil se révèle être (ou devenir) un haut lieu des musiques innovantes. Après le Balto, café populaire du quartier Robespierre, c'est aux Sorins qu'il fallait être ce dimanche 1er décembre, dans le même quartier. C'est là que se tiennent les Dimanches de l'Impro qu'anime Jac Pochat en lieu et place de la Guillotine. Tout comme avant, le tarif est très abordable. Et contrairement au passé, l'endroit est confortable. Un escalier metallique ajouré en colimaçon nous conduit à la salle.
En première partie, un contrebassiste, seul. Benoit Cancoin s'installe au milieu du public. On est tout près de lui, des vibrations de son instrument, des mouvements de ses doigts sur les cordes, sur le manche, de l'archet. Et comme tout le monde doit profiter de ces instants, il pivote lentement, continûment sur lui-même. Assis presqu'à ses pieds, sur un gros coussin, on profite pleinement de ce moment de quasi receuillement.
Benoit Cancoin prend son temps pour installer l'écoute du public. Des frappes douces et répétées sur les cordes forcent le silence. La lumière bleue dans la salle accentue l'attention vers ce puits de lumière. Les faibles amplitudes chromatiques exercent une forme douce d'hypnose et permettent de se concentrer sur les variations des matières sonores. Et dans ce registre, sans jamais brusquer les choses, sans effet démonstratif, Benoit Cancoin nous emmène visiter son jardin sonore. Des cordes pincéees, frappées, frottées; des perles de pluie ou des scies inexorables; des résonnances qui font chanter le bois; des variations non violentes d'amplitude; des caresses. Vers la fin du set, la basse prend des allures de douce batterie, avec des percussions en roulements, un jeu sur les timbres, avant que la musique s'estompe. Et quand la basse se tait, le musicien continue de pivoter pour accompagner le silence.
Un très beau moment de connivence partagée.

Merci à Dominique et Adélaïde pour leur accueil.
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